Jour 78




Je n'ai jamais été timide, mais plutôt une personne détachée... indifférente. Il me faut un réel temps d'adaptation pour "copiner" avec des inconnus ou même pour me sentir à l'aise. Mais étrangement, assise à cette table, avec toutes ces photos de famille heureuse autour de nous, je me suis mise à l'aise. Comme regardant une comédie mélodramatique par un dimanche de pluie. Quand la maman s'aperçoit que je n'ai d'yeux que pour les photos, elle me dit: "Myriam, donne ton assiette que je te serve de la soupe, et après, je te dirais qui est qui."
Je tends poliment l'assiette en la remerciant. Je regarde D. discrètement, il a ce sourire serein et, je dirais presque, heureux, que je sois là. Je voyais le parallèle dans la tête... et si je l'avais invité à la table de mes parents.... J'aurais été tétanisée à l'idée que chacun de mes géniteurs ne fassent des bourdes... en étant lui même.
La maman en me remplissant mon assiette me disait. "Les légumes sont de la ferme, ils sont cultivés ici ou dans une autre terre du côté de Zaghouan.  Ce qu'on appelle de nos jours le "Bio". "
Je suis surprise "Ici?"
D. me reprends: "là où on était tout à l'heure, c'est une terrain agricole et ici c'est une ferme. Nous cultivons quelques fruits et légumes."
"Oui, effectivement... mais je n'ai pas fait le rapprochement avec la soupe... hmmm! elle me rappelle la soupe de ma grand mère"
"Qu'elle t'apporte la santé ma fille, alors sur les photos, il y a les différents membres de la famille."
Elle continue de servir son mari et son fils en me décrivant les photos. J'étais tantôt en train de déguster la soupe, tantôt la tête en l'air pour voir "La Famille".
Des photos dans un arbre en vinyl collé au mur (sticker) qui raconte l'histoire d'une famille. Le couple de parents quand ils se côtoyaient encore, leur mariage, des photos avec leurs parents respectifs, une photo de vacances avec d'autres membres de la famille, la naissance des enfants, les enfants qui jouent, les voyages en familles, les ados avec les cousins, remises de diplômes, les fiançailles, mariages, naissances des petits enfants... quelques photos qui retracent une vie de famille.
Nous sommes très vites passés de plat en plat, un gratin de légumes, un poulet rôti... pendant que mes trois hôtes me racontaient les anecdotes de leur vie de famille.
Les plats étaient succulents, les histoires délicieuse, la compagnie précieuse et l'amour qui baignait dans cette pièce était tout simplement miraculeux. J'aurais rêvé qu'on immortalise ce moment par un cliché qui rejoindrait les autres sur le mur. Mais qui étais-je pour y figurer?
Je ne savais pas par exemple, que D. avait un frère et une soeur. Que sa soeur avait des enfants et que son frère qui vit aux Etats Unis en attendait un, que les parents vivent seuls et profitent de leur retraite pour cultiver, renaître de la terre et découvrir le monde.
La maman a eu un cancer du sein il y a une dizaine d'années, son mari me raconte les yeux larmoyants que cette épreuve a marqué un tournant de leur vie et que depuis qu'elle est en rémission, chaque jour est un cadeau du ciel. Que depuis cet incident, ils vivent pleinement chaque jour, chaque heure et chaque seconde, qu'ils essaient d'être le plus souvent possible auprès de leurs enfants et petits enfants pour qu'une fois partis, ceux qui restent les fassent vivre éternellement à travers les souvenirs vécus ensembles.
J'en avais les larmes aux yeux, surtout quand j'ai vu que l'évocation du sujet était pénible pour D. Un moment d'empathie et je réalisais que si cette bonne femme venait à disparaître après ce soir, elle me manquerait... Que dire de ses enfants et de son mari, si respectueux et aimant. Il prend la main de sa femme et l'embrasse, puis la garde au creux des siennes comme s'il tentait de la réchauffer.
La maman a dit "Grâce à Dieu, je suis en vie... alors vivons!" avec son sourire qui me manquera déjà quand je serais partie.
C'est cette chaleur humaine qui m'a manquée dans ma vie... Pas durant toute ma vie, mais depuis la disparition de ma grand mère, le soleil de ma vie.
La soeur de D. est avocate et partage un cabinet avec son mari, rencontré sur les bancs de la fac à Paris. Les parents ont l'air d'avoir beaucoup d'estime pour leur gendre et vante son humour et ses mérites en tant que Papa pédagogue avec son fils et ses deux jumelles, de 4 et 2ans, respectivement.
D. me dit que ses neveux sont des monstres, lorsque sa Maman prend leur défense et dit: "Myriam, ils viennent passer l'après midi ici, tous les mercredi et samedis, ils passent la nuit également. Tu n'as qu'à venir les voir, et tu jugeras par toi même, ce ne sont pas des anges, mais ils sont à croquer."
J'accepte l'invitation avec plaisir et je me vois garer ma voiture dans l'allée les bras chargés de cupcakes et jeux éducatifs, entrant avec plaisir pour jouer avec les "monstres".
Je m'étonne d'avoir cette pensée, car j'en suis presque sûre, je n'aime pas les enfants.
Le dîner s'achèvent sur leurs récents voyages, notamment en Andalousie, et en toute modestie, ils n'ont fait que décrire les paysages qu'ils ont vus.
Puis, Tata Donia (Elle n'aurait pas pu mieux symboliser la VIE), me propose de passer au séjour pour prendre une infusion et une part de tarte aux pommes.
C'était parfait, digne d'un rêve. Le salon faisait très "Hacienda", une cheminée allumée, du bois et des meubles rustiques. Leur goût est vraiment exquis, j'adore... je me rue vers un fauteuil en velours rouge qui se démarque des autres meubles, quand D. me dit: "Myriam, c'est le fauteuil télé de Papa" dans un éclat de rire qui ne voulait aucunement me dire lève toi.
Je commence à me relever en disant: "Pardon mais il est tellement beau et il a l'air tellement confortable"
Le papa: "Reste ma fille, il est à toi, ça me fait plaisir de voir que tu partages mes goûts, ma femme et mon fils ne l'aiment pas"
D.: "Ce n'est pas qu'on ne l'aime pas, mais quand tu t'y assois tu te coupes du monde, c'est ce qu'on n'aime pas. Et cette manie, Myriam l'a aussi, alors sur ce point vous allez vous entendre"
Et il me fait un clin d'oeil.
Je souris et je m'enfonce encore plus dans le fauteuil.
Et puis, je dis: "Je devrais aller aider Tata Donia?!"
Le papa me dit: "Non ma fille, j'y vais...tu es notre invitée".


Quand il part à la cuisine, D. qui est encore debout, se baisse pour m'embrasser le front et me dit "Tu es radieuse quand tu es heureuse..."
"Ils sont juste adorables... que Dieu te les garde"
"Je sais..." Sourire prétentieux. Il reprend: "Tu les trouves heureux?"
"Oui, ils ont l'air très heureux?!"
"Amoureux?"
"Oui, ..."
"Tu le dis alors que tes yeux brillent, est ce que je peux en conclure que Mademoiselle est romantique quand elle voit qu'elle peut encore croire à l'amour?"
"C'est beau et possible.... chez les autres". Je sens une certaine amertume au fond de ma gorge et mon regard s'obscurcit, je pousse D. de la main et je lui dit: "Laisse moi profiter de mon dessert sans leçon de morale, je n'ai jamais mangé un dîner aussi succulent".
"On va zapper la case dessert, parce que je t'ai montré tout ce que j'avais à te montrer" dit-il en riant.
"T'es dingue... c'est le meilleur moment !! Y a pas moyen que je bouge de là"
Les parents reviennent, le papa porte un plateau et la maman la tarte fumante.
On s'assoit, il y a de l'infusion de verveine, de la tarte et de la glace à la vanille. Une tuerie.
La maman pensant bien faire me dit: "Alors Myriam, parle nous de toi. Nous avons monopolisé la parole toute la soirée".
Je marque un temps d'arrêt et l'angoisse monte en moi.

