Jour 10

Hier soir avant que je ne sorte, alors que j’étais en train de me préparer. D. a sonné chez moi.
« Tu étais où toute la journée ? »
« .... »
« Mimi, c’est plus possible cette attitude... »
J’avais envie de lui refermer la porte sur sa gueule et d’oublier cette fraction de seconde, je me retourne et je m’en vais.


La voix tremblotante du mec fatigué au bord de la crise de larmes. Comme une furie, j’explose !

« Ecoute, si tu as envie d’un oscar... va jouer la comédie ailleurs, j’ai rien à te donner ici. Barre-toi. »

Il me regarde abattu, je n’ai jamais été aussi démoniaque dans mon regard, il ne connaît pas cette facette de moi.

Le voir chez moi, devant moi, me fais le haïr et l’aimer en même temps encore plus. J’ai envie de pleurer mais mes yeux ne m’en donnent pas le droit.

Je le regarde, je le hais, je le désire et mes pores l’appellent. J’ai envie de le pousser à se jeter sur moi, de m’attraper de force, et d’aller chercher mon amour pour lui au plus profond de mon âme.

Mon regard change en même temps que mes pensées frôlent mes neurones, Il est maintenant plein de désir et fait appel à la violence. Je veux me venger de mon corps et l’outil sera lui, je veux me venger de la vie et de cette souffrance qu’il m’inflige.

Je change de posture, de la renfermée à la suggestive, il est perdu, ne comprends pas mais soutien mon regard. Lui qui disait si souvent que je suis une menteuse et ce sont mes yeux qui me trahissent. Mon cœur le repousse, et mon corps l’appelle... Il l’appelle de toutes ses forces pour qu’il s’approche et qu’il vient voir par lui-même à quel point mon cœur est un menteur, et à quel point je l’aime.

Intelligent... ou physiquement réactif, il ne tarde pas à me comprendre. Mes yeux lui disent, je vais t’utiliser et te jeter si tu comprends le deal avance.

Comme un agneau il avance, un magnétisme s’empare de nos deux corps, on se tourne autour, on se cherche... Je ne l’ai jamais autant détesté... S’introduire chez moi, en moi de cette façon et me déstabiliser à ce point... j’appelle au viol moral... Je te hais D. et je compte te faire mal.

L’agneau se transforme en lion, ce même félin que j’aime de tout mon cœur. L’étreinte était intense et torride, mais j’en ai pleinement fait bénéfice, c’était mon idée, égoïste : .... Hmm, égoïste :) J’aurais bien allumé ma cigarette de soulagement... si j’avais fumé. Quand au même moment, il pense avoir allumé le calumet de la paix, par un échange de fluides corporels... je lui fais vite remettre les pieds sur terre.

Rassasiée, je le quitte et repars dans la douche, En sortant, je m’active silencieuse. Satisfaite, démoniaque, une robe rouge moulante, fendue là où il faut, des escarpins vertigineux, une touche de « Mademoiselle » et je prends mon Chanel.

« On y va ? «

« Tu veux qu’on dîne chérie ? »

(sourire ironique)

« Dîne si ça te dit, moi je bosse, et je reprends ma vie... c’était sympa. Je ne te remercie pas, j’ai cru comprendre que tu as pris ton pied ! »

« Ouais, tu peux le dire, c’est ce qui me fait brûler d’amour, trêve de plaisanterie, on dîne ? »

« Oui, trêve de plaisanterie, va retrouver Cycy, elle faisait pitié seule au déjeuner la pauvre choute :) »

« Lol, Cycy... Tu la connais ? »

« Non et d’ailleurs, je ne veux pas. Je dois y aller, tu sors ? »

« Tu rentres quand ? »

« Je ne rentre pas. »

« C’est quoi cette attitude, tu joues ? On n’est plus au lit, pourtant » (sourire)

« Justement, ce que tu n’as pas compris, c’est qu’au lit, je ne jouais pas... c’était la vie,... au lit .tout à l’heure. Donc, je réitère ma demande : Barre-toi, les oscars c’est chez les putes. »

Je claque la porte de chez moi, et on monte dans l’ascenseur, silencieux tous les deux. Il est en état de choc, il ne sait pas s’il doit me croire, ou pas. ? Je mettrais ma main au feu, qu’il se dit que c’est encore un de nos « sexy games ».

