mardi, décembre 21, 2010

Jour 42


Il a loué une voiture confortable, nous sommes partis tôt, tant que les conditions météorologiques le permettaient encore... Nous n’avons parlé que de banalités toute la route. Je lui ai demandé des conseils sur mes orientations au boulot, je commence à m’ennuyer du boulot que je fais. Il me dit qu’il est venu la dernière fois et qu’il a eu des gens avec des personnes intéressées de ramener des nouvelles marques de fringues au pays. Il est grossiste et revendeur en marques d’habillement de luxe pour hommes à Paris. Il me propose de l’aider à lancer ces marques en Tunisie. J’accepte, il s’agit de mon travail et je le ferais avec plaisir, si c’est pour me permettre de prendre un bol d’air.


Lorsque nous arrivons à l’hôtel, il prend deux chambres jusqu’à dimanche, avec possibilité d’allonger le séjour. Je le regarde « Mais pourquoi ? Je bosse lundi. »

Il me fait mine de la fermer, oui dans ces termes là. Il n’a pas dit un mot, mais il a eu ce regard qui disait : « Tais-toi petite ».

Ça me laisse à peine le temps de réfléchir au fait qu’il a pris deux chambres... mais pourquoi il a fait ça ?


Je sens ma patience s’écouler comme le sablier de Fort Boyard, bientôt je vais m’entendre dire « Sors... ». Le chasseur m’accompagne à ma chambre, la sienne est à côté. Je suis restée dans ma chambre en attendant qu’il frappe, mais il ne l’a pas fait... je suis déstabilisée. Je me déshabille et je prends une douche?... je vais frapper à sa porte ?... Je ne fais rien, j’enlève mes chaussures et je me mets à regarder la télé. Au bout de 30 min, il m’appelle sur le téléphone de la chambre. Il me demande de venir. Je repasse devant le miroir, je me recoiffe et j’y vais en pantoufles en éponge.


Il y avait du champagne et du jus de fruit, de la vodka, il a allumé des bougies, et mis de la musique sur sa station d’Ipod. Ça sentait le plan cul. Ça me met hors de moi, ça se voit à mon regard dur et fixant un point. Je m’assois sur le rebord du lit. Il est en casual wear, il s’est changé. Un jeans Used et une chemise bûcheron légère, et pieds nus. Il a de beaux pieds, toujours nickels, et ce parfum #Fétichiste.

Il se sert un verre de vodka sec, s’assoit en face de moi. « Qu’est ce qu’elle a la petite puce ? »

... Je ne réponds pas...

« T’as pas l’air bien ma petite chérie »... il me caresse les cheveux... je lui pousse la main. « Tu peux arrêter de me traiter de « petite » et de « puce » ? On est venus pour quoi ? »

Il rit.

« On est venus pour prendre du bon temps. »

« C’est quoi ce cirque ? Tu veux que je me saoule pour qu’on se décide enfin à coucher ensemble. Mais je n’ai jamais dit non, moi».

Il s’approche et m’embrasse, ce n’était pas un baiser tendre, c’était un peu violent. Et de plus en plus, je le sentais venir sur moi. Je lui ai à peine rendu son baiser au début parce que je ne comprenais pas qu’il m’appuie tellement dessus. Et il venait de plus en plus sur moi, mais en même temps ce baiser devenait si ardent que je ne savais plus si je devais le pousser, ou me laisser aller. Il est fort et je finis par me laisser aller, je sentais que je n’en avais jamais eu aussi envie. Je sentais également qu’il n’était pas du tout sous le coup de l’émotion, mais qu’il maîtrisait très bien ce qu’il faisait... J’étais dans tous mes états, chacun de ses gestes, de ses mouvements... C’est un homme fort, qui s’y prend à merveille, je n’ai plus envie qu’il me lâche. On ne s’échange pas le moindre baiser, sauf celui qui a ouvert les hostilités. Mais une vingtaine de minutes plus tard, il se lève et va direct dans la douche, il ne me dit pas un mot. Il m’a bien fallu une dizaine de minutes pour que l’extase retombe. Les conditions ont fait que j’ai rarement vécu une sensation d’une telle puissance. Quand la réalité a commencé à prendre le dessus... je commence à réaliser que...

« Tu vois, on a finit par coucher ensemble... et contrairement à ce que tu crois, je ne voulais pas ça et ce n’est pas pour ça que j’ai fait toute cette mascarade... mais je vais tellement dans les hôtels que je fais tout pour oublier que j’y suis, ça c’est pour l’ambiance. Pour l’alcool, j’avais envie de boire pour avoir la patience de supporter des gamineries habituelles qui me font craquer, et sachant pertinemment que tu ne bois pas de vodka, j’ai fait ramener du jus de fraise frais par le room service, mais pour ne pas avoir l’air d’un crevard ou d’un mec pas galant, j’ai rapporter une bouteille de Moët que tu aimes tant de Paris, et des macarons réglisse et une bougie « fleur d’oranger » de chez Ladurée, tes petits plaisirs préférés. Tu noteras que j’ai bien appris ma leçon, mais que tu viens de tout gâcher.»

... abasourdie...