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Jour 77




Je sais pas ce qui me prend de ne pas me rebeller. Je ne lui dis même pas que je refuse d'entrer ou que je voudrais partir. Je trouve l'expérience de voir un couple heureux, excitante. C'est comme si j'allais vivre une expérience hors norme. ça m'a fait le même effet que le jour où mon père m'a annoncé que les dauphins étaient à la piscine du Belvédère. On en avait déjà vu pas mal à l'étranger mais chez nous... à Tunis... c'était une vraie révolution. Mes frères et moi, on faisait la sortie de notre vie :) Je me rappelle que mon grand frère nous taquinait en route, en demandant à Papa de nous acheter des Kakis, car si les gazelles du Belvédère mangeaient les Kleenex, alors les dauphins devaient sûrement manger des kakis.
Revenons à ma soirée "immersion dans le bonheur d'une famille..." 
Nous entrons par une petite porte comme je le disais, une porte de "derrière".  Une cuisine lumineuse et vieillote au premier regard. Il y a avait une dame et un monsieur, au premier regard, qui furent un peu surpris de voir une seconde tête pénétrer dans la pièce après la première tête qu'ils reconnaissaient bien.
"Bonsoir mon fils"
et cette dame souriante et boulotte, un torchon à la main saute au cou de son "fils" et l'embrasse.
Franchement, ça a tellement l'air d'un cliché, c'est dingue. 
Je me dis, c'est la Maman je suppose, quand le fils me présente: "Ommi, je te présente Myriam."
... Silence...
Ma mère, pimbêche comme elle est, aurait rebondit, Myriam qui? (dans la connotation, file moi plus de précision: fais tourner un nom de famille ou au moins son statut par rapport à toi).
"Salut P'pa"
"Fiston... ça va?"
Le papa était en train de disposer les plats du dîner sur la table.
Entretemps, je faisais la bise à la maman, qui m'avait littéralement sauté dessus et m'avait asphyxiée de l'odeur d'ail et d'oignons réduits dans du beurre qui l'embaumait.
La maman m'avait pris dans ses bras pour me saluer, un énorme sourire aux lèvres en me disant: "Bienvenue ma fille".
"P'pa, Myriam... On mange quoi?"
J'étais encore dans la précipitation quand le Papa, très respectueusement, m'adresse son plus grand sourire et me dit "Enchanté ma fille... Assied-toi, on va passer à table".
Le papa était plutôt beau gosse, très charmant. La maman une boule de bonté. C'était ma première impression. Ils font paysans dans leur cuisine tout sauf tendance, si ma mère me voyait.
Je me sentais suffisamment mise à l'aise par la gentillesse de mes hôtes pour demander: "Je peux me laver les mains, s'il vous plaît?"
Les hommes ne bougent pas d'un poil et la maman lâche tout ce qu'elle a entre les mains et m'accompagne, m'allume la lumière, vérifie qu'il y a tout ce qu'il faut. Pendant les quelques minutes que je suis dans la salle de bain, les idées se bousculent: Pourquoi D. m'a fait entrer dans sa vie, c'est le cas de le dire? Comment est ma première impression suite à cette rencontre? Pourquoi est ce que je pense à ma mère qui serait sidérée d'être à ma place? Pourquoi je les trouve juste adorables? Pourquoi j'aime, finalement, cette ambiance et ces odeurs et cette chaleur qui se dégage de cette cuisine? Un papa qui met la table... c'est juste mignon. Un fils qu'on traite comme un ami et à qui on parle avec autant d'amour et de respect, c'est adorable.

Entre la boîte à idées que je viens de brûler avec D. et cette rencontre avec une autre dimension de l'amour et de la famille, c'est beaucoup en une seule soirée. Je me passe de l'eau sur le visage, j'ai les joues toutes rouges, il fait trop chaud dans cette salle de bain. Je me regarde dans le miroir, j'ai du mascara partout, je l'avais oublié. Je l'essuie à peine, je sens qu'on me jugera pas. Ce qui ne m'empêche pas de jeter un regard en 360° furtif pour comprendre à qui j'ai à faire. Des serviettes brodées, finement. Des petites bouteilles de produits, venant d'hôtels  en Andalousie (Cordoue, Séville...). Des hôtels luxueux apparemment. Le miroir est une antiquité, je le sens. Il a une grande valeur.  Une vasque un peu vintage, sûrement dégotée dans une brocante. Dans l'ensemble, c'est un univers. Il est respecté à la perfection... Il est homogène et très chaleureux. Conclusion, j'aime beaucoup et je m'y sens bien. Mais faut que je sorte, ça fait plus de cinq minutes que je suis censée me laver les mains.

Je retourne timidement. à la cuisine où le repas va être servi. Ma mère s'en arracherait les cheveux de savoir qu'il y a des gens qui reçoivent dans la cuisine, et que d'autres (comme moi) viennent dîner sans prévenir. Mais avec cette famille là, ça paraît plus simple... non protocolaire.  "Assieds-toi ma fille, mets toi où tu veux, nous n'avons pas de place déterminée et nous aimons avoir du monde à notre table", dis le Papa. 
Je souris poliment, et je m'assois en face de D. La maman enlève son tablier et sort de la cuisine pour aller se laver les mains, je suppose.
Le papa met la soupière sur la table et commence avec son fils, à sortir les plats du four. Ils se taquinent et rigolent comme des potes, sans prétention. C'est touchant.
Entretemps, sur le mur de la cuisine, au dessus du coin repas, sont accrochées des photos. Sûrement des photos des membres de la famille. Finalement, D. m'a très peu parlé de sa famille... faut dire, je n'ai jamais posé de questions.
ça sent la soupe... hmmm !!
La Maman revient, elle s'est changée, parfumée et recoiffée. Pour son mari, pour son fils et moi... Je suis heureuse d'être là, je crois. Et, il faut vraiment qu'elle arrête de sourire comme ça, je vais bientôt avoir envie d'embrasser ses joues dodues. Je ne me préoccupe même pas de D. Je n'ai d'yeux que pour eux et pour la soupe, dont l'odeur me rappelle ma grand mère.

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Jour 76




Je suis rentrée du travail exténuée... Fatiguée, rien qu'à l'idée d'aller voir mon homme... l'homme que j'aime pour lui parler comme à un ami, un inconnu pour, peut être la dernière fois.
Non, non, je ne compte pas rompre... mais je vais peut être accepter de l'épouser pour ne pas le perdre... Il sera mon mari, et plus mon ami... mon séducteur, mon bachelor, mon "crush".

On s'est mis d'accord pour aller faire quelques pas, une marche  à pied. En chemin et pendant tout la route, je répétais. ça me rappelait mes rendez-vous, bi-hebdomadaire chez mon psy, au cours desquels, je devais optimiser le temps et la pertinence des sujets abordés dans les 50 minutes autorisées afin que je n'en sorte pas frustrée et impatiente d'être au prochain rendez-vous. Je mettais les deux ou trois jours qui séparaient les rendez-vous pour réfléchir à ce que j'allais dire: Enfance? Père? Ex? Boss?... Lequel des hommes qui ont fait ma vie m'a fait le plus de mal sans que je le sache? Ma "frozen" mère? Ma féminité ? Mon profil de séductrice? Ma fibre maternelle inexistante? Qu'est ce qui a fait de moi cette détraquée de l'amour?

J'arrive devant chez lui, je me doute vraiment que certains des sujets auxquels j'ai pensé, risquent de créer une polémique... je me dis que comme d'hab' j'improviserais.

Je l'appelle, il ne répond pas. Au bout de quelques minutes, je le vois sortir de chez lui. Il est au téléphone.
Il monte en voiture, il parle encore au téléphone.
"Oui, ..., Ok, si ça me dit je te rappelle... Demain soir? ... Ok, je check mon planning et on se rappelle. Non.. Non... promis cette fois, je rappelle. Merci pour ta proposition..."

Il bien trop poli et "maniéré" pour parler à un homme. Il sourit trop pour que ce soit un homme, ça ferait vraiment PD.
Il raccroche, j'ai pas démarré, j'attends des explications de sa part.
"Salut. Désolé...J'étais en double appel, mais j'ai compris que tu étais là".
"Et moi, j'ai pas compris à qui tu parles... " (avec mon sourire le plus hypocrite d'amie amoureuse et possessive avec son meilleur ami)
"Une des salopes sans limites de Tunis. Celles qui t'appellent mille fois pour t'inviter à sortir et qui au bout de 999 refus, elles ont toujours pas capté le truc."
"Dis leur que tu as quelqu'un dans ta vie..."
"Elle s'accroche encore plus... et puis... tu crois que j'ai quelqu'un dans ma vie?"
Ce sourire, malicieux, m'a toujours fait craquer... pourquoi je sens que ce soir, l'amitié va dépasser ses limites? Je n'ai qu'une envie...
"On va où?"
'Là tu veux marcher et me raconter ta vie?! Tu m'as manqué petite puce!"
"Je voulais te dire... La boîte à bruler est pleine... tu veux qu'on aille la brûler ensemble?"
"Tu me diras ce qu'il y a dedans?"
"Oui, tu liras les petits papiers...Je m'en fous"
"On va la chercher chez toi?"
"Non... Je l'ai, ici... mais on va où?"
Nous sommes allés dans le grand terrain de la maison de ses parents. Nous sommes entrés par l'arrière, dans une ferme du côté de la Soukra, dans un endroit que je n'imaginais même pas. On tourne au niveau du parc d'attraction et on va quasiment au bout du monde.
On se retrouve dans un terrain vague, il prend un vieux seau en métal dans une espèce de réserve, dans lequel il allume un feu avec un torchon et moi, fascinée (je l'ai toujours été) à la vue d'une flamme dansante, je serre ma boîte contre moi. Il m'apporte un tas de briques pour qu'on s'assoit et on sort nos téléphones portables pour éclairer la boîte.
Je me sens nue en l'ouvrant, comme si je me déshanbillait. Mais il est la seule personne de confiance avec qui je veux partager ce rituel libérateur.
Dans la boîte (sur laquelle, il est écrit "Boîte à pensées"), il y avait une vingtaine de feuilles de papier. La première que D. à tirée est la lettre envoyée par Samuel, il me l'a tend, je l'ouvre et y jette un coup, et je lui dis:
"Ce soir, je suis nue... Tu peux entrer en moi... Lis-la."
Il me regarde longuement, il a les yeux brillants, dans cette demi pénombre... et me réponds: "Tu mènes la danse, fais moi entrer... lis la moi, avec ta voix."

Je commence à lire et très vite, les mots commencent à m'agresser... J'en ai la voix qui tremble au point qu'il finit par me dire de m'arrêter car ce qu'il entend le fait souffrir également.
Il me prend la lettre des mains, la jette dans le feu... prends la boite, la renverse dans le feu... et finit par la lâcher également dans le seau.

Mes souffrances partent en fumée... C'était alors si simple? Quand je suis seule devant le feu, (rituel que j'accomplis souvent) je jubile de voir les petits papiers brûler, je trouve le fait de les jeter dans le feu excitant.

C'est la première fois que je le fais à deux et c'est à la fois une vraie torture et vraiment rassurant.

Je tremble, de froid, de peur, d'émotions... Je ne saurais pas dire la nature exacte de ce qui me faisait souffrir/vibrer.

