Jour 69
Il ne m’est rien arrivé de grave, rien de bien ou rien de
mal. J’avais besoin de recul et c’est l’été... l’été en général, je repose mes
neurones, je glande au soleil et je profite de la mer. Et vous vous faites quoi
l’été ?
La dernière fois que j’ai écris, D. venait de rencontrer la
reine mère. Il a fait son numéro de charme et elle était partie les yeux pleins
d’étoiles.
Depuis bien de l’eau à coulé sous les ponts. Suite à cette
rencontre et aux quelques pourparlers qui ont eu lieu, les jours suivants. Je
me suis faite à l’idée, que je pouvais avoir une vraie relation avec un homme
comme toutes les filles et pourquoi alors ne pas penser, encore une fois comme toutes
les filles, à l’avenir. Alors que l’avenir m’a sans cesses fait penser à courir
derrière la gloire, la reconnaissance et combattre les rides et la cellulite,
aujourd’hui j’accepte d’y voir, peut être, de l’amour.
J’ai suggéré à D. d’avoir une relation qui soit dans l’ordre
des choses. Il commence par m’inviter à dîner, à m’appeler au téléphone et à me
séduire à coup de sms... le cheminement logique de toute relation florissante.
Tout en occultant le fait qu’il me connaisse très bien et qu’il a, du bien des
fois, me ramasser à la cuiller. Et il l’a fait. Je reviendrais sûrement sur quelques
évènements, car ils sont restés gravés
dans ma mémoire.
Cet été m’a fait revivre l’été de mes 15 ans. Nous sommes
deux excellents comédiens.
Ma mère l’a invité à dîner avec nous un soir à la maison,
lors d’un des barbecues du jeudi. Il a été accueilli à bras ouverts par la
reine mère, qui l’a présenté à la famille comme un « ami de Myriam qu’elle
a rencontré auparavant, entre deux portes ». Ma sœur a reconnu l’acteur et
s’est souvenue l’entrevue furtive à l’aéroport
d’Orly. S’apprêtant donc à me poser la
question sur mon malaise ce jour là, et peut être à faire un rapprochement,
..., d’un regard, je lui préconise simplement d’esquiver... et de passer
rapidement à autre chose.
Ce soir, il est un agriculteur, bel homme... qui a joué la
comédie pour son plaisir, pendant qu’il était étudiant. J’assume pas qu’on en
dise que ce n’est qu’un (vulgaire) COMEDIEN. Que ceux qui le sont n’y voient
aucune offense, mais je suis bien plus ambitieuse qu’une groupie.
Mon psy m’a préconisé de réapprendre à aimer mon corps et d’arrêter
de l’utiliser comme une arme contre moi même. En décrypté, ça fait, no more sex without feelings. Etant dans de bonnes
dispositions et avec les encouragements
de mon mec (parce qu’aujourd’hui, c’est
le cas, et j’en suis fière), je décide d’appliquer le traitement et même la
posologie.
Nous ne passons à l’acte que lorsque les sentiments sont
très forts. Faire l’amour sera désormais
l’expression de l’amour qu’on se porte. Et nous avons décidé de faire fi de l’appel
de la chair, qui soit dit en passant, par moment, est obsédant.
Je me sens bien, en confiance, aimée. Il me gâte, m’écoute,
me comprends, me conseille, me pardonne. Car je ne suis toujours pas parfaite,
mon comportement est encore instable, conséquence d’un sevrage récent de
comportements addictifs et très malsains. Parfois, les mauvaises habitudes
tardent à être oubliées.
Mais il est là, quoique je fasse. Il m’a aidé à vaincre ma
sociophobie, mon agoraphobie et même mon émétophobie. C’est dire, quand je
vomis, il me tient les cheveux... Je suis bien, mais il me manque quelque chose...










