Jour 74

D. ... moi et la vie de couple...

Durant ces longs dimanches, ... ces longues soirées casanières... nous vivons ce derrière quoi nous passons nos vies à courir, l'amour.

Histoires Tunisiennes, où la vie d'une fille tunisienne éduquée, diplômée, émancipée, libérée, employée et autosuffisante... qui ne trouve pas d'homme pour faire sa vie.
Une vraie crise sociale... l'engrenage est coincé... On ne trouve plus de terrain de compatibilité... Homme d'aujourd'hui VS Femme d'aujourd'hui.
Ces femmes qui rêvent de l'homme idéal qui pourtant, une fois capturé lui trouverait des défauts... Que veulent-elles? Que cherchons-nous, les filles?

Je rentre dans une phase d'investigation pour comprendre ce mécanisme qui nous pousse dans cette quête du mariage et qu'une fois à la portée de la question "Veux-tu être ma femme?"... On se sent presque agressée et on hurle "Il veut me mettre dans une cage, je m'ennuie déjà... elle a beau être dorée... j'adore être en cavale et en perpétuelle quête..."

Comment s'est passé "The Moment"?
Hyperactive que je suis... Je ne dors presque jamais de ma propre volonté. Je ne suis pas de ces personnes qui "font la sieste". Mais je suis extrêmement fatiguée en ce moment, et dimanche dernier, suite à mes habituelles crises d'angoisses du dimanche en fin d'aprem, en larmes, après une putain de dispute avec D au sujet de la rencontre officielle avec mes parents et amis (Monsieur voudrait voir son existence reconnue), je me suis écroulée sur mon lit, car je n'aurais pas pu passer le reste de la journée assise auprès de celui qui veut forcer mes convictions et mes efforts. Le temps que mes joues ne sèchent, j'étais déjà endormie...
Il faisait encore jour quand je me suis endormie, mais ayant pleuré j'avais un mal de crâne terrible qui a brisé mon sommeil. C'était la pénombre dans la chambre, il faisait presque totalement noir et il n'y avait pas un seul bruit dans l'appart'. J'ai eu du mal, les yeux à peine ouverts, à comprendre ce que je faisais endormie à cette heure ci. Pendant mon effort de mémoire, j'avais aperçu un truc noir devant les yeux sur lequel j'avais un doute. Soit il y avait un truc posé devant ma gueule ou alors mes yeux ont du mal à s'accommoder à la faible luminosité de la pièce.
Ma tête pèse une tonne... Je la relève difficilement et je tends le bras au max pour atteindre l'interrupteur sur le mur... J'ai une mobilité très restreinte dans le noir parce que j'ai une phobie de toucher, marcher ou approcher l'inconnu. Comme ce cafard ( presque mort) sur lequel j'ai mis le pied un été en allant faire pipi la nuit dans le noir... #Memories

J'allume la lumière, c'est une boite... pas un coffret, une boite noire en bois à première vue, un truc un peu vintage... comme je les aime tant... elle était juste magnifique.

A aucun moment, je n'ai pensé que D. aurait pu la mettre là. Elle ressemblait à la boite que j'ai eue de ma grand mère, après son décès... Je pensais qu'elle m'avait rendu visite dans mon sommeil.

Je l'ai prise dans mes mains elle sentait le vieux... je l'ai ouverte et il y avait un petit papier dedans... J'avais le coeur qui battait à 100 à l'heure et j'étais encore trop dans le cirage pour essayer de comprendre ce qu'il se passait.

Il y avait d'écrit "La boite est vide parce que tu ne me donnes pas l'occasion de demander à ton père, la main qui portera la bague que tu aurais du trouver ici".

C'est une demande? ou un prémice de demande?... Ou peut être un "Trop tard, tant pis"?

Au lieu de sauter au plafond, comme l'équipe gagnante de Fort Boyard au moment où ils entendent les pièces tomber de la bouche de la sculpture tête de tigre, tournée par Félindra, tête de tigre (c'est indissociable). J'avais atteins mon but? Mon rêve? Le mariage?

Je me sens bcp trop "normal" pour une personne qui aurait tiré le gros lot.
Pourtant je l'aime ...

Les filles je vais avoir besoin de vous... Je vais me poser une série de questions avant de pouvoir répondre à sa requête je crois.




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Jour 73


Après la lettre incendiaire de Samuel,  j'ai voulu être Miimii, la placer immédiatement dans la corbeille sans même vérifier que j'avais tout lu ou tout assimiler. Pour vérifier, au moins, si cette lettre m'était bien adressée... J'ai eu la tentation dévorante, de faire en sorte qu'elle n'ait jamais été sur mon écran.
Mais, ..., je ne l'ai pas fait, je l'ai relue et j'ai même noté les mots durs sur mon carnet d'introspection.
Oui, j'ai une pile de journaux intimes et carnets en tous genres, depuis que je sais écrire et bien avant que Blogger existe... Avec l'âge, j'aime encore manier le stylo dans certains cas... quand je me critique, quand je veux être dure avec moi même, quand je veux schématiser une situation ou alors reprendre des mots avec mon écriture.
Je garde des SMS, des petits mots passés en classe... d'un de mes amoureux que j'ai réécris dans des tonnes de carnets de ma main sur des petits post it jaunes... :) (Si vous me le demandez, je posterais une photo de ces sms :p ).
Et puis avec l'âge aussi, je n'ose plus appeler ça journal intime, je préfère carnet d'introspection. Avec ce mot de plus de trois syllabes à la fin, ça a l'air sérieux!
Revenons en aux faits, j'ai réécris les mots les plus durs et j'ai posé un engagement sur le papier pour me promettre à moi même de m'y investir et d'y réfléchir.