Il me sert tellement fort dans ses bras qu'il m'étouffe presque. Il dit "Il faut que tu changes de vie... Il ne faut plus jamais que ça arrive... Tu ne dois plus te mettre dans de telles situations"

Ce n'était pas une étreinte d'amour, ni une intonation de tendresse,... C'était plutôt de la colère et de la douleur... Je me détache de lui... et avec un regard profondément triste, je lui dis: "et tu penses que le mariage va me protéger de tout ça...Une fois mariée à toi, je ne souffrirais plus?" J'étais tout aussi en colère que lui et en rien tendre.
Il ne dit rien... puis il respire et dit "Ben oui...", comme si c'était un engagement de sa part.

"Non, je ne veux pas que ce soit le mariage qui me protège, je veux que ce soit toi... avec ou sans ce putain de mariage avec lequel tu m'agresses."
"Pourquoi tu le prends comme ça? ... c'est ce que je voulais dire..."
"Non, ce n'est pas ce que tu voulais dire... J'ai la sensation que le mariage te permettra de m'attacher à toi, me sceller à vie... Il n'y a que toi, ta personne, ton amour qui peut le faire... pas un vulgaire papier ou contrat ou une signature... Je ne le ferais que quand, j'aurais la certitude que rien ne va changer, après, entre nous..."

Il me regarde... Je reprends:

"Je ne suis pas de ces filles pour lesquelles le mariage est une fin en soi. Pour moi, c'est le début de la fin... quand je deviens un article du mobilier qui fait l'aménagement de ta vie, parce que tous les matins, tu te lèves près de moi, avec nos haleines matinales qu'on finit par ne plus sentir parce qu'on est "mariés", te réveiller près de moi n'est plus un enchantement, une excitation, une joie... c'est juste le quotidien... et ta flamme va s'éteindre à l'image de cette exemple... elle sera éreintée par la routine et je ne refuse complètement, je ne veux pas me faner comme une rose à tes yeux."

"Où as-tu trouvé ce raisonnement de merde? Je pense que tu as des exemples chaotiques devant toi...c'est pour ça que pour toi, le mariage a perdu toute sa valeur sacrée...sa beauté...son charme."

"C'est avec des cas foireux que j'ai grandit... que veux-tu? Tu ne peux pas me convaincre du contraire, je ne me veux pas me sentir comme une vulgaire table basse entreposée chez toi...à laquelle tu parles à peine et à laquelle tu finis par ne même plus penser, puisque tu sais qu'elle sera là quand tu rentreras"

"Piètre idée ma belle, je n'aurais jamais pensé que tu réfléchissais aussi matériellement... haleine du matin, table basse... très imagé tout ça! (sourire ironique...) Tu veux voir un couple heureux?"

"Non"


"Si..."


"J'ai froid!"


"On va entrer, j'éteins juste le feu".

J'ai entendu "on va rentrer".

Je  me suis relevée et j'ai épousseté mes vêtements, prête à rentrer chez moi et à ne plus entendre parler de lui et du mariage.

Il appelle quelqu'un, probablement un jeune homme de main ou un fermier... pour qu'il s'occupe d'éteindre le feu et de ranger. L'homme l'appelle "Si Mohamed Ali".

"Si Mohamed Ali", empoigne son téléphone et "Allo, oui... vous êtes à la maison?... Y a un truc à manger au dîner? ... Bon j'arrive."


"Mimi, on entre..."


"Où?"


"Diner avec mes parents?!"


"Quoi? tu es fou?"


Il commence à marcher et je le suis en essayant de le dissuader, jusqu'à ce qu'il pousse une porte. Une arrière porte, de cuisine ou de service.






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Jour 75



En réalité, D et moi, nous ne nous sommes pas vus depuis cinq jours.
J'ai mal réagit à la demande, j'ai juste pas su quoi répondre.
ça fait maintenant près de 6 mois que nous nous sommes "posés". Je me retrouve dans ce calme, je me sens sereine et calme, mais en faire toute ma vie?
Je suis une fille passionnée, j'ai besoin d'émotions pour créer.
Etre en couple, ce n'est pas vraiment vivre une passion. C'est vivre tout simplement. L'amour est tellement au rendez vous, qu'on en oublie de ce le dire. Il est tellement là qu'on en oublie sa simple existence.
La séduction n'est plus un jeu, elle s'efface...s'estompe et laisse place à la pantouflerie.
"Chérie? On sort dîner? et on rentre se coucher?"
"Oui, mais on tarde pas mon coeur, je travaille tôt le matin."
Mademoiselle, ne s'habille plus aussi sexy et n'essaie pas de couper le souffle à monsieur, comme il dort tous les soirs près d'elle, l'engouement est moindre, le désir est atténué et le sexe est en procrastination totale. Tout cela est bien trop calme pour moi.
J'ai paniqué... Je l'aime à m'en couper les veines... Je le désire à en faire 40 de fièvre... Je ne veux me faire belle que pour lui. Je veux toujours avoir ce regard entre l'amoureux et le lubrique, quand je suis invitée à passer un moment avec mon homme et chaque fois que l'occasion se présente et non reporter pour cause de pyjama en pilou et grosse chaussettes tue l'amour au lit... Je ne veux pas que ma passion pour D. sois bouffée par la routine.

Quand il m'a rappelée, après que j'ai trouvé la boîte, je n'ai pas répondu. Une fois, deux fois... et même cinq fois.

Il m'a envoyé des sms, et j'ai fini par répondre tard dans la nuit: "j'ai reçu la boite, laisse moi digérer ton petit mot".
Il m'a juste répondu: "tant que t'es en vie, take your time".

J'ai passé mon week end à la salle de sport, à réfléchir sur le tapis de course. Réfléchir à quoi?
Si je préfère ce calme aux tumultes et tempêtes qui ont précédé... et finalement, je préfère la tempête, car le calme m'ennuie et me fais perdre mes moyens et mes quelques acquis.

Je n'ai pas un seul ami à qui je pourrais en parler, voilà des mois et des mois que je ne suis pas sortie et que je n'ai vu personne, sauf quand c'était nécessaire.

Il me manque comme pas possible. Je l'appelle, il me répond:
"Oui, bébé..."
"Oui, salut, je cherche un ami pour la soirée... tu veux bien?"
"Heu... oui, qu'est ce que tu veux faire?"
"Aller au ciné, y a la source des femmes... et puis, dîner et parler à un ami"
"Tu t'occupes de tout?"
"Je veux bien..."
"Alors tu me communiqueras l'horaire de la séance et on se retrouve au ciné".
"Ok"
(silence)
"Je t'aime ma puce, ... Je t'adore"
Je raccroche...
Je l'aime aussi... Je l'adore.

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Jour 74

D. ... moi et la vie de couple...

Durant ces longs dimanches, ... ces longues soirées casanières... nous vivons ce derrière quoi nous passons nos vies à courir, l'amour.

Histoires Tunisiennes, où la vie d'une fille tunisienne éduquée, diplômée, émancipée, libérée, employée et autosuffisante... qui ne trouve pas d'homme pour faire sa vie.
Une vraie crise sociale... l'engrenage est coincé... On ne trouve plus de terrain de compatibilité... Homme d'aujourd'hui VS Femme d'aujourd'hui.
Ces femmes qui rêvent de l'homme idéal qui pourtant, une fois capturé lui trouverait des défauts... Que veulent-elles? Que cherchons-nous, les filles?

Je rentre dans une phase d'investigation pour comprendre ce mécanisme qui nous pousse dans cette quête du mariage et qu'une fois à la portée de la question "Veux-tu être ma femme?"... On se sent presque agressée et on hurle "Il veut me mettre dans une cage, je m'ennuie déjà... elle a beau être dorée... j'adore être en cavale et en perpétuelle quête..."

Comment s'est passé "The Moment"?
Hyperactive que je suis... Je ne dors presque jamais de ma propre volonté. Je ne suis pas de ces personnes qui "font la sieste". Mais je suis extrêmement fatiguée en ce moment, et dimanche dernier, suite à mes habituelles crises d'angoisses du dimanche en fin d'aprem, en larmes, après une putain de dispute avec D au sujet de la rencontre officielle avec mes parents et amis (Monsieur voudrait voir son existence reconnue), je me suis écroulée sur mon lit, car je n'aurais pas pu passer le reste de la journée assise auprès de celui qui veut forcer mes convictions et mes efforts. Le temps que mes joues ne sèchent, j'étais déjà endormie...
Il faisait encore jour quand je me suis endormie, mais ayant pleuré j'avais un mal de crâne terrible qui a brisé mon sommeil. C'était la pénombre dans la chambre, il faisait presque totalement noir et il n'y avait pas un seul bruit dans l'appart'. J'ai eu du mal, les yeux à peine ouverts, à comprendre ce que je faisais endormie à cette heure ci. Pendant mon effort de mémoire, j'avais aperçu un truc noir devant les yeux sur lequel j'avais un doute. Soit il y avait un truc posé devant ma gueule ou alors mes yeux ont du mal à s'accommoder à la faible luminosité de la pièce.
Ma tête pèse une tonne... Je la relève difficilement et je tends le bras au max pour atteindre l'interrupteur sur le mur... J'ai une mobilité très restreinte dans le noir parce que j'ai une phobie de toucher, marcher ou approcher l'inconnu. Comme ce cafard ( presque mort) sur lequel j'ai mis le pied un été en allant faire pipi la nuit dans le noir... #Memories

J'allume la lumière, c'est une boite... pas un coffret, une boite noire en bois à première vue, un truc un peu vintage... comme je les aime tant... elle était juste magnifique.

A aucun moment, je n'ai pensé que D. aurait pu la mettre là. Elle ressemblait à la boite que j'ai eue de ma grand mère, après son décès... Je pensais qu'elle m'avait rendu visite dans mon sommeil.

Je l'ai prise dans mes mains elle sentait le vieux... je l'ai ouverte et il y avait un petit papier dedans... J'avais le coeur qui battait à 100 à l'heure et j'étais encore trop dans le cirage pour essayer de comprendre ce qu'il se passait.

