Jour 71



Accompagner la lecture d'un morceau de musique

L’été a été formellement différent cette année. Pas de soirée folle, pas de week ends qui commencent le jeudi et se terminent lundi à 11h. J’ai passé l’été au calme.
D. et moi sommes officiellement ensemble. Je l’ai annoncé, mais ne me suis pas exprimée sur le sujet. Tétanisée par l’engagement, j’ai eu besoin qu’il témoigne son attachement à ma personne  à maintes et maintes reprises et de la complémentarité de sa personnalité avec la mienne. Il m’apporte le calme et la confiance nécessaire pour que je n’ai plus envie de me surpasser tout le temps.
Par rapport à mes projets professionnels, Samuel ne s’est pas manifesté pendant quelques jours, mais les obligations du projet en cours l’ont contraint à prendre contact avec moi. Entretemps, D. m’avait convaincue d’en parler avec mes parents et d’être conseillée pour le recours dans une situation de mésentente entre deux associés. Heureusement, tout le travail effectué jusque là, n’impliquait qu’une faible part financière de ma part, j’ai plutôt contribué par des contacts et des efforts physiques de prospections et commerciaux. C’est tout bénef’ pour ma formation. Je n’ai rien perdu.
Mon père l’a plutôt bien pris et m’a quand même fait un peu la morale au sujet de mes prises de décisions sans consultation, il met ça sur le compte de l’immaturité et d’une rébellion qui n’en finit pas.  Mais il me voyait tellement sereine pendant la discussion qu’il m’a conseillée comme un père l’aurait fait avec sa fille, et de ce fait, j’ai décidé de continuer à travailler dans la boîte où je suis employée, jusqu’à mettre sur pied un petit projet qui me tient à cœur, dès que la situation au pays sera plus stable.
Ma mère, en vraie lionne, a bien fait comprendre à Samuel qu’elle était au courant d’une infime partie de l’histoire, mais que ça ne l’empêchait pas d’être en colère après lui. D’ailleurs, cet été, lui qui jusqu’alors été revenu au rang des amis proches de la famille, n’a pas montré le bout de son petit nez.
Les affaires ont été vite réglées et j’ai gardé quelques vestiges du projet commun qui pourront sûrement me servir plus tard.
Mais j’ai reçu un message de Sam que je publierais ultérieurement. Une lettre qui explique sa vision et qui attend en réponse la mienne. Au point où j’en suis, je ne pense pas que j’aurais l’envie ou juste l’intérêt de répondre. M’ayant tout de même touchée, ce message finira dans ma prochaine boîte à brûler.
Dans notre jeu (dangereux) de séduction, D. et moi étions comme des jeunes félins indomptables, aujourd’hui nous sommes en train de roucouler... s’en est presque écœurant... : D
Notre relation s’est trouvée en place à l’instant même où nous avons bien voulu la reconnaître officiellement. Je l’aime et je le lui ai dis, je le sens à chacun de mes battements de cœur. Je ne savais pas qu’il était si bon d’avancer et de construire à deux.
Beaucoup de gens de mon (ex)-entourage pensent que je n’habite plus Tunis. La rumeur circule d’ailleurs ayant complètement disparu de la vie « Tunis by night ». J’ai arrêté de sortir depuis belle lurette. Quand je parle de « sortie », c’est celle où on devient des habitués... Je me rappelle encore de cette période tellement Speed, qu’aujourd’hui, je me demande comment j’ai pu tenir. Je bossais toute la journée jusqu’aux alentours de 19h, je me changeais et courais à la salle de sport ( à l’époque j’étais encore à California Gym, au Lac, l’antre de la drague After work, l’usine à Gossip à deux balles, le meilleur repère à Cougar et enfin le Speed Dating- entre 20 min sur le tapis de course et le début du cours d’RPM -pour se trouver un plan Q facile. ) Je restais à la salle de sport jusqu’à la fermeture où aux alentours de 21h30, je sirotais un jus d’orange frais en attendant de « refroidir ». J’étais plutôt le genre actif mais silencieux. Je ne parlais à personne sauf aux personnes que je connaissais dans la vraie vie.
