mercredi, mai 29, 2013

Jour 84


Pas moyen que je reparte à zéro. Pas moyen que je lui raconte mes parents, le manque d’affection, le fossé entre ce que nous sommes et ce que nous devons paraître, les miroirs dans lesquels nous ne nous voyons pas, comme des revenants. Les troubles alimentaires, les frasques du père, l’intransigeance d’une mère venue de nulle part parfaitement calquée sur sa nouvelle position. Au secours ! Avant de dire le premier mot, je pleure déjà.
Je me sens face à Christian Grey (#FiftyShadesOf Grey). Il est beau, mince, chic et tellement froid. Impassible, zéro expression. Il me couche sur son divan dans sa « playroom ». Il me tourne autour, me cherche, je le fuis et le cherche quand il ne dit plus rien et quand il m’appelle, c’est « Mademoiselle R. »
Je suis remontée à mes premiers émois, Tom Cruise, Top Gun, Maverick… et jusqu’à la scientologie et le divorce avec Katie Holmes. C’est à l’image de tout ce que j’ai vécu. A un moment, on ne comprend plus les choix de l’être aimé. On le compare à l’image idéalisée qu’on s’est faite de lui/elle… et on est déçu et on va même jusqu’ au dégoût.
Il n’écrit rien, pas de bloc note, pas de stylo. Me regarde sans cesse droit dans les yeux. Je ne peux pas soutenir son regard. Son ordinateur m’observe, peut être filme-t-il ?  En a –t-il le droit ? 

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