Il m’a envoyé des sms toute la soirée, du genre « je suis ému, effrayé, je ne te comprends pas, tu joues ?, tu m’aimes ? Je t’aime ? »

Je lui ai juste répondu une fois « J’ai comme d’habitude décidé de prendre les choses en main, comme tu l’as si bien senti tout à l’heure :) Are you in ? »

J’assure à mon dîner... comme à son habitude, Andrea me reluque... Mon boss lui rit à la gueule sous entendant « Reluque mon vieux, c’est l’inaccessible, et elle est à moi »

Et la femme de mon boss, se dit :

« Je la hais et pourtant je l’admire »

Et dans tout ça je me dis... Rien...

Jusqu’à ce que je monte dans ma voiture et que j’éclate en sanglots de ne plus supporter cette pression et cette vie qui file à 100 à l’heure et dont je ne retiens rien qui me soulage, ni qui me fasse du bien... Je souffre trop et je veux que ça s’arrête, je veux que ça s’arrête...

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Jour 9

Cliquer pour voir un plus grand.

Je suis allée au bureau, remontée à bloc. Et je me trouve nez à nez avec mon fournisseur Italien. »Andrea ». Il vient pour 4 jours à Tunis.. Andrea est un sexe symbole ambulant, les filles au bureau mouillent en le voyant passer et en sentant son parfum enivrant, d’ailleurs demain matin elles seront sublimes, aussi bien apprêtées les unes que les autres, il n’aura que l’embarras du choix :)


« Tou t’occoupes dé moi, pendant ces 4 jours ! »

J’avais pas du tout le moral, alors je n’ai fait que sourire, je n’étais pas bavarde même pendant le café dans mon bureau. Nous sommes allés en réunion avec la direction, et là je me suis défoncée, histoire d’oublier « Cycy BB » et à quel point j’ai été conne hier soir.

J’ai assuré, pendant toute la réunion, j’étais lessivée en sortant. Mon iphone marquait 2 appels et 1 sms.. Un appel et un sms de D. et le reste... je m’en fous.

Le sms disait : « Rappelle moi quand tu peux »

Je n’ai pas rappelé et je devais déjeuner avec mon boss, Andrea et un designer. Ma boîte aussi adore la Terrass’ pour les déjeuner d’affaire. J’avais l’estomac en bouillie rien qu’à l’idée que je pouvais y croiser l’objet de mes aigreurs.

Je n’ai rien pu avaler, j’étais conditionnée.je parlais, parlais, parlais. Même quand quelqu’un venait me saluer, je réagissais comme un robot. Je sentais mon corps vibrer de colère, d’amour, de haine... C’était indescriptible. Comme quand tu fais le rêve que ton mec te trompe avec ta meilleure amie... D’ailleurs la voilà... la brune...Cycy ?

Comment savoir ? ... je m’en suis voulu de vouloir savoir... D. c’est fini. (point barre)

J’avais quand même la hantise qu’il débarque et s’attable avec elle, je l’imaginais, prendre sa douche chez moi, se changer et venir pour déjeuner avec elle.

Franchement, j’ai déjà vécu pire, mais peut être qu’avec l’âge, je ne supporte plus ces jeux de gamins.

Quand je me dis que mes amies d’enfance, ne le sont plus parce que leurs gamins vont à la crèche... et que leurs nouvelles amies sont les mères qui déposent leurs enfants au même lieu le matin. Elles ont les mêmes centres d’intérêts me dit ma mère.

Elle a sûrement raison, je devrais me caser. Mais avec quoi ? Parce que ce genre de mecs... non, merci. Et les mecs de mon milieu les riches qui prennent les nanas pour des objets, encore moins. Les machistes, n’en parlons pas...