Je file chez moi prendre une douche et m’habiller Glam Rock (c’était mon style de l’époque) pour filer à la soirée du Mardi et du Jeudi,  parfois le Vendredi (si on n’est pas à la soirée Rock du Boeuffy) et toutes les autres d’ailleurs à La Closerie.  Oui, je sais j’ai rien avalé... depuis la salade de midi à la Terrass’. Mais j’étais bien trop occupée pour ressentir la faim. Je suivais généralement mes « amis » qui ne s’ennuyait jamais de ces endroits là et qui avait toujours un plan « B » au cas où, l’ambiance n’était pas assez « lounge », le DJ n’était pas à notre goût ou encore si on ne se sentait pas « entre nous » (connaître tous les gens qui nous entourent- même classe sociale).
En général, la semaine, j’étais chez moi aux alentours de 1 heure du mat’ et le week end on rentrait le lendemain après les afters chez l’un ou chez l’autre. Cette vie à bien du durer un an. Heureusement que je ne suis pas une buveuse parce qu’aujourd’hui je  serais une épave toujours en Jet Lag par rapport à sa vie.
Ce sont tous ces gens qui faisait mes jours... ou plutôt mes nuits (les « amis ») qui ne me voyant plus... se demandent si je n’ai pas emménagé dans un autre pays.
En parlant d’amis, je n’en n’ai plus tant que ça depuis que je n’entretiens pas les relations. J’ai bien ma meilleure amie (Yasmine) qui a toujours été là. Mais elle n’est pas très active et pas très présente sur ce blog, car la période où j’ai pété ce plomb, elle ne cautionnait pas tellement et elle a donc préféré prendre ses distances. Elle est littéralement différente de moi, conventionnelle, pieuse, casanière, confiante en la vie, travailleuse et ambitieuse, oui... mais pas en colère comme je l’étais, elle est la fille de sa maman et adore passer du temps en famille. Elle n’a jamais goûté une goutte d’alcool et n’est jamais en retard à ses rendez vous de prière. Elle n’a jamais foutu les pieds dans une boîte de nuit et les jeux de séductions (malsains) ne la tentent pas du tout. Bref, voilà 10 ans que chacune mets de l’eau dans le vin de l’autre... et chacune sers de garde-fou à l’autre pour qu’elle n’aille pas vers l’extrême.
Rania était notre 3ème,  sa grossesse nous a un petit peu éparpillée. Yasmine n’a pas pu accepter que son amie fasse le choix de garder, un enfant conçu fel 7ram (dans le pêché) pour en faire une victime. Elle a pris ses distances vis-à-vis de Rania et moi, car nous habitions ensemble. Rania ne supporte pas la critique et n’a pas pu tolérer les regards réprobateurs de Yasmine. On ne se réunissait plus à trois. Je faisais des deux à deux et ça devenait pénible pour moi, qui me sentais écartelée entre les deux. La vie à voulu que Yasmine prenne ses distances voyant comment je me foutais complètement en l’air... Je l’appelais de temps en temps, pour passer chez ses parents... pleurer un coup, elle ne me jetait jamais. Je ne parlais pas d’elle car je pensais que si elle lisait le blog, elle ne l’apprécierait pas. Aujourd’hui, nous nous sommes de nouveau aussi proches que nous l’avons toujours été, je me permets de lui rendre hommage.
Rania a eu son bébé, c’est un petit garçon qu’elle a appelé « Selim », qu’elle élève avec le meilleur ami du défunt (le père du bébé, dont Rania était la maîtresse, est décédé d’une crise cardiaque...). On est en contact par FB, par BBM. Je reçois quotidiennement des photos et je suis heureuse qu’elle fasse de nouveau partie de ma vie même à distance. Elle va venir en Décembre pour se marier avec son compagnon, à la grande joie de sa maman et repartir vivre en France sans cacher leur histoire un peu particulière.