Il y avait d'écrit "La boite est vide parce que tu ne me donnes pas l'occasion de demander à ton père, la main qui portera la bague que tu aurais du trouver ici".

C'est une demande? ou un prémice de demande?... Ou peut être un "Trop tard, tant pis"?

Au lieu de sauter au plafond, comme l'équipe gagnante de Fort Boyard au moment où ils entendent les pièces tomber de la bouche de la sculpture tête de tigre, tournée par Félindra, tête de tigre (c'est indissociable). J'avais atteins mon but? Mon rêve? Le mariage?

Je me sens bcp trop "normal" pour une personne qui aurait tiré le gros lot.
Pourtant je l'aime ...

Les filles je vais avoir besoin de vous... Je vais me poser une série de questions avant de pouvoir répondre à sa requête je crois.




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Jour 73


Après la lettre incendiaire de Samuel,  j'ai voulu être Miimii, la placer immédiatement dans la corbeille sans même vérifier que j'avais tout lu ou tout assimiler. Pour vérifier, au moins, si cette lettre m'était bien adressée... J'ai eu la tentation dévorante, de faire en sorte qu'elle n'ait jamais été sur mon écran.
Mais, ..., je ne l'ai pas fait, je l'ai relue et j'ai même noté les mots durs sur mon carnet d'introspection.
Oui, j'ai une pile de journaux intimes et carnets en tous genres, depuis que je sais écrire et bien avant que Blogger existe... Avec l'âge, j'aime encore manier le stylo dans certains cas... quand je me critique, quand je veux être dure avec moi même, quand je veux schématiser une situation ou alors reprendre des mots avec mon écriture.
Je garde des SMS, des petits mots passés en classe... d'un de mes amoureux que j'ai réécris dans des tonnes de carnets de ma main sur des petits post it jaunes... :) (Si vous me le demandez, je posterais une photo de ces sms :p ).
Et puis avec l'âge aussi, je n'ose plus appeler ça journal intime, je préfère carnet d'introspection. Avec ce mot de plus de trois syllabes à la fin, ça a l'air sérieux!
Revenons en aux faits, j'ai réécris les mots les plus durs et j'ai posé un engagement sur le papier pour me promettre à moi même de m'y investir et d'y réfléchir.

Mais pas ce soir...ce soir, avec D., nous sortons dîner avec un couple d'amis.  En parlant de couple, depuis que nous en sommes un, nous avons de la chance. Il nous arrive de bonnes choses. Je sais pas si c'est lui qui me porte chance ou quoi? Mais, même avec les quelques coups durs que je viens d'accuser, je ne suis pas malheureuse.

Notre vie est pépère, comme n'importe quel jeune couple qui se bat dans sa vie professionnelle, essaie d garder un semblant de vie sociale et souhaite trouver le calme le soir en rentrant chez lui. Chacun habite chez soi... nous nous téléphonons le soir, avant de dormir et juste après, on s'envoie des sms comme des ados. C'est mignon.

Son influence sur moi est plutôt bonne, dans le sens qu'il m'a appris la confiance en l'autre. Chose dont j'étais totalement dépourvue. Même avec mes propres frères, j'avais du mal. Avec lui et par la force, il m'a montré que je n'avais d'autre choix que de m'ouvrir si je ne voulais pas mourir seule bouffée par ma chienne. Lâcher du leste quand on est deux paraît tellement plus simple. Surtout quand l'autre te dit, lâche je m'en occupe. Je pense qu'il me raconte des bobards et qu'il ne s'occupe de rien, mais me donne juste l'impression qu'il gère pour pas que je panique en voyant que la vie n'a pas besoin de mon contrôle pour continuer à s'écouler. C'est ce qui s'appelle l'atterrissage en douceur...

Le côtoyer m'a permis de prendre des résolutions, des valeurs depuis longtemps perdues,  la famille, les "vrais" amis et le plaisir, le vrai quelque soit l'activité.

Je passe plus de temps avec mes parents, mes frères, ma soeur. Je me suis inscrite dans la même salle de sport que mes frères et je vais chez la même esthéticienne que ma soeur. Dans les deux cas, on fait en sorte de faire concorder le planning de la fréquentation de ces deux endroits. Tous un peu réticents au début, face à ce changement inexpliqué et cette attitude inhabituelle. Leur soeur est un peu bipolaire sur les bords (pas pathologiquement mais presque) cette joie et cette euphorie peuvent basculer à tout moment...mais voilà que depuis quelques mois, c'est au beau fixe, elle l'air bien. Avec le temps, on s'y est tous habitués.  Avec mes frères, on s'échange nos ipods à la salle de muscu, on se garde des vélos au cours de RPM, les uns à côté des autres, et on finit à se raconter nos petits secrets devant des salades ou des sushis (@PastaCosy, @Sakura). Les premiers secrets échangés concernaient notre vécu commun: enfance et souvenirs de famille, et ça s'étendait au fur et à mesure des rendez vous. On ne parle pas encore de nos amours, même si cette barrière de pudeur commence sévèrement à s'user. Je nous donne encore quelques semaines et je pourrais leur parler de D.
Mon plus jeune frère se remet à peine de sa rupture avec Amira, il se tue au boulot et au sport, et passe ses soirées devant une fenêtre "Tueurs en série" (le livre) entre les mains ou alors à la Closerie.

Le plus grand, toujours aussi calme et serein, ne s'inquiète même pas des guerres dans le monde, rien ne transparaît sur son magnifique visage. L'homme de mes rêves, celui que j'imaginais quand j'étais petite était un étrange mélange de mon père et de mon grand frère... c'est une sorte de complexe d'Electre modernisé.

Ma soeur quant à elle, en plein dans sa période High School, profite pleinement d'une adolescence qui tarde à passer. J'adore l'écouter raconter pendant des heures les futilités de sa vie d'ado. Je suis contente de voir qu'elle n'a pas de rancoeur vis à vis de nos parents, pas de complexes physiques... elle n'est pas moi à son âge.

Avec tout ce qui se passe au pays, on se demande si, perturbés et effrayés par rapport à notre futur incertain... il ne faut pas s'investir dans un militantisme sain, s'engager à respecter autrui (le problème n'est pas là, pour moi) et surtout FORCER les autres à nous respecter, et après cette guerre des nerfs, retourner se ressourcer dans ce qu'il y a de plus doux...
Nous, tunisiens, voulons retrouver des valeurs (chacun des valeurs différentes, mais des valeurs qd mm), nous avons été dénaturés, nous sommes perdus, nous n'avons pas assez de recul, nous sommes fatigués...

Bref, tout ça pour vous dire que dans cette transition, je trouve ma place. Je me sens bien.


La date d'aujourd'hui 1-11-11 est très feng shui, profitez en pour être ZEN :)
                                                                                                                                       To be continued... 

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Jour 72

Je racontais que Samuel m'avait envoyé un mot. Il a pris le temps de s'asseoir devant son ordinateur pour me dire les mots que je ne lui avais pas permis de dire.
J'ai décidé de la publier, j'espère qu'il me pardonnera... ou pas, je m'en fous:
Myriam, 
Tu ne m'as pas donné l'occasion de m'exprimer autrement. Tu t'es refermée comme une moule et tu te comportes comme si rien de tout ce qui se bouscule dans ma tête n'était jamais arrivé. Tout cela témoigne de ta force de caractère...  :)) 


Bon petite, ..., je vais être franc et te dire ce que j'ai toujours eu envie de te dire.
J'ai commencé mon courriel par les quelques mots que tu as l'habitude de recevoir de la part de ta petite bande d'admirateurs, les jeunes écervelés et incultes qui n'ont qu'une envie c'est de t’attraper et je vais rester poli.
Et j'ajoute un smiley pour te montrer à quel point, je trouve ces propos ridicules et à quel point l'objet de mon mail n'est pas du tout dans le sens que tu attends.
Petite fille gâtée pourrie, tu as joué avec le feu et tu t'es brûlée. Tu n'es pas rebelle, tu es tellement gâtée que tu veux te faire passer pour une victime de la vie, qui contrôle tout.
Je pense que plutôt que de payer des psys pour qu'ils t'écoutent raconter ta "misérable" vie et à quel point tu t'envoies en l'air, parce que t'as pas le courage de te foutre en l'air, tu devrais passer des tests psychiatriques pour voir à quel point tu es perturbée, atteinte... A mon sens, tu as tout ce que tu veux et tu fais ce que tu veux au point d'en être devenue malade d'égocentrisme... tu es une jeune manipulatrice et qui s'autodétruit pour s'amuser. Tu es pleine de contradiction, comme ma dernière phrase. 
Quand je t'ai revue à Paris, j'ai pensé honnêtement que tu étais mal dans tes pompes, mal dans ta vie... et j'ai voulu m'occuper de la fille de mon ami, qui avait eu récemment un accident cérébral.
Mais la fille mon ami est aguicheuse, jolie, suggestives et très... gâtée. Mademoiselle se sent désirable, attirante et inaccessible... mais dans tout ça, chaque personne dotée d'un minimum d'intelligence et d'un peu d'expérience aurait vite vu ce  jeu, ce manque d'assurance et cette faille par laquelle on peut facilement t'habiter et te posséder.
Aventurier, amoureux des défis avant de me prétendre amoureux des femmes... n'ayant jamais accumulé que des déceptions d'amitiés et des déceptions de la part de ton père (ceci est un autre sujet, je ne veux pas détruire le semblant de confiance en toi que je t'ai redonné, te laissant croire que tu m'as manipulé, en te racontant les manigances de ton père). J'ai sauté sur l'occasion et tu n'attendais que ça. Jouer le grand jeu et la faire "grand seigneur", j'avais bien compris que c'est ce qu'il te fallait, des cadeaux de valeur (pécuniaire, bien entendu), quelques attentions et des regards brûlants. Je suis un homme...
En souhaitant faire des projets, m'étendre à la Tunisie, tu représentais la personne la plus compétente et la plus efficace que j'ai rencontrée sur le terrain. Je t'ai proposé de faire des projets et tu as pensé que c'était un moyen de nous coincer dans une relation au moins professionnelle... La collaboration est tombée à l'eau mais pas le projet, tu m'as permis de nouer des contacts et nous avons bien avancé sur les travaux sans toi. Tu seras étonnée de savoir QUI t'a remplacée. Je t'enverrais l'adresse du bureau quand il sera prêt, tu comprendras ce qu'il y a comprendre.
Oui, je sais... tu es blasée et suffisamment déçue par les amis. En apparence, ça ne te fera rien... et peut être même intérieurement, non plus... mais tu te consoleras quand tu iras chercher la paix à Paris ou au Maroc, dans un luxueux Spa, entourée de gens de passage... 
Ma chère Myriam, sur ce, je clos mon message et ma réflexion, je te souhaite bon vent... et bonne continuation... Oublie tout ce qui s'est passé et oublie ta présumée gloire... Tu es une fille triste et torturée pour une raison dont les autres rêvent... tout avoir. Dans "tout", je parle du physique et du matériel. Ce dont tu es totalement dépourvue et ce pour quoi tu devrais tout abandonner est le spirituel car c'est la vraie sagesse et la vraie richesse. Ceci est le conseil d'un vieux singe à qui tu as pensé apprendre à faire la grimace !


