jeudi, mars 10, 2011

Jour 47


En ce moment, je me rends compte à quel point je manque d’amour... de l’amour dans les deux sens... aimer et être aimée. J’en vois des gens qui s’aiment autour de moi, certains ont l’air heureux, d’autres ont l’air de souffrir le martyr par amour, et encore d’autres tiennent encore à la vie que parce qu’ils regretteraient quelqu’un ou que quelqu’un les regretterait.

Est-ce que quelqu’un me regretterait ?

(think)

Sûrement mes parents pour la tragédie causée, et ma mère, je suis sûre que pendant quelques mois, mais quand ça bouleversera ses plans de vacances, elle finira par m’en vouloir. Mes frères et sœur, surement mais comme ils ont l’habitude de ne pas me voir souvent, disons que le deuil sera de courte durée. Morbide ce sujet, mais voilà faut oser se poser la question.

La mort n’est pas du genre à me faire peur, à moi... d’ailleurs, je pense qu’à force de me hanter, nous nous sommes côtoyées et puis nous sommes devenues amies.

Et puis, je me dis que finalement la mort est une fin en soi. Fin de vie, fin de vie en société, fin de la notion de famille, fin de vouloir plaire, fin du pouvoir, vouloir et même avoir, fin des calculs... c’est la fin des normes.

Ce qui compte, après c’est en fonction des convictions religieuses de chacun, c’est ce qui nous attend, le noir éternel, le silence éternel, le repos éternel, l’éden, le feu... chacun sait comment il imagine son afterlife !

Me concernant, c’est la solitude qui me fait plus peur que tout. Et je me dis quelle personne voudrait passer sa vie avec moi ? Les vieux jours, les jours malades, les jours avortés, les jours d’alzheimer, les jours d’infantilisation et de sénilité.

Aurais-je l’honneur de finir comme ma grand-mère, fêter mes 55 ans de mariage, entourée de ma meilleure amie qui n’est autre que mon amie d’enfance ? ça relève du miracle.

Quel homme voudrait passer 55 ans à jouer au chat et à la souris avec moi ? Peut-on vivre un jeu de séduction pendant 55 ans ? Il n’y a que la séduction qui me fasse carburer !! Je n’y peux rien, sinon l’ennui me bouffe, la monotonie m’asphyxie, et l’amour me donne envie de gerber.

Bon, ben et si j’en ai besoin de cet amour ?... Il faudra bien que je trouve une source qui m’en donnera et qui surtout accepte de prendre ce qui logé en moi est un vrai poison, le trop plein d’affection.

Et même si l'amour me fait gerber... la chimiothérapie donne bien envie de gerber... pourtant elle guérit et éradique le pire de tous les maux.

Je suis dans un café, sur la Rue Victor Hugo de Lyon. Il fait un peu froid dans ma tête, je sens presque que le courant d’air traverse mon cerveau d’une oreille à l’autre, et qui siffle tellement fort que je n'arrive pas à m'entendre penser.

Pourquoi je compare l’amour à la chimio ?? Je ne sais pas j’y ai pensé comme ça, enfin comme ça... Lyès, mon meilleur ami vient de m’apprendre qu’il a une espèce de tumeur qu’on vient de lui trouver... Je ne sais même pas où... puisqu’à ce moment là de la conversation téléphonique le courant d’air a juste commencé à me pénétrer le cerveau et tout Lyon s’est mise à me tourner autour. J’ai envie de gerber... ça doit être la chimio... c’est normal, je l’aime moi, Lyès et de ce fait tout s’explique... Je reviens, je vais dégueuler. Je l'aime moi?!... est ce qu'il va mourir?

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