jeudi, janvier 10, 2013

Jour 83



Je bosse toujours autant… pour changer. Je suis professionnellement proche de grands hommes d’affaires, depuis que j’ai commencé à bosser à 24 ans en parallèle avec mes études j’ai pris de plus en plus de responsabilités, ma tâche n’a plus de nom, en fonction, en poste, en free lance… je bosse sans arrêt. Ma vie personnelle n’a plus aucune place. De toute façon pour ce qu’elle vaut…
D. et moi, nous marchons sur un fil usé. Lorsqu’il m’avait fait sa demande… je me voyais l’accepter. J’ai néanmoins gâché le moment mythique de l’homme sur son genou… qui me demandait ma main, je trouvais cela tellement cliché que je lui ai demandé de se ressaisir. Oui, c’est vrai, j’ai le chic de tout gâcher. Maman me le dit toujours… Elle par contre, elle aurait vachement aimé.
Juste après ce moment gênant, je l’ai invité à s’asseoir sur la terrasse pour discuter. Il était plein d’émotions et d’amour. C’est son cœur qui me parlait, il avait les larmes aux yeux, de bonheur ? Non, je ne crois pas. Je pense que c’était plutôt de peur et de douleur. Un mélange bizarre d’amour, d’émotions, de peur et de douleur. Il m’aime et me demande en mariage, comme pour déposer les armes après toutes ces souffrances subies, son émotion l’épuise, lui qui a tant attendu ce moment et terrorisé par un éventuel refus, qui ferait de tout ce qu’on a pu partager un « Tout ça ne rime à rien ».
Textuellement, « c’était Myriam… s’il plaît, chérie,…, mon amour, mon cœur… s’il te plaît ne nous met pas de bâtons dans les roues, cette fois-ci. Laisse moi t’épouser et te rendre heureuse, recentrer ce qui cloche entre nous, tout ce que tu reproches au mariage, je t’en épargnerais, je te le promets… Donne-moi une chance et je te fais la promesse que je ne changerais pas. Je t’aime et je ne peux plus vivre comme ça. Je t’aime depuis des années et je souffre depuis tout autant et toi aussi. Capitulons, prenons une trêve, une retraite, essayons autre chose. Notre relation ne fonctionne pas comme ça »
Je l’ai laissé parler. Bizarrement, je n’étais pas transporté par ses paroles. Je lui ai juste dis qu’il avait raison. Il m’a dit « Tu es d’accord ? »… J’ai dit : « oui,… »
Il a eu l’air heureux et soulagé, mais pas plus que cela, moi non plus. Je ne savais si j’avais dit oui, pour l’état critique de notre relation ou pour le mariage. Mais je me voyais mal dans l’état de fatigue où je me trouvais partir sur un débat sans fin.
J’étais tellement déconnecté que j’en entendais presque de la musique d’ascenseur dans ma tête. Je vois plein de monde qui m’aurait secouée à ce moment là en me disant : saute et va vers l’inconnu. Moi ? Vous êtes fous ?
Pensant que j’étais sous le choc de la décision, il a préféré partir, me demandant ce que j’allais faire. J’ai répondu sans réfléchir : « Ma famille, je dois voir ma famille ».
Il a peut être pensé que j’allais leur annoncer la nouvelle. Alors que je voulais juste qu’il parte le plus tôt pour me laisser seule.
Il m'a serrée, senti les cheveux, embrassé le front et il est parti. Je n’ai pas changé de position pendant 10 bonnes minutes, les idées se bousculant dans ma tête. Je ne pense pas avoir réalisé ce qui venait de se passer, mais ce qui est sûr, j’étouffais déjà.
J’ai jeté mon téléphone et suis partie sous la douche… comme d’hab, chaque fois que je me sens mal dans ma peau d'âne. En ressortant, je n’avais qu’une envie, sortir faire la fête et jusqu’au matin. Voilà des mois et des mois que je me suis éloignée de la vie sociale autre que professionnelle.
Je jette un coup d’œil à la pièce en cherchant mon téléphone. J’ai capté mon mac :  « Facebook, … je vais trouver un bon plan ».
En 10 minutes sur la messagerie, j’ai fixé un plan avec mes copines de toujours. Qui, récemment se sont mises à sortir sans moi, n'arrivant pas à me sortir de mon terrier.
Comme d’habitude pour un samedi : un diner et une virée. N’ayant plus l’âge pour les boîtes de nuits, nous passons rejoindre ceux qui sont passés boire un verre aux perpétuelles mêmes adresses.
Je file dépoussiérer la porte de mon dressing à la recherche parfaite tenue du come back.
Lyès m’appelle (#best friend) : « T où ? » « At home ». « Je passe». Je ne l'ai pas vu depuis des semaines.
Le temps que je me sèche les cheveux il était là. On se met sur la terrasse, je prends ma bouteille de vernis à ongles, la même que celle de Michelle Obama :
« Alors qu’est ce que tu racontes ? Tu étais où tout ce temps ? »