Mes salutations à tes parents... et si ça te dit, tu peux tout leur raconter pour pleurer un coup et partir en vacances. Tu es majeure et puérile et ton père n'est plus mon ami. 
Samuel C.
Voilà...
To be continued...

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Jour 71



Accompagner la lecture d'un morceau de musique

L’été a été formellement différent cette année. Pas de soirée folle, pas de week ends qui commencent le jeudi et se terminent lundi à 11h. J’ai passé l’été au calme.
D. et moi sommes officiellement ensemble. Je l’ai annoncé, mais ne me suis pas exprimée sur le sujet. Tétanisée par l’engagement, j’ai eu besoin qu’il témoigne son attachement à ma personne  à maintes et maintes reprises et de la complémentarité de sa personnalité avec la mienne. Il m’apporte le calme et la confiance nécessaire pour que je n’ai plus envie de me surpasser tout le temps.
Par rapport à mes projets professionnels, Samuel ne s’est pas manifesté pendant quelques jours, mais les obligations du projet en cours l’ont contraint à prendre contact avec moi. Entretemps, D. m’avait convaincue d’en parler avec mes parents et d’être conseillée pour le recours dans une situation de mésentente entre deux associés. Heureusement, tout le travail effectué jusque là, n’impliquait qu’une faible part financière de ma part, j’ai plutôt contribué par des contacts et des efforts physiques de prospections et commerciaux. C’est tout bénef’ pour ma formation. Je n’ai rien perdu.
Mon père l’a plutôt bien pris et m’a quand même fait un peu la morale au sujet de mes prises de décisions sans consultation, il met ça sur le compte de l’immaturité et d’une rébellion qui n’en finit pas.  Mais il me voyait tellement sereine pendant la discussion qu’il m’a conseillée comme un père l’aurait fait avec sa fille, et de ce fait, j’ai décidé de continuer à travailler dans la boîte où je suis employée, jusqu’à mettre sur pied un petit projet qui me tient à cœur, dès que la situation au pays sera plus stable.
Ma mère, en vraie lionne, a bien fait comprendre à Samuel qu’elle était au courant d’une infime partie de l’histoire, mais que ça ne l’empêchait pas d’être en colère après lui. D’ailleurs, cet été, lui qui jusqu’alors été revenu au rang des amis proches de la famille, n’a pas montré le bout de son petit nez.
Les affaires ont été vite réglées et j’ai gardé quelques vestiges du projet commun qui pourront sûrement me servir plus tard.
Mais j’ai reçu un message de Sam que je publierais ultérieurement. Une lettre qui explique sa vision et qui attend en réponse la mienne. Au point où j’en suis, je ne pense pas que j’aurais l’envie ou juste l’intérêt de répondre. M’ayant tout de même touchée, ce message finira dans ma prochaine boîte à brûler.
Dans notre jeu (dangereux) de séduction, D. et moi étions comme des jeunes félins indomptables, aujourd’hui nous sommes en train de roucouler... s’en est presque écœurant... : D
Notre relation s’est trouvée en place à l’instant même où nous avons bien voulu la reconnaître officiellement. Je l’aime et je le lui ai dis, je le sens à chacun de mes battements de cœur. Je ne savais pas qu’il était si bon d’avancer et de construire à deux.
Beaucoup de gens de mon (ex)-entourage pensent que je n’habite plus Tunis. La rumeur circule d’ailleurs ayant complètement disparu de la vie « Tunis by night ». J’ai arrêté de sortir depuis belle lurette. Quand je parle de « sortie », c’est celle où on devient des habitués... Je me rappelle encore de cette période tellement Speed, qu’aujourd’hui, je me demande comment j’ai pu tenir. Je bossais toute la journée jusqu’aux alentours de 19h, je me changeais et courais à la salle de sport ( à l’époque j’étais encore à California Gym, au Lac, l’antre de la drague After work, l’usine à Gossip à deux balles, le meilleur repère à Cougar et enfin le Speed Dating- entre 20 min sur le tapis de course et le début du cours d’RPM -pour se trouver un plan Q facile. ) Je restais à la salle de sport jusqu’à la fermeture où aux alentours de 21h30, je sirotais un jus d’orange frais en attendant de « refroidir ». J’étais plutôt le genre actif mais silencieux. Je ne parlais à personne sauf aux personnes que je connaissais dans la vraie vie.
Je file chez moi prendre une douche et m’habiller Glam Rock (c’était mon style de l’époque) pour filer à la soirée du Mardi et du Jeudi,  parfois le Vendredi (si on n’est pas à la soirée Rock du Boeuffy) et toutes les autres d’ailleurs à La Closerie.  Oui, je sais j’ai rien avalé... depuis la salade de midi à la Terrass’. Mais j’étais bien trop occupée pour ressentir la faim. Je suivais généralement mes « amis » qui ne s’ennuyait jamais de ces endroits là et qui avait toujours un plan « B » au cas où, l’ambiance n’était pas assez « lounge », le DJ n’était pas à notre goût ou encore si on ne se sentait pas « entre nous » (connaître tous les gens qui nous entourent- même classe sociale).
En général, la semaine, j’étais chez moi aux alentours de 1 heure du mat’ et le week end on rentrait le lendemain après les afters chez l’un ou chez l’autre. Cette vie à bien du durer un an. Heureusement que je ne suis pas une buveuse parce qu’aujourd’hui je  serais une épave toujours en Jet Lag par rapport à sa vie.
Ce sont tous ces gens qui faisait mes jours... ou plutôt mes nuits (les « amis ») qui ne me voyant plus... se demandent si je n’ai pas emménagé dans un autre pays.
En parlant d’amis, je n’en n’ai plus tant que ça depuis que je n’entretiens pas les relations. J’ai bien ma meilleure amie (Yasmine) qui a toujours été là. Mais elle n’est pas très active et pas très présente sur ce blog, car la période où j’ai pété ce plomb, elle ne cautionnait pas tellement et elle a donc préféré prendre ses distances. Elle est littéralement différente de moi, conventionnelle, pieuse, casanière, confiante en la vie, travailleuse et ambitieuse, oui... mais pas en colère comme je l’étais, elle est la fille de sa maman et adore passer du temps en famille. Elle n’a jamais goûté une goutte d’alcool et n’est jamais en retard à ses rendez vous de prière. Elle n’a jamais foutu les pieds dans une boîte de nuit et les jeux de séductions (malsains) ne la tentent pas du tout. Bref, voilà 10 ans que chacune mets de l’eau dans le vin de l’autre... et chacune sers de garde-fou à l’autre pour qu’elle n’aille pas vers l’extrême.
Rania était notre 3ème,  sa grossesse nous a un petit peu éparpillée. Yasmine n’a pas pu accepter que son amie fasse le choix de garder, un enfant conçu fel 7ram (dans le pêché) pour en faire une victime. Elle a pris ses distances vis-à-vis de Rania et moi, car nous habitions ensemble. Rania ne supporte pas la critique et n’a pas pu tolérer les regards réprobateurs de Yasmine. On ne se réunissait plus à trois. Je faisais des deux à deux et ça devenait pénible pour moi, qui me sentais écartelée entre les deux. La vie à voulu que Yasmine prenne ses distances voyant comment je me foutais complètement en l’air... Je l’appelais de temps en temps, pour passer chez ses parents... pleurer un coup, elle ne me jetait jamais. Je ne parlais pas d’elle car je pensais que si elle lisait le blog, elle ne l’apprécierait pas. Aujourd’hui, nous nous sommes de nouveau aussi proches que nous l’avons toujours été, je me permets de lui rendre hommage.
Rania a eu son bébé, c’est un petit garçon qu’elle a appelé « Selim », qu’elle élève avec le meilleur ami du défunt (le père du bébé, dont Rania était la maîtresse, est décédé d’une crise cardiaque...). On est en contact par FB, par BBM. Je reçois quotidiennement des photos et je suis heureuse qu’elle fasse de nouveau partie de ma vie même à distance. Elle va venir en Décembre pour se marier avec son compagnon, à la grande joie de sa maman et repartir vivre en France sans cacher leur histoire un peu particulière.