Les autres « amis », ceux de la nuit... On se croise de temps en temps dans les soirées et j’ai le droit à leurs regards qui disent « lâcheuse ». Je les ai lâchés parce que je n’ai plus peur de rester seule, parce que j’ai sommeil à partir de 22h et je n’ai plus aucun mal à dormir, je n’ai plus besoin de plaire à tout prix, ni de séduire pour me faire valoir à mes yeux, je n’ai plus besoin d’être exposée à de la musique pour ne pas m’entendre penser... Je vais bien.

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Jour 70




Suite du jour 67
Il m’attrape la main, me tire en dehors de la cuisine « je vais tout mettre dans la machine, va te doucher. Et lave- toi les cheveux... »
Je le regarde comme une abrutie : « Pourquoi, ils sont sales ? »
« Non, mais ça te donnera le temps de réfléchir à ce que tu vas me dire... »
Il me fout une pression monumentale... Je titube jusqu’à  ma salle de bain, et j’ai le cœur qui bat. Il n’a pas l’air en colère, il l’air serein mais déterminé. Il a ce regard assassin de « Je n’ai pas envie de jouer maintenant... »
Je suis allée dans la salle de bain, me laver mais j’ai passé tout le temps à me demander ce à quoi j’allais réfléchir, j’étais bien, mais complètement blasée et confiante à la fois. Je me disais très exactement « Je vais tout lui dire et advienne ce que pourra... »
Je sors de ma douche, et j’enfile un short et un tee shirt. Il est clairement révolu le temps où j’aurais enfilé une petite robe sexy ou un short demi fesses pour donner plus de « volume » à mes arguments. J’avais envie de lui... Mais pas du tout au sens sexuel de la question, mais surtout qu’il soit là, que je me blottisse dans ses bras qu’il m’apprenne la vie, comme il la vit, lui qui a l’air de trouver que c’est un jeu d’enfants.
Je sors de ma chambre, les cheveux roulés dans une serviette, la cuisine était aussi nickel que si je l’avais rangée moi-même. En préparant un plateau avec un broc de citronnade, je me suis aperçue qu’il savait exactement où il fallait ranger chaque chose. Le constat est probant, il est observateur, il sait beaucoup de choses de moi et de ma vie. J’avais le sourire au coin des lèvres, j’en aurais presque dis « je t’aime ».
Il est assis dans le canapé, il regarde « Discovery Channel », c’est quand même pantouflard, non ?
Je passe derrière lui et je passe ma main dans ses cheveux. J’aime ses cheveux, ils sont doux, fins et rebelles à la foi... Ils expriment totalement sa personnalité.
Je pose le plateau sur la table basse, et comme quand on chasse le naturel, il ... (je vous laisse finir) en me baissant, j’ai quand même pensé qu’il allait, ne serait-ce que, mater mon cul, alors pour une bonne mise en matière, et gagner un tant soit peu l’indulgence du juge, j’ai pris mon temps pour me relever.
Je m’assois près de lui et je lui dis « Tu regardes quoi ? »
Il éteint la télé et me dis : « Rien, je vais t’écouter parler, petit monstre, viens on se met dehors, il fait bon. »
Il prend le plateau et quelques bougies et on se met sur la terrasse, je le laisse allumer les bougies, il branche son iphone à la station et mets sa playlist des moments importants. Oui, mon mec a un style de musique pour chaque chose qu’il fait... c’est ridicule, je sais... J’ai dis mon mec ?... c’est ce que je viens de dire ?
Il crée une petite ambiance sympathique, je me suis étendue sur la banquette, il s’est assis sur celle d’à côté. Comme si le pire était déjà passé, je pose mes pieds sur sa cuisse. Je sais qu’il a un faible pour les pieds, il ne peut pas s’empêcher de les toucher, mais à cet instant, je sens qu’il se retient de me toucher.