« Mimi si tu vas me sermonner… pas la peine de discuter… je te connais t’as une caisse de reproches à me balancer à la gueule… je sais, j’ai disparu. Je vais te raconter. »
« … J’ai rien dit »
« Bon voilà, la fille avec qui tu m’as laissé. Je vais l’épouser… »
Un silence, j’arrête complètement le mouvement du pinceau sur mon ongle.
Je dis rien, puis… « Laquelle ? »
« Ben la petite… la dernière »
« Elle est enceinte ? »
« Non, … »
« Tu l’aimes ? »
« Je ne sais pas… je n’ai pas changé , je ne crois toujours pas à la compatibilité amour/mariage »
« Ben alors… »
« J’en ai marre de traîner… sans rien, aucune attache. Il faut que je donne un sens à ma vie, que je perpétue l’espèce. Je veux avoir des gosses et elle, elle est pas mal. »
« Après ça, je me sens complètement convaincue et d’accord avec toi. » j’éclate de rire et je reprends : « Tu n’es pas sérieux ? »
« Si, j’en ai parlé avec ma mère. On devrait aller chez eux dans quelques semaines pour demander sa main »
« Alors là, si la reine mère est décidé autant dire que je n’ai pas droit au chapitre ?! Tu as bien réfléchi ? »
« Et après ? Le mariage est un coup de poker, c'est ce que tu as toujours dit. On verra bien. »
Ebahie, devant ce mec que je ne connais plus. Qui a disparu des semaines et qui revient pour m’annoncer ses fiançailles.
« Tout le bonheur du monde alors. »
« Parlons d'autre chose, toi ? ça va ? » Il était triste que je ne partage pas son "bonheur" mais il me connait bien, il ne pouvait pas s'attendre à plus. Du moins ce soir. Il fallait que je digère. Ma possessivité est maladive avec lui, je n'y peux rien.
« Oui, ça va, comme d’hab. » Du coup, je n’avais plus rien à lui dire… Lui, aussi, je voulais qu’il parte.
« Raconte-moi… tes folies. »
« Sage comme une image… rien, aucune folie. Boulot, boulot, boulot.  Ce soir j’ai décidé de ressortir, j’étouffe là. » J'avais ce sourire hypocrite qui disait, tu peux partir, je dois me préparer.
« Qu’est ce qu’on fait ? »
« Toi t’es maqué ! Moi je sors qu’avec des célibataires et des filles :p Je vois les filles ce soir. »
« Tu veux la voir quand ? »
« Qui, ta copine ? Quand tu veux… t’es chez toi ici » C'était tellement froid, qu'il souffle et baisse les yeux. Je le sens contrarié, déçu, blessé... Il fait un temps de silence et puis
« Je ne veux pas te perdre… je suis triste. Mais tu es trop manipulatrice, sois tu es d’accord avec ce que je vis, sois je dois le supprimer pour te rendre heureuse et fière de moi. Mimi, tu m’as fatiguée. Je suis fatigué de traîner comme toi. Je veux me caser. Je m’en fous d’avec qui. Je suis pas obsédé par qui est à la hauteur et qui ne l’est pas. Je veux trouver quelqu’un le soir quand j’ai la tête dans le cul. Une taille à enlacer quand je dors. Une femme, MA femme. Je ne sais pas si tu me comprends. Même si je sais que d’office, elles ne seront pas assez bien pour toi. Celle là au moins, elle est jeune et gentille, elle ne te veut aucun mal. C’est moi qui dicte les règles. Et t’es ma twin, je te lâcherais jamais. J’ai essayé, je suis malade d’être loin de toi. Mais ce regard glacial que tu me lances, figé comme un cadavre et vide de sens, c’est une torture. Accepte ce que je te dis, travaille sur toi-même arrête d’être aussi dure avec nous, on n’en peux plus de la barrière que tu nous mets. »
Je l’arrête par un éclat de rire (pour retenir l'éclat de larmes et ce "nous" qui m'a blessée) : « Ok c’est bon, t’es pas en monologue dans confessions intimes. Je dois sortir et encore une fois tout le bonheur. Je suis sincère. Je t’aime, tu es ma moitié… mon quart maintenant mais tu fais toujours partie de moi. »
« Tu vois… tu commences… » Je souris, les yeux au sol, je suis blessée, je ne peux plus soutenir son regard.
Je saute dans ses bras, j’ai envie de pleurer… le cœur qui bat et toute l’émotion que je n’avais pas ressentie juste avant avec D. C’était trop pour une seule journée.  Je le serre et je ne veux plus le lâcher.
Et il s’en va. Je reste là et puis, je ne peux pas rester sans bouger. Je grimpe dans ma voiture, je ne sais pas où je vais. Je pleure et roule sur la route de Gammarth près des hôtels en regardant les arbres défiler des deux côtés de la route. Je n'ai plus peur de rien.

2 Avis sur ma vie:

Juste me...my self and I a dit…

I missed Miimii

13 janvier 2013 à 22:56
Tunisiènne d'ici et d'ailleurs a dit…

Hello mimi , Je viens juste de découvrir ton blog et j'adore vraiment merci de nous faire partager ton expérience. Hâte de lire la suite :)

25 mai 2013 à 15:57