Les autres « amis », ceux de la nuit... On se croise de temps en temps dans les soirées et j’ai le droit à leurs regards qui disent « lâcheuse ». Je les ai lâchés parce que je n’ai plus peur de rester seule, parce que j’ai sommeil à partir de 22h et je n’ai plus aucun mal à dormir, je n’ai plus besoin de plaire à tout prix, ni de séduire pour me faire valoir à mes yeux, je n’ai plus besoin d’être exposée à de la musique pour ne pas m’entendre penser... Je vais bien.

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Jour 70




Suite du jour 67
Il m’attrape la main, me tire en dehors de la cuisine « je vais tout mettre dans la machine, va te doucher. Et lave- toi les cheveux... »
Je le regarde comme une abrutie : « Pourquoi, ils sont sales ? »
« Non, mais ça te donnera le temps de réfléchir à ce que tu vas me dire... »
Il me fout une pression monumentale... Je titube jusqu’à  ma salle de bain, et j’ai le cœur qui bat. Il n’a pas l’air en colère, il l’air serein mais déterminé. Il a ce regard assassin de « Je n’ai pas envie de jouer maintenant... »
Je suis allée dans la salle de bain, me laver mais j’ai passé tout le temps à me demander ce à quoi j’allais réfléchir, j’étais bien, mais complètement blasée et confiante à la fois. Je me disais très exactement « Je vais tout lui dire et advienne ce que pourra... »
Je sors de ma douche, et j’enfile un short et un tee shirt. Il est clairement révolu le temps où j’aurais enfilé une petite robe sexy ou un short demi fesses pour donner plus de « volume » à mes arguments. J’avais envie de lui... Mais pas du tout au sens sexuel de la question, mais surtout qu’il soit là, que je me blottisse dans ses bras qu’il m’apprenne la vie, comme il la vit, lui qui a l’air de trouver que c’est un jeu d’enfants.
Je sors de ma chambre, les cheveux roulés dans une serviette, la cuisine était aussi nickel que si je l’avais rangée moi-même. En préparant un plateau avec un broc de citronnade, je me suis aperçue qu’il savait exactement où il fallait ranger chaque chose. Le constat est probant, il est observateur, il sait beaucoup de choses de moi et de ma vie. J’avais le sourire au coin des lèvres, j’en aurais presque dis « je t’aime ».
Il est assis dans le canapé, il regarde « Discovery Channel », c’est quand même pantouflard, non ?
Je passe derrière lui et je passe ma main dans ses cheveux. J’aime ses cheveux, ils sont doux, fins et rebelles à la foi... Ils expriment totalement sa personnalité.
Je pose le plateau sur la table basse, et comme quand on chasse le naturel, il ... (je vous laisse finir) en me baissant, j’ai quand même pensé qu’il allait, ne serait-ce que, mater mon cul, alors pour une bonne mise en matière, et gagner un tant soit peu l’indulgence du juge, j’ai pris mon temps pour me relever.
Je m’assois près de lui et je lui dis « Tu regardes quoi ? »
Il éteint la télé et me dis : « Rien, je vais t’écouter parler, petit monstre, viens on se met dehors, il fait bon. »
Il prend le plateau et quelques bougies et on se met sur la terrasse, je le laisse allumer les bougies, il branche son iphone à la station et mets sa playlist des moments importants. Oui, mon mec a un style de musique pour chaque chose qu’il fait... c’est ridicule, je sais... J’ai dis mon mec ?... c’est ce que je viens de dire ?
Il crée une petite ambiance sympathique, je me suis étendue sur la banquette, il s’est assis sur celle d’à côté. Comme si le pire était déjà passé, je pose mes pieds sur sa cuisse. Je sais qu’il a un faible pour les pieds, il ne peut pas s’empêcher de les toucher, mais à cet instant, je sens qu’il se retient de me toucher.
« Alors ? Tu me racontes ce dîner et ta réaction à posteriori ? Et ne me dis pas que c’était une nuit d’adieu ... plutôt que de me le dire comme ça, dis moi juste que je dois partir... Je ne pourrais pas t’entendre dire qu’il a mis la main sur toi...et je ne veux pas t’entendre essayer de te débattre avec ça... »
Sur un ton calme et monocorde, de la personne réaliste et factuelle... que je suis devenue et que je ne reconnais pas.
« Mais t’es dingue, je n’y suis pas allée pour ça... »
Il me coupe la parole,
« Mais je sais que tu adores la théâtralisation et les scènes dramatiques... Tu vis ta vie comme dans un film... »
Je baisse la tête et je ne dis rien... J’ai ce sourire en coin et une attitude assurée...
« Je sais, je me trouve pathétique des fois... Mais cette fois ci, je n’étais pas dans cette optique là. Je suis allée pour régler une situation et même si je te l’avoue, j’ai failli partir dans mon délire théâtral parce qu’il a su appuyer, comme à son habitude sur les bons boutons... Je me suis rappelée à maintes reprises la raison de ma présence, et je n’ai pas flanché... »
« mmh, (il tortillait des lèvres pour témoigner de son désaccord et de son malaise face à cette situation est aux mots/maux qui allaient suivre...) et dans le détail, ça donne quoi ? »
J’ai vu qu’il était crispé, qu’il n’a même pas essayé d’effleurer mon pied... et qu’il n’en avait même pas envie, alors je l’ai retiré. Il l’a rattrapé au vol, il a compris que j’étais blessée par son indifférence... Il la reposé sur sa cuisse et il m’a regardé droit dans les yeux, comme s’il attendait que je commence à parler.
« En fait, pour faire court, la dernière fois que je suis rentrée de Paris, j’ai retrouvé dans mes bagages un week end pour deux au Château de Courcelles. Il disait dans sa lettre que si je voulais, je pouvais y aller toute seule. Bref, je l’ai jeté au fond d’un placard, comme d’habitude  pour fuir et oublier... Quand je lui ai dis au court du dîner qu’il valait mieux qu’on en reste là après s’être raconté toutes nos misères d’amour, il m’a dit OK mais tu pars avec moi pour un week end d’adieu... »
Je marque un temps d’arrêt volontaire pour jubiler gentiment de la panique dans laquelle il se retrouve. Il doit en cramer des neurones en pensant que je suis là en train de lui demander de se revoir après le week end,  lui qui a l’air de connaître si bien ma vie... doit se dire que mes dents acérés et mon ambition, ne m’autoriseront jamais à contrecarrer mes projets d’avenir pour un plan d’un week end d’adieu.
Il me regarde droit dans les yeux il a la mâchoire serrée... je ne pouvais qu’arrêter son supplice.
« Quand j’ai dit que je verrais, il a insisté et quand j’ai refusé, il a menacé d’arrêter le projet... »
A mon tour de baisser les yeux, et d’imposer un lourd silence...
Il sait maintenant qu’il n’est pas question que je parte de mon plein gré, et il se demande alors, si je vais demander à y aller sous la menace.
« Tu ne peux pas accepter... » Qu’il balbutie...
« Non, je ne pars pas, bien sûr... mais... »
« Il t’a menacé d’arrêter ? »
« Oui, il a dit que ce projet avait plus d’importance pour moi que pour lui et que si je refusais ça le branchait pas de continuer. »
« Mais quel con ! ... Toi aussi... Tu te mets toujours dans des plans à deux balles Mimi... »
Celle là, je ne l’ai pas appréciée... et ça se voyait à mon regard.
« Merci beaucoup... »
Il se reprend tout de suite ...
« Je suis désolée ma chérie (et il m’attrape le pied) mais franchement, comment t’as fait pour tomber sur un connard pareil ? »
Je ne dis rien, j’hoche la tête pour que j’adhère complètement et que je n’essaie pas de fuir une réalité. Je m’étonne d’une minute à l’autre de ma sagesse et quant à lui, je le trouve très calme et très disposé à tout entendre, je me demande presque pourquoi il fait ça.
« Et depuis ? »
« Je ne sais pas, je suis coupée du monde pour ne pas avoir de ses nouvelles... Téléphone et internet, je ne veux rien savoir ?! »
« Et ta mère tu lui as dit ? »
« Quoi ? »
« Je ne sais pas, je me suis dis que tu te sentais mal, tu as du l’appeler à la rescousse... »
« Tu crois ça (j’éclate de rire) j’aurais peut être fait ça si je me sentais proche de la mort... et encore. Elle est passée me brancher un téléphone fixe, parce qu’elle était inquiète de ne pas pouvoir me joindre depuis hier. »
« Elle est toute gentille et toi sa fille tu la décris comme ... »
« Je ne la décris pas... Je n’en parle jamais... c’est différent. »
« Oui, tu en parles avec de la réserve comme si c’était une mauvaise mère... »
« On s’écarte légèrement du sujet... »
« Je suis content de l’avoir rencontrée, ça m’a rassuré ! »
« De savoir d’où je viens ? »
« Pas d’où tu viens, mais de savoir qui t’as élevée c’était important de mettre un visage sur un de tes proches. Passons... bon... qu’est ce qu’on fait ? »
« Maman m’a dit de m’en foutre, si j’avais un souci avec lui, je prends du recul et je prends une décision même incisive, j’aurais fait un mauvais choix mais j’aurais appris pas mal de choses... et ce n’est pas plus mal... elle a raison. »
« Tu vois ce que je veux dire par t’élever ?... Quelles idées elle a incrustées dans ta tête et quelle ligne de vie elle t’a donnée... Elle a parfaitement raison. Maintenant, le temps d’un week end, n’y pensons plus. Tu continueras de consulter tes mails pros, histoires de continuer  bosser convenablement qu’on n’ait rien à te reprocher, quant à lui s’il se manifeste, je suis là on avisera... Tu veux qu’on parte à Hammamet ? »
Il a complètement changé d’attitude, je sentais qu’il avait décidé, désormais nous serions deux... Il avait mes deux pieds au creux de ses mains, comme si lui, tout entier, était la continuité de mon corps, nous ne faisions qu’un.
« Ma chérie, je ne veux pas que tu sois blessée ou déçue... Tu aurais raison de l’être, je sais, mais si je peux faire quelque chose pour que tu te sentes mieux ? Il s’est comporté comme un con, ... est ce que tu te vois, de toutes les façons, continuer avec lui ?... On fera ce que tu veux, mais tant que je suis à tes côtés, je refuse de te trouver dans l’état où je t’ai vue tout à l’heure. Tout est réparable. Si je suis encore là, je pense que c’est parce que je suis intimement convaincu que tu ne mérites pas ce qui t’arrive mais parce que même si tu cherches sans arrêt la merde, tu récoltes toujours beaucoup plus gros que ce que tu as semé. J’essaie juste de te convaincre que tu devrais juste arrêter de faire n’importe quoi, si tu veux arrêter de souffrir...  »
Ces mots m’ont convaincus d’arrêter de vouloir sans arrêt provoquer la vie pour qu’elle soit une salope avec moi... J’ai décidé d’arrêter de chercher la merde et dès que je me la prends en pleine gueule, crier « au loup ! ». Tout le monde sait comment l’histoire d’  « au loup ! » s’est terminée. Moi, je ne voulais plus le quitter...et je ne veux plus mourir...

