Look of the week #4

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Jour 7

Ma sœur arrive en trombes, « C’est pas D. B, l’acteur tunisien mignon mais qui joue dans des trucs supers débiles ? » (Syndrome de la mission française, tout ce qui est tunisien est débile).

Je ne réponds pas. Et elle ajoute, « Putain, j’aurais cru qu’il serait l’exception !! C’ui là aussi il se tape des pouffes ?... regarde elle serait prête à lui tailler une pipe en public pour marquer son territoire, elle n’arrête pas de le tripoter. » Ma sœur est la championne du monde de la subtilité dans le langage, comme chacun peut le constater. Ma mère arrive, elle lui raconte l’histoire. Je n’arrive même pas à bouger pour ne rien apercevoir de la scène. La petite s’est gardée d’utiliser le même langage en s’adressant à la matriarche, cette dernière, bien que vivant dans la débauche est très à cheval sur le savoir vivre et l’éducation de sa progéniture.

Je me sens parcouru par un froid et un chaud à la fois, une fébrilité inexplicable. Je ne dis pas un mot, je ne bouge même pas. Je sens que quelqu’un me regarde de derrière mon dos. Mais je me fais des films, et je souffre à cet instant. Le film de notre histoire, me repasse devant les yeux. Et je me suis rendue compte que j’ai refoulé pendant tout le week end. Les week ends parisiens, le séjour au ski, les baisers dans les rues, les petites attentions toutes mimi. Je l’ai aimé ce salaud, et je l’aime encore... J’ai les yeux qui piquent, c’est sûrs ils sont rouges, et c’est sur... je vais pleurer si je bouge pas de là.

« Maman, on peut y aller ? »

« Il est trop tôt, raconte moi ton week end, il était beau au moins, le parisien ? »

Les vannes lâchent, je remets mes lunettes, et ma mère, avec un élan de maternité inexpliqué et quasi miraculeux, car la maternité est absente de nos rapports depuis qu’elle a arrêté de m’allaiter pour ne pas perdre la fermeté de ses seins. Si elle savait que ça ne retiendrait pas mon père de la tromper avec ses secrétaires et assistantes en tous genres, et qu’elle finirait sa vie en secret avec un éminent chirurgien plastique, elle aurait été plus proche de moi et elle aurait sauvé mon système immunitaire totalement défaillant. « Quoi ?... Tu l’aimes ?... mais tu peux revenir quand tu veux... ».

« Maman, vraiment laisse tomber... » et on se lève, je pars devant et je file vers la porte prête à embarquer. D. n’était pas loin derrière. Je me retourne, ma résistance n’est pas infinie, et je croise son regard. Il avait ces yeux de chien battu comme le jour où je l’ai quitté. Je devais avoir le même regard puisque j’avais enlevé mes lunettes. Je montre rarement ce que je ressens mais là, je m’en fichais, je n’avais plus rien pour me cacher derrière, je l’ai aimé et je souffre de le voir. Et, le « Chéri, où tu as mis l’Ipod ? » me ramène à la réalité que cet enculé est avec une poufiasse et qu’il était en week end à Paris et que conne comme je suis, je viens de lui lancer un « je t’ai aimé » sincère. Je me reprends immédiatement et le regard devient, pendant une fraction de seconde, méprisant, et violent. Je me retourne dans la seconde et ne me retourne... plus jamais.


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Jour 6

Après le sms, D. n’a pas répondu. J’en suis malade depuis 15 jours. Je ressors en société prête à me faire du mal. Cette semaine, il y a le mariage de ma cousine... avec un richard syrien. Y aura tout Tunis. Je suis cousine avec tout Tunis, parce que tout Tunis, n’épouse que tout Tunis et ne voit pas « the suburbs ».