« Alors ? Tu me racontes ce dîner et ta réaction à posteriori ? Et ne me dis pas que c’était une nuit d’adieu ... plutôt que de me le dire comme ça, dis moi juste que je dois partir... Je ne pourrais pas t’entendre dire qu’il a mis la main sur toi...et je ne veux pas t’entendre essayer de te débattre avec ça... »
Sur un ton calme et monocorde, de la personne réaliste et factuelle... que je suis devenue et que je ne reconnais pas.
« Mais t’es dingue, je n’y suis pas allée pour ça... »
Il me coupe la parole,
« Mais je sais que tu adores la théâtralisation et les scènes dramatiques... Tu vis ta vie comme dans un film... »
Je baisse la tête et je ne dis rien... J’ai ce sourire en coin et une attitude assurée...
« Je sais, je me trouve pathétique des fois... Mais cette fois ci, je n’étais pas dans cette optique là. Je suis allée pour régler une situation et même si je te l’avoue, j’ai failli partir dans mon délire théâtral parce qu’il a su appuyer, comme à son habitude sur les bons boutons... Je me suis rappelée à maintes reprises la raison de ma présence, et je n’ai pas flanché... »
« mmh, (il tortillait des lèvres pour témoigner de son désaccord et de son malaise face à cette situation est aux mots/maux qui allaient suivre...) et dans le détail, ça donne quoi ? »
J’ai vu qu’il était crispé, qu’il n’a même pas essayé d’effleurer mon pied... et qu’il n’en avait même pas envie, alors je l’ai retiré. Il l’a rattrapé au vol, il a compris que j’étais blessée par son indifférence... Il la reposé sur sa cuisse et il m’a regardé droit dans les yeux, comme s’il attendait que je commence à parler.
« En fait, pour faire court, la dernière fois que je suis rentrée de Paris, j’ai retrouvé dans mes bagages un week end pour deux au Château de Courcelles. Il disait dans sa lettre que si je voulais, je pouvais y aller toute seule. Bref, je l’ai jeté au fond d’un placard, comme d’habitude  pour fuir et oublier... Quand je lui ai dis au court du dîner qu’il valait mieux qu’on en reste là après s’être raconté toutes nos misères d’amour, il m’a dit OK mais tu pars avec moi pour un week end d’adieu... »
Je marque un temps d’arrêt volontaire pour jubiler gentiment de la panique dans laquelle il se retrouve. Il doit en cramer des neurones en pensant que je suis là en train de lui demander de se revoir après le week end,  lui qui a l’air de connaître si bien ma vie... doit se dire que mes dents acérés et mon ambition, ne m’autoriseront jamais à contrecarrer mes projets d’avenir pour un plan d’un week end d’adieu.
Il me regarde droit dans les yeux il a la mâchoire serrée... je ne pouvais qu’arrêter son supplice.
« Quand j’ai dit que je verrais, il a insisté et quand j’ai refusé, il a menacé d’arrêter le projet... »
A mon tour de baisser les yeux, et d’imposer un lourd silence...
Il sait maintenant qu’il n’est pas question que je parte de mon plein gré, et il se demande alors, si je vais demander à y aller sous la menace.
« Tu ne peux pas accepter... » Qu’il balbutie...
« Non, je ne pars pas, bien sûr... mais... »
« Il t’a menacé d’arrêter ? »
« Oui, il a dit que ce projet avait plus d’importance pour moi que pour lui et que si je refusais ça le branchait pas de continuer. »
« Mais quel con ! ... Toi aussi... Tu te mets toujours dans des plans à deux balles Mimi... »
Celle là, je ne l’ai pas appréciée... et ça se voyait à mon regard.
« Merci beaucoup... »