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Jour 69


Il ne m’est rien arrivé de grave, rien de bien ou rien de mal. J’avais besoin de recul et c’est l’été... l’été en général, je repose mes neurones, je glande au soleil et je profite de la mer. Et vous vous faites quoi l’été ?
La dernière fois que j’ai écris, D. venait de rencontrer la reine mère. Il a fait son numéro de charme et elle était partie les yeux pleins d’étoiles.
Depuis bien de l’eau à coulé sous les ponts. Suite à cette rencontre et aux quelques pourparlers qui ont eu lieu, les jours suivants. Je me suis faite à l’idée, que je pouvais avoir une vraie relation avec un homme comme toutes les filles et pourquoi alors ne pas penser, encore une fois comme toutes les filles, à l’avenir. Alors que l’avenir m’a sans cesses fait penser à courir derrière la gloire, la reconnaissance et combattre les rides et la cellulite, aujourd’hui j’accepte d’y voir, peut être, de l’amour.
J’ai suggéré à D. d’avoir une relation qui soit dans l’ordre des choses. Il commence par m’inviter à dîner, à m’appeler au téléphone et à me séduire à coup de sms... le cheminement logique de toute relation florissante. Tout en occultant le fait qu’il me connaisse très bien et qu’il a, du bien des fois, me ramasser à la cuiller. Et il l’a fait. Je reviendrais sûrement sur quelques évènements, car ils sont restés  gravés dans ma mémoire.
Cet été m’a fait revivre l’été de mes 15 ans. Nous sommes deux excellents comédiens.
Ma mère l’a invité à dîner avec nous un soir à la maison, lors d’un des barbecues du jeudi. Il a été accueilli à bras ouverts par la reine mère, qui l’a présenté à la famille comme un « ami de Myriam qu’elle a rencontré auparavant, entre deux portes ». Ma sœur a reconnu l’acteur et  s’est souvenue l’entrevue furtive à l’aéroport d’Orly. S’apprêtant donc  à me poser la question sur mon malaise ce jour là, et peut être à faire un rapprochement, ..., d’un regard, je lui préconise simplement d’esquiver... et de passer rapidement à autre chose.
Ce soir, il est un agriculteur, bel homme... qui a joué la comédie pour son plaisir, pendant qu’il était étudiant. J’assume pas qu’on en dise que ce n’est qu’un (vulgaire) COMEDIEN. Que ceux qui le sont n’y voient aucune offense, mais je suis bien plus ambitieuse qu’une groupie.
Mon psy m’a préconisé de réapprendre à aimer mon corps et d’arrêter de l’utiliser comme une arme contre moi même. En décrypté, ça fait, no more sex without feelings. Etant dans de bonnes dispositions  et avec les encouragements de mon mec  (parce qu’aujourd’hui, c’est le cas, et j’en suis fière), je décide d’appliquer le traitement et même la posologie.
Nous ne passons à l’acte que lorsque les sentiments sont très forts.  Faire l’amour sera désormais l’expression de l’amour qu’on se porte. Et nous avons décidé de faire fi de l’appel de la chair, qui soit dit en passant, par moment, est obsédant.
Je me sens bien, en confiance, aimée. Il me gâte, m’écoute, me comprends, me conseille, me pardonne. Car je ne suis toujours pas parfaite, mon comportement est encore instable, conséquence d’un sevrage récent de comportements addictifs et très malsains. Parfois, les mauvaises habitudes tardent à être oubliées.
Mais il est là, quoique je fasse. Il m’a aidé à vaincre ma sociophobie, mon agoraphobie et même mon émétophobie. C’est dire, quand je vomis, il me tient les cheveux... Je suis bien, mais il me manque quelque chose...

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Jour 68

Je n'ai pas disparu... Je n'avais juste pas le temps... Et je pense que je reviens lundi... Lundi?... Oui, Lundi...
                                                                     
                                                                       Miimii...

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Jour 67


Accompagner la lecture d'un morceau de musique

Je me suis rendormie une petite demi-heure... quand j’ai été réveillée par une sonnerie. Je me lève enfile un jean que je retrouve au bas de mon lit, et je me dirige titubante vers la porte. Je regarde par l’œil de bœuf, c’est ma mère.

Il me faut quelques secondes pour réaliser qu’elle s’impatiente derrière la porte, après m’être posé une tonne de questions sur les raisons qui font que la reine mère s’est déplacée jusque chez moi. Des raisons qui sont sensées être suffisamment importantes pour la déplacer.

« Maman ? »

« Quoi ? Tu dors encore ? Mais tu sais qu’il est 18 heures ? »

Elle est furieuse, elle entre, me pousse et elle est suivie de Mohamed, son homme à tout faire.

« Où est ta prise de téléphone ? »

Elle me tend une boîte en carton qui contient un appareil téléphonique fixe sans fil.

« Quoi ? »

« Que tu fermes ton téléphone je veux bien, que tu ne veuilles pas qu’on touche à ta vie privée je le respecte, mais j’ai un besoin oppressant de pouvoir savoir à tout moment que mes enfants sont en vie. Alors y a des moments, où je pousse ta porte pour te secouer un coup. »

« Pfff Maman... »

« Mohamed, branche lui ça... »

« Mais il va me niquer toute l’installation, je ne sais même pas où se trouve la prise mère. »

« Ma fille, tu me désoles... un samedi à 18h mal fagotée et endormie et pas polie... De quoi est faite ta vie ? ... Il se débrouillera. »

Elle fait le tour, inspecte la propreté des lieux, ne veut pas trop s’aventurer par peur de croiser quelqu’un chez moi, elle reste tout de même un tantinet respectueuse.

« Ta copine n’est pas revenue de France ?»

Je me suis assise sur le canapé pour regarder Mohamed travailler, je suis de dos par rapport à ma mère.

...Je ne lui réponds pas.

« Myriam, tu veux que les filles viennent faire le ménage plus souvent ?... Il est belle cette photo... elle est de qui ? » En regardant une photo accrochée au mur.

... Je ne lui réponds toujours pas.

Plus détendue, elle se dirige vers moi, « Tu as une lumière agréable dans ton salon la journée, tu en as de la chance, ma chérie. Je peux me faire un café ?... c’est la nouvelle machine à capsules ?... pourquoi tu l’as mets dans le salon ? ... Ce n’est pas joli !... Myriam ? »

Elle s’assoit près de moi, et elle essaie de regarder mon visage, et elle remarque que j’ai les yeux pleins de larmes, prêts à exploser, et le regard perdu dans le vide.

« Qu’est ce qu’il y a ?... Regarde-moi ! » Elle m’attrape violemment le menton et dirige ma tête vers son visage. Toujours aussi dure, elle m’adresse un violent « Qu’est ce que tu as encore ?... mais ce n’est pas croyable cette enfant ?... Ecoute moi bien ma petite fille, je ne vais pas t’abandonner ici alors qu’à chaque fois que je te vois tu dépéris à vue d’œil. Je ne peux pas te laisser sombrer un peu plus chaque jour. Fais ton sac, je t’emmène, et n’essaie pas de dire non, je ne te demande pas ton avis. En avant... Fissa. »

... Je ne dis rien, son agressivité m’a rassurée parce que les mots étaient judicieusement parsemés dans son discours « Bien », « Ma petite fille », « Ne pas t’abandonner », « Je ne peux pas te laisser sombrer », alors mes larmes ont coulé pour me délivrer. Maman est agressive quand elle a de la peine, et je suis comme elle, alors je la comprends.

Je pose ma tête sur son épaule, et mes larmes coulent. Elle est raide, sans aucune émotion, elle me rappelle moi, « Maman, je me sens pas bien...J’ai perdu mes repères. »

« C’est normal, tu n’as pas du tout la vie d’une enfant de ton âge. Tu te crées des problèmes ingérables, bien trop gros pour toi et comme tu es tellement renfermée... On ne peut même pas proposer de t’aider. C’est difficile de vivre à tes côtés... »

Elle appuyait sur le problème... alors j’étais encore plus anéantie et je n’ai pu entre deux sanglots, que dire « A ce point Maman ? »

« Parle-moi Myriam, sinon, je vais te renvoyer chez le médecin. »

J’essaie de me calmer, et de voir, que pacifiquement, elle cherche une solution pour moi, diminue ma peine de moitié. « Plutôt mourir que d’y retourner, n’essaie même pas... »

« Alors dis-moi ce qui te tracasse ? »

« Je ne peux pas Maman, mais pour le projet ça ne va pas comme je voudrais. »

« C’est Samuel ? Il te cause des ennuis ? »

... j’étais obligée de mentir... Par contre, ma culpabilité a doublé et mon assurance m’a quittée. J’étais fautive et je devais me faire passer pour une victime.