Mais pas ce soir...ce soir, avec D., nous sortons dîner avec un couple d'amis.  En parlant de couple, depuis que nous en sommes un, nous avons de la chance. Il nous arrive de bonnes choses. Je sais pas si c'est lui qui me porte chance ou quoi? Mais, même avec les quelques coups durs que je viens d'accuser, je ne suis pas malheureuse.

Notre vie est pépère, comme n'importe quel jeune couple qui se bat dans sa vie professionnelle, essaie d garder un semblant de vie sociale et souhaite trouver le calme le soir en rentrant chez lui. Chacun habite chez soi... nous nous téléphonons le soir, avant de dormir et juste après, on s'envoie des sms comme des ados. C'est mignon.

Son influence sur moi est plutôt bonne, dans le sens qu'il m'a appris la confiance en l'autre. Chose dont j'étais totalement dépourvue. Même avec mes propres frères, j'avais du mal. Avec lui et par la force, il m'a montré que je n'avais d'autre choix que de m'ouvrir si je ne voulais pas mourir seule bouffée par ma chienne. Lâcher du leste quand on est deux paraît tellement plus simple. Surtout quand l'autre te dit, lâche je m'en occupe. Je pense qu'il me raconte des bobards et qu'il ne s'occupe de rien, mais me donne juste l'impression qu'il gère pour pas que je panique en voyant que la vie n'a pas besoin de mon contrôle pour continuer à s'écouler. C'est ce qui s'appelle l'atterrissage en douceur...

Le côtoyer m'a permis de prendre des résolutions, des valeurs depuis longtemps perdues,  la famille, les "vrais" amis et le plaisir, le vrai quelque soit l'activité.

Je passe plus de temps avec mes parents, mes frères, ma soeur. Je me suis inscrite dans la même salle de sport que mes frères et je vais chez la même esthéticienne que ma soeur. Dans les deux cas, on fait en sorte de faire concorder le planning de la fréquentation de ces deux endroits. Tous un peu réticents au début, face à ce changement inexpliqué et cette attitude inhabituelle. Leur soeur est un peu bipolaire sur les bords (pas pathologiquement mais presque) cette joie et cette euphorie peuvent basculer à tout moment...mais voilà que depuis quelques mois, c'est au beau fixe, elle l'air bien. Avec le temps, on s'y est tous habitués.  Avec mes frères, on s'échange nos ipods à la salle de muscu, on se garde des vélos au cours de RPM, les uns à côté des autres, et on finit à se raconter nos petits secrets devant des salades ou des sushis (@PastaCosy, @Sakura). Les premiers secrets échangés concernaient notre vécu commun: enfance et souvenirs de famille, et ça s'étendait au fur et à mesure des rendez vous. On ne parle pas encore de nos amours, même si cette barrière de pudeur commence sévèrement à s'user. Je nous donne encore quelques semaines et je pourrais leur parler de D.
Mon plus jeune frère se remet à peine de sa rupture avec Amira, il se tue au boulot et au sport, et passe ses soirées devant une fenêtre "Tueurs en série" (le livre) entre les mains ou alors à la Closerie.

Le plus grand, toujours aussi calme et serein, ne s'inquiète même pas des guerres dans le monde, rien ne transparaît sur son magnifique visage. L'homme de mes rêves, celui que j'imaginais quand j'étais petite était un étrange mélange de mon père et de mon grand frère... c'est une sorte de complexe d'Electre modernisé.

Ma soeur quant à elle, en plein dans sa période High School, profite pleinement d'une adolescence qui tarde à passer. J'adore l'écouter raconter pendant des heures les futilités de sa vie d'ado. Je suis contente de voir qu'elle n'a pas de rancoeur vis à vis de nos parents, pas de complexes physiques... elle n'est pas moi à son âge.

Avec tout ce qui se passe au pays, on se demande si, perturbés et effrayés par rapport à notre futur incertain... il ne faut pas s'investir dans un militantisme sain, s'engager à respecter autrui (le problème n'est pas là, pour moi) et surtout FORCER les autres à nous respecter, et après cette guerre des nerfs, retourner se ressourcer dans ce qu'il y a de plus doux...
Nous, tunisiens, voulons retrouver des valeurs (chacun des valeurs différentes, mais des valeurs qd mm), nous avons été dénaturés, nous sommes perdus, nous n'avons pas assez de recul, nous sommes fatigués...

Bref, tout ça pour vous dire que dans cette transition, je trouve ma place. Je me sens bien.


La date d'aujourd'hui 1-11-11 est très feng shui, profitez en pour être ZEN :)
                                                                                                                                       To be continued... 

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