Il se reprend tout de suite ...
« Je suis désolée ma chérie (et il m’attrape le pied) mais franchement, comment t’as fait pour tomber sur un connard pareil ? »
Je ne dis rien, j’hoche la tête pour que j’adhère complètement et que je n’essaie pas de fuir une réalité. Je m’étonne d’une minute à l’autre de ma sagesse et quant à lui, je le trouve très calme et très disposé à tout entendre, je me demande presque pourquoi il fait ça.
« Et depuis ? »
« Je ne sais pas, je suis coupée du monde pour ne pas avoir de ses nouvelles... Téléphone et internet, je ne veux rien savoir ?! »
« Et ta mère tu lui as dit ? »
« Quoi ? »
« Je ne sais pas, je me suis dis que tu te sentais mal, tu as du l’appeler à la rescousse... »
« Tu crois ça (j’éclate de rire) j’aurais peut être fait ça si je me sentais proche de la mort... et encore. Elle est passée me brancher un téléphone fixe, parce qu’elle était inquiète de ne pas pouvoir me joindre depuis hier. »
« Elle est toute gentille et toi sa fille tu la décris comme ... »
« Je ne la décris pas... Je n’en parle jamais... c’est différent. »
« Oui, tu en parles avec de la réserve comme si c’était une mauvaise mère... »
« On s’écarte légèrement du sujet... »
« Je suis content de l’avoir rencontrée, ça m’a rassuré ! »
« De savoir d’où je viens ? »
« Pas d’où tu viens, mais de savoir qui t’as élevée c’était important de mettre un visage sur un de tes proches. Passons... bon... qu’est ce qu’on fait ? »
« Maman m’a dit de m’en foutre, si j’avais un souci avec lui, je prends du recul et je prends une décision même incisive, j’aurais fait un mauvais choix mais j’aurais appris pas mal de choses... et ce n’est pas plus mal... elle a raison. »
« Tu vois ce que je veux dire par t’élever ?... Quelles idées elle a incrustées dans ta tête et quelle ligne de vie elle t’a donnée... Elle a parfaitement raison. Maintenant, le temps d’un week end, n’y pensons plus. Tu continueras de consulter tes mails pros, histoires de continuer  bosser convenablement qu’on n’ait rien à te reprocher, quant à lui s’il se manifeste, je suis là on avisera... Tu veux qu’on parte à Hammamet ? »
Il a complètement changé d’attitude, je sentais qu’il avait décidé, désormais nous serions deux... Il avait mes deux pieds au creux de ses mains, comme si lui, tout entier, était la continuité de mon corps, nous ne faisions qu’un.
« Ma chérie, je ne veux pas que tu sois blessée ou déçue... Tu aurais raison de l’être, je sais, mais si je peux faire quelque chose pour que tu te sentes mieux ? Il s’est comporté comme un con, ... est ce que tu te vois, de toutes les façons, continuer avec lui ?... On fera ce que tu veux, mais tant que je suis à tes côtés, je refuse de te trouver dans l’état où je t’ai vue tout à l’heure. Tout est réparable. Si je suis encore là, je pense que c’est parce que je suis intimement convaincu que tu ne mérites pas ce qui t’arrive mais parce que même si tu cherches sans arrêt la merde, tu récoltes toujours beaucoup plus gros que ce que tu as semé. J’essaie juste de te convaincre que tu devrais juste arrêter de faire n’importe quoi, si tu veux arrêter de souffrir...  »
Ces mots m’ont convaincus d’arrêter de vouloir sans arrêt provoquer la vie pour qu’elle soit une salope avec moi... J’ai décidé d’arrêter de chercher la merde et dès que je me la prends en pleine gueule, crier « au loup ! ». Tout le monde sait comment l’histoire d’  « au loup ! » s’est terminée. Moi, je ne voulais plus le quitter...et je ne veux plus mourir...