« Je ne suis pas sûre d’être sur la bonne voie au travail. »

Elle ne cherche pas à en savoir plus, c’est ce que j’aime chez ma mère, elle est profondément respectueuse de la vie privée de ses enfants. Ou alors, ayant une petite idée sur l’étendue de la folie de chacun, je pense qu’il y a des choses dont elle se doute mais qu’elle préfère ne pas entendre.

« Alors arrête... ne te rends pas malade, on ne réussit pas facilement son propre projet à ton âge, tu as énormément de mérite... Prends ton temps, et même si tu rates le premier coup, ce n’est pas grave... ce n’est peut être qu’une période de doute et elle passera. Par contre, chaque chose que tu es en train de faire t’a permis d’apprendre et de mûrir. Même si tu seras obligée d’en jeter une partie, une partie de tout ce que tu as fait reste indélébile et elle fera à jamais partie de toi. On ne perd jamais tout et chaque chose nous permet de gagner en expérience. Quand tu le vois comme ça... tu vois le verre à moitié plein et ça te permet de redémarrer. »

« Peut être... » Je baisse les yeux.

« Ecoute ma fille, je vois bien que tu ne peux pas tout me dire, mais tout le monde fait des bêtises, il faut les assumer et les réparer... et là ma chérie, je suis navrée de te dire, que tu n’assumes pas ce que tu as fait... et que donc tu es dans l’impossibilité d’avoir le recul nécessaire pour réparer. »

(silence)

Je détourne le regard de honte.

« Tout est réparable Michou, sauf la mort. Il n’y a aucune chose sur Terre qui a suffisamment de valeur ou de conséquences pour te mettre dans cet état. Ta famille est là... Tu n’es rien à craindre et surtout besoin de personne. Tu as besoin de quelque chose ? »

« Non, maman, (je l’embrasse sur la joue et essuie mes larmes avec mon tee shirt), ..., Je me sens mieux. »

« Bon, ..., Tu me fais ce café, et si tu veux ce soir on se fait un programme toutes les deux. »

« Je te fais ce café, mais je vais juste retourner me coucher. Tu pourras m’appeler sur le fixe. »

... Mohamed, sur ce sujet « Madame, j’ai fini... Myriam, tu as besoin d’autre chose ? »

« Stp, Mohamed, tant que Maman prend son café, faut changer un spot dans la salle de bain. Tu sais où ils sont ? »

Il s’exécute, Maman et moi on s’assoit dans la cuisine. Pendant que je fais le café, on sonne à la porte, se sentant chez elle, Maman se dirige vers l’entrée et ouvre la porte.

J’entends la voix de D. qui dit « Bonjour ? »

D. ? C’est D. ... L’état de délabrement physique dans lequel j’étais, était sans retour, j’aurais pu m’essuyer les yeux, me détacher les cheveux, me pincer les joues... J’aurais été toujours aussi sexy que Chubaka. De toutes les façons, je me sentais grillée... Je sentais l’inévitable couille... Maman ou lui, qq1 allait faire une remarque qui allait me mettre au fond du gouffre, pile poil là où Maman venait de me trouver une demi-heure avant.

« Bonjour, je suis la mère de Myriam, entrez je vous en prie. »

« Ah, enchanté de vous rencontrer. Mohamed Ali. »

« Entrez, entrez... je vous appelle ma fille. » Elle le vouvoie.

« Merci. »

Je l’entends parler avec elle, il a l’air à l’aise.

Elle entre dans la cuisine.

« Myriam, il y a Mohamed Ali... »

« Je sais Maman, je sais... »

Elle m’attrape par le bras et s’approche de mon visage pour me parler en langage des signes, comme le malheureux mec, du petit carré de gauche, du journal de 18h30 de Watanya 1.

Elle sous entend : « Qui est ce beau mec ? », « Tu vas sortir le voir comme ça ? », et un autre propos sous entendant « Ah je suis étonnée de voir enfin quelqu’un pour toi !!! » alors que je n’ai fait aucun geste, faisant mine de pas comprendre son langage codée, que D. était tjs dans l’entrée et que je sens que ma mère est soulagée d’avoir une pseudo-confirmation de mon hétéro sexualité.

Je me débats pour qu’elle me lâche. « Dali ? Tu viens prendre le café avec nous ? »

Maman : « Non, je vais y aller, je vous laisse. »

D. : « Je m’excuse si j’interromps quelque chose, je n’ai pas prévenu avant de passer parce que je viens juste de dire à votre fille que je la rappelais, mais elle a fermé son téléphone. Alors je n’avais pas d’autre moyen de la joindre. » (Il la vouvoie aussi, et parle un français impeccable, au très haut niveau imposé par la reine mère. Elle est en admiration devant sa belle gueule. Il disait ça sur un ton ironique, avec sa voix qui porte et un sourire en coin à croquer. La reine est conquise. )

Maman : C’est également pour ça que je suis là. A partir de maintenant, je vous donne le numéro de sa ligne fixe, elle ne peut pas y échapper quand elle est à la maison Mais vous êtes comme moi ? Tout le temps à la chercher ? (Elle sourit)

D. : Quand elle décide de disparaître... oui... Mais je vous laisse prendre votre café, et je reviendrais plus tard, ou alors je t’appelle sur le fixe Mimi. (Il était ironique, naturel et sympathique, ce qui fait rire ma mère).

Comme j’avais l’impression d’être spectatrice d’un jeu de séduction entre mon probable futur mec et ma reine de mère qui ne sait même pas encore qui il est mais qui s’en doute bien. Je connais ma mère, il l’a séduite par son physique, son assurance et son franc-parler. Il a l’air intelligent, charmeur et à elle ça lui suffit, même s’il n’est pas « Beldi ». Elle le scan de haut en bas, son style vestimentaire est totalement à son goût et lorsqu’elle eut finit son investigation, elle me jette un regard qui disait « Bouge toi, ma pauv’ cruche ».

Moi : Restez tous les deux pour un café... J’ai des muffins que j’ai fais hier. Je vais les mettre au four, vous avez de quoi patienter 10 min ?

D. : « On va parler de toi. Alors Madame, comment trouvez vous votre fille ces temps ci ? »

Il l’a appelée « Madame » et il a sourit comme si il était plus légitime qu’il commence à poser les questions pour en savoir plus sur ma mère. Qui a trouvé ça osé mais élégant.

Maman : « Appelle moi Lilia, je t’en prie et je ne sais pas... Je trouve qu’elle prend trop de responsabilités, elle est fatiguée et toujours aussi renfermée sur elle-même. Mais je trouve toujours ma petite fille aussi belle et aussi raffinée... malgré tout. »

Maman ne savait pas vraiment comment parler avec lui, puisqu’elle ne le connaissait pas, n’a jamais entendu parler de lui et surtout ne savais pas du tout le rôle qu’il jouait dans ma vie. Elle pouvait sans le vouloir mettre les pieds dans le plat, alors je la voyais faire de la haute voltige, mais elle en était ravie.

D. : « Effectivement Lella Lilia, je la trouve extrêmement tourmentée, affaiblie, déboussolée ces temps ci, mais elle mûrit, elle grandit chaque jour... néanmoins, je sais aujourd’hui d’où lui viennent ses traits élégants et si charmants. »

Bizarrement, bien plus que cette phrase peut le prétendre, il le disait si naturellement qu’il ne faisait pas mine d’en faire trop. Il était juste gentil. Ma mère était aux anges, elle souriait sincèrement, elle adore qu’on l’appelle « Lella Lilia » très grande marque de respect beldi. J’étais contente de voir que ma mère accepte ses entrées en matière, elle se cramait le cerveau et les yeux en me demandant par le regard « mais vas-tu enfin me dire qui est ce charmant garçon ? » et je jubilais de la voir ramer.

Moi : On s’assoit ?

Maman : Merci ma chérie, donc Mohamed Ali ? Vous faites quoi dans la vie ?

D. : En fait j’ai fait des études de droit et un mba en finances, mon père m’a « orienté » vers ce qu’il considère comme de grandes études. Mais je ne suis pas passionné par ce que j’ai étudié. Je suis issu d’une famille d’agriculteur, et de ce fait, diplôme en poche, je suis en pleine reconversion.

La conversation a bien duré une trentaine de minutes, j’intervenais à quelques reprises pour faire le pitre. Aucun temps de silence, pas de trou dans la conversation, c’était vraiment un moment agréable. D. était complètement dans son élément et ma mère avait l’impression de jouer le rôle de la mère proche de la vie de ses enfants, elle était au comble du bonheur. Quand Mohamed lui rappelle qu’il a terminé son travail, elle se lève pour partir, malgré elle. Elle serre chaleureusement la main de D. et lui dit « Je suis enchantée de t’avoir rencontré, au plaisir » ... Qui sous entendait « J’espère vous revoir dans la vie de ma fille ».

Et elle est partie. J’étais heureuse, tout le cauchemar que j’avais enduré la veille et l’avant-veille était presque oublié...mais j’avais le cœur qui battait pour la suite. D. est un acteur, il aurait bien pu jouer la comédie pour séduire ma mère, dont je ne lui ai jamais parlé pour ne pas l’effrayer, il a réussi avec brio... Je suis admirative. Maintenant, j’ai peur qu’il m’ait donné une raison de plus de regretter mes conneries. Je me mords les lèvres, quand il vient vers moi, m’embrasse le front. « Elle est sympa ta mère, ... A nous deux maintenant... Pourquoi tu es dans cet état ? »

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