Qui alors ?

Un mec qui respecte mon milieu social et qui se fait accepter par les miens, sans avoir leurs vices. Qui accepte ma vie de poursuite après le succès, le travail, la reconnaissance et l’argent, en voyage la moitié du temps, avec des hommes à 99%. Qu’il accepte que je sois émancipée, que je vive seule, que j’ai perdu ma virginité à 18 ans sans savoir combien de partenaires j’ai eu. Qu’il me croit quand je lui dis que Lyès n’a jamais fait autre chose que dormir près de moi. Que j’ai quitté le domicile familial à 18ans pour faire mes études à paris et que je me suis installée seule en revenant. Que mon père n’a pas d’autorité sur moi, que ma mère m’énerve. Que mon père trompe ma mère, que ma mère le plume pour se venger, qu’il s’en fout et qu’il compte s’acheter une panamera, ou prendre sa retraite en suisse. Que mes frères sont aux antipodes l’un de l’autre. Que l’un veux construire des mosquées et veux faire de notre maison de la médina une maison de culture centrée sur l’histoire de la Tunisie. Que l’autre est dans l’agriculture et l’évènementiel en même temps, qu’il produit du lait de vache pour faire des soirées à la ferme de Mornag, qu’il a déjà invité David Vendetta chez nous. Qu’un jour, quand mon père sera en Suisse, ils vont se disputer et partager l’héritage et ne plus jamais se parler.

Que mon grand frère et moi on a le complexe d’Electre et que l’autre sans fout de ma gueule parce qu’il a le complexe dOedipe.

Ma mère en Chanel avec la thune de mon père, essaie d’éduquer ma sœur pour qu’elle ne soit pas comme moi, une rebelle... qu’elle soit comme elle, un pilier dans son monde de femmes jalouses et aigries, servies, asservies et desservies par des seconds, domestiques, subordonnés pour sentir leur supériorité. Ma mère est médecin mais elle n’exerce pas.

Va lui expliquer, à ce mec que je sui déglinguée parce que je me suis auto éduquée, et qu’à 15 ans t’es encore un peu défaillante. Comment lui dire, que l’amour, je ne connais pas. Que je n’ai jamais attiré que des gens matérialistes, ou des gens de mon milieu qui n’ont jamais voulu autre chose qu’une joint venture avec ma famille. Que j’ai contribué au meurtre d’un enfant, lors d’un accident de la circulation et que depuis ce jour, rien n’arrive à me déculpabiliser, que je me considère comme indigne de vivre, Comment va-t-il pouvoir changer tout ça ? Pourquoi aurait-il envie de batailler pour changer les choses ? Je pense que je me découragerais moi-même... je ne sais même pas si je le ferais pour moi. Pourquoi m’aimerait-on ?... au Final, je le comprends D....

Perdue dans mes pensées, un « Tu en penses quoi ? » de la part de mon patron me sonne les cloches.. « De quoi ? »

« La nouvelle collection d’Andrea, on la sort une semaine plus tôt ? »

« Oui, oui... »

« Tu te sens pas bien ? T’as rien mangé ! »

« En réalité, je me sens barbouillée, je ne sais pas ce que j’ai, je pense que je vais rentrer me reposer un peu »

Andrea : « On se voit ce soir ? »

Mon boss : « oui, rentre te reposer et on se retrouve à 21h au Spoon, ça te va. Je viendrais avec ma femme. »

Je me trouvais dans l’incapacité de rentrer chez moi pour le trouver là bas, où encore les vestiges de la nuit passée. Je téléphone au volant, passe devant de flics, qui ont essayé de m’arrêter, je chercher un endroit où aller. J’aterris au Résidence, un massage avec Norah Jones et Michael Bublé qui se draguouillent sur mon Ipod, des longueurs dans la piscine, Brushing et Manucure, et je suis prête à rentrer me changer.


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