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Jour 69


Il ne m’est rien arrivé de grave, rien de bien ou rien de mal. J’avais besoin de recul et c’est l’été... l’été en général, je repose mes neurones, je glande au soleil et je profite de la mer. Et vous vous faites quoi l’été ?
La dernière fois que j’ai écris, D. venait de rencontrer la reine mère. Il a fait son numéro de charme et elle était partie les yeux pleins d’étoiles.
Depuis bien de l’eau à coulé sous les ponts. Suite à cette rencontre et aux quelques pourparlers qui ont eu lieu, les jours suivants. Je me suis faite à l’idée, que je pouvais avoir une vraie relation avec un homme comme toutes les filles et pourquoi alors ne pas penser, encore une fois comme toutes les filles, à l’avenir. Alors que l’avenir m’a sans cesses fait penser à courir derrière la gloire, la reconnaissance et combattre les rides et la cellulite, aujourd’hui j’accepte d’y voir, peut être, de l’amour.
J’ai suggéré à D. d’avoir une relation qui soit dans l’ordre des choses. Il commence par m’inviter à dîner, à m’appeler au téléphone et à me séduire à coup de sms... le cheminement logique de toute relation florissante. Tout en occultant le fait qu’il me connaisse très bien et qu’il a, du bien des fois, me ramasser à la cuiller. Et il l’a fait. Je reviendrais sûrement sur quelques évènements, car ils sont restés  gravés dans ma mémoire.
Cet été m’a fait revivre l’été de mes 15 ans. Nous sommes deux excellents comédiens.
Ma mère l’a invité à dîner avec nous un soir à la maison, lors d’un des barbecues du jeudi. Il a été accueilli à bras ouverts par la reine mère, qui l’a présenté à la famille comme un « ami de Myriam qu’elle a rencontré auparavant, entre deux portes ». Ma sœur a reconnu l’acteur et  s’est souvenue l’entrevue furtive à l’aéroport d’Orly. S’apprêtant donc  à me poser la question sur mon malaise ce jour là, et peut être à faire un rapprochement, ..., d’un regard, je lui préconise simplement d’esquiver... et de passer rapidement à autre chose.
Ce soir, il est un agriculteur, bel homme... qui a joué la comédie pour son plaisir, pendant qu’il était étudiant. J’assume pas qu’on en dise que ce n’est qu’un (vulgaire) COMEDIEN. Que ceux qui le sont n’y voient aucune offense, mais je suis bien plus ambitieuse qu’une groupie.
Mon psy m’a préconisé de réapprendre à aimer mon corps et d’arrêter de l’utiliser comme une arme contre moi même. En décrypté, ça fait, no more sex without feelings. Etant dans de bonnes dispositions  et avec les encouragements de mon mec  (parce qu’aujourd’hui, c’est le cas, et j’en suis fière), je décide d’appliquer le traitement et même la posologie.
Nous ne passons à l’acte que lorsque les sentiments sont très forts.  Faire l’amour sera désormais l’expression de l’amour qu’on se porte. Et nous avons décidé de faire fi de l’appel de la chair, qui soit dit en passant, par moment, est obsédant.
Je me sens bien, en confiance, aimée. Il me gâte, m’écoute, me comprends, me conseille, me pardonne. Car je ne suis toujours pas parfaite, mon comportement est encore instable, conséquence d’un sevrage récent de comportements addictifs et très malsains. Parfois, les mauvaises habitudes tardent à être oubliées.
Mais il est là, quoique je fasse. Il m’a aidé à vaincre ma sociophobie, mon agoraphobie et même mon émétophobie. C’est dire, quand je vomis, il me tient les cheveux... Je suis bien, mais il me manque quelque chose...

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Jour 68

Je n'ai pas disparu... Je n'avais juste pas le temps... Et je pense que je reviens lundi... Lundi?... Oui, Lundi...
                                                                     
                                                                       Miimii...

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