J’ai été « obligée » de partir pour le week end à Paris, avec Maman, pour acheter une robe. Je ne sais pas ce qui a été le plus dur : partir un week end à Paris pour acheter une robe, ou partir un week end avec Maman ? Le trio, ma mère, ma sœur et moi... en plus, fallait voir le ridicule de la situation... le nombre de tunisiens qu’on a croisé dans cette Rue du Faubourg St Honoré, et on allait tous se retrouver à ce même mariage. Et tout le monde ne parlait que d’une chose, comment peut on apercevoir, celle qui a fait l’école avec tous nos enfants, au lycée Cailloux de la Marsa, la nouvelle Mariée, Yasmine Torjeman Besson (Mme Eric Besson). Tout le monde, ne parle que d’elle. Aujourd’hui, contre tout attente, elle devient la Esmeralda qui a sauvé le statut des tunisiens, après avoir été dans son pays et pendant longtemps la greluche à la recherche d’un fils de bonne famille tunisienne (sous entendu, riche). Après écoulement de stock, c’est dans l’air... elle a rencontré l’amour à la rue de Grenelle en achetant des chaussures.

Bref, c’est chez Hervé Léger que j’ai trouvé la robe qui m’a libérée de l’emprise de ma mère, et de l’obsession de ma sœur de trouver une robe couture, d’un jeune créateur libanais. J’ai donné rendez vous à mon prof de salsa parisien, Laurent, dans un petit restaurant sympa de la place du marché St Honoré. J’ai adoré ce moment, ça m’a fait faire un break dans ma tête, j’ai oublié D., Tunis et tous ses vices. Nous sommes allés nous coucher sous la tour Eiffel, jusqu’à ce qu’il fasse nuit. Jusqu’à ce qu’elle brille de 1000 feux et jusqu’ à ce que ma mère m’appelle pour me sortir d’un rêve et me dire qu’on dine avec je ne sais quel nom de famille. Je regarde la Tour Eiffel, ..., « Maman, on se retrouve à l’aéroport... bonne soirée ». Je raccroche et j’éteins mon mobile.

A part une forte attirance physique, il ne se passe rien entre Laurent et moi, et depuis le temps qu’on se connait, il sait bien qu’il n’y a rien à espérer et qu’un plan q (même sans conséquences et avec le consentement des deux parties) ne me tente pas... Mais j’aime passer du temps avec lui. Nous avons passé une excellente soirée, en faisant le tour de Paris l’illuminée, de bus en bus, en marchant, en courant. Le marais, des falafels... l’as des falafels, les vitrines de jeunes créateurs brillants de 1000 feux, j’avais l’impression d’avoir des ailes et une main à tenir dans la plus belle ville du monde : Ce soir là, c’était Paris, Mon amour... après avoir marché tout la nuit, nous retournons bruncher dans le Marais, en passant par les Tuileries on passe devant Angelina, le magnifique salon de thé très chic de la rue de Rivoli, où D. et moi avions l’habitude de bruncher le dimanche . Ce petit pincement au cœur aura eu raison de mon sourire, il n’a pas donné signe de vie, et d’ailleurs je ne le vois nulle part... ni télé, ni radio et ni soirées... c’est je ne chercher pas bcp après sa face publique... je la hais. Mais lui, son vrai lui, est peut être la seule personne qui me donne envie de parler d’amour, et de dire je t’aime envers et contre tous. Un « ça va pas la puce ? T’es fatiguée, p’tit chou ?? » Me rend mon beau sourire parisien, où toujours habillée de vêtements de plus en plus moulants, et de plus en plus courts, je me sens comme une vraie fashionnista parisienne déambulant, sous ces arcades !

Je ne retrouve ma mère et ma sœur qu’à l’aéroport. Les rejoignant au niveau de l’enregistrement parce que bien sûr ma mère avait fait le tour de Paris avec une ficelle pour l’attacher et la (Paris, pas ma sœur) ramener dans les bagages. J’arrive, en courant... avec ma boîte de 6 Cupcakes de chez Berko dans les mains... petit rituel avec D.

J’arrive en trombe, quand je sens qu’une personne derrière moi dans les rangs à tressailli en me sentant passer. Je n’ai pas le temps de me retourner. Après que ma mère ai récupéré mes papiers et m’ai remonté les bretelles, j’ai pu me retourner pour voir D. dans les rangs, qui me fixait, moi ou ma boite de cupcakes... mon cœur n’a fait qu’un bond dans ma poitrine... Il était avec une fille, une grande et mince brune... j’ai dévisagé la fille puis lui... et je suis partie en suivant ma mère, comme une petite fille ayant fait une bêtise... je n’ai pas osé lever les yeux du sol... pour ne pas souffrir.


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