« Enfin... gâcher, c’était plutôt pas mal » (il sourit)

Je ne sais pas quoi dire, je file dans la douche, je n’ai pas arrêté de sourire, c’était tellement bon, mais je dois faire la fille indifférente. En sortant, il n’y a pas de second peignoir et les serviettes me couvrent à peine. Je dois l’appeler pour qu’il me donne le peignoir... je fais celle qui n’est pas touchée. « Sam, je peux avoir le peignoir ? J’ai froid ».

« Sors toute nue, je ne t’ai pas assez regardée... et je t’ai trop souvent matée habillée.»

« Arrête tes conneries, donne moi le peignoir... »

« Et elle remet ça avec ses gamineries... »

« Tu as dis que tu adorais... » Il me ramène le peignoir, il a mis un boxer, il m’a mis le peignoir et m’a tenue dans ses bras pour me réchauffer. Puis, on s’est assis, sur le lit, il m’a coiffé les cheveux, il s’appliquait à les dénouer sans me faire mal, il les caressait, c’était plutôt drôle.


Je m’enfilais des coupes et des macarons... moi l’amour ça me donne faim et le bonheur aussi. Il paraît qu’on est coincés à cause du mauvais temps, tant mieux, j’avais pas l’intention de partir. Il ne m’embrasse toujours pas, il suit euronews, portant ses lunettes de presbyte, le modèle Tag Heuer, et lisant un truc sur son ipad, dans ce cas, je fais la même chose, je mets mes lunettes (je suis à peine myope, mais j’ai toujours mes wayfarer sur moi, on sait jamais si je croise un bel ophtalmo :)) et je me mets à lire Elle sur mon Ipad. Très symbolique l’image, champ’, macarons et peignoir, des ipad, des lunettes, et babouches marocaines en cuir.

Il se lève pour ramener un truc dans sa valise et me sort un paquet, il m’a offert la jacket pour Ipad, en Damier de LV. Je suis contente, c’est un joli geste et le cadeau est tout à fait à mon goût. Quand je l'embrasse pour le remercier, j'ai senti l'émotion d'un vrai premier baiser, j'en avais les joues en feu.


Nous passons commande auprès du room service pour le diner : du pain, du beurre, une omelette et au moins 5 bouteilles d’eau parce que nous mourrons de chaud dans cette chambre où nous avons mis le chauffage à fond. Il y a de la neige dehors. Il a ramené du foie gras, du saumon, du tarama et plein de petites conserves de crème de châtaignes et de tartinades en tous genres. On s’est fait un petit dîner sympa, comme si ça faisait des mois qu’on était ensemble ou de vieux amis. Mais nous n’avons pas échangé un mot sur les faits. Et puis paradoxalement, comme un vulgaire plan cul, chacun est allé dormir de son côté, chacun dans sa chambre, sans même remettre le couvert.


Le matin, je suis réveillée par le téléphone de la chambre, j’ai l’impression de n’avoir dormi que 10 min, effectivement, il me dit qu’il n’est que 6h30 et qu’il aime bien être le premier au buffet du petit dèj quand il est encore bien garni. Il passe me prendre, je suis en maxi dress et lunettes de soleil, les cheveux en queue de cheval ébouriffée et il m’embrasse sur la joue et me dit « Tu es sublime gamine ! ». Il avait un sac, je m’assois, incapable de bouger, #pas-du-matin. Il me sert et me sors du Nutella, encore des macarons et des petites confiseries de Fauchon, spécialement ramenée de Paris. Je réalise que je suis de nouveau dans le conte de fée « Samuélien ». La chute va-t-elle être terrible de nouveau ?

Il me traite comme une princesse, me tartine mes petits pains :) (N’y voir aucune image salace... quoique :) ) Et me ressers quand besoin est.

Ensuite, il me propose d’aller courir un peu avant de passer à des soins en thalasso. Nous avons couru dans la salle miteuse du Tabarka Beach, avant de se faire masser et de se baigner. Face à la piscine, nous avons fait la satire de la société tunisienne... c’était plutôt marrant, il est subtil et intelligent et j’adore ça... Il m’attrape la main et l’embrasse, je suis vraiment la princesse de mon monde à l’instant T (cc Rania). Pourvu que ça dure. Je fais tout pour éviter tout sujet qui fâche et je n’attends que de me retrouver dans ses bras, puisque mes angoisses étant envolées, je me sens en plein possession de mes moyens pour profiter de lui et des relations intimes qui nous ont tant rapprochés la veille. Aujourd’hui et depuis hier, Sam et moi, nous sommes intimes :) et ça me fait sourire.


Après les soins, il me propose de se faire un plan grignotage dans la chambre et d’aller ce soir au resto "Spécialité poisson" qu’on lui a conseillé.

Je vais me doucher dans ma chambre, je me sens très zen et très molle après tous le sport, le massage et la piscine. Quand je reviens près de lui, il avait préparé la table et on s’est assis pour manger. Intelligent comme il est, il a choisit ce moment pour parler. « Alors mon cœur, qu’est ce que tu attends de la vie en ce moment ? »

« Hmm, ma prime, les soldes, un diamant, le rétablissement de mon père, et peut être un mec, ah... et aussi une amnésie pour les prochaines semaines. »

« Pour ta prime et tout le reste je peux m’arranger, mais pour le diamant est-ce qu’il doit avoir un sens ou c’est juste un caillou, et pour le mec, il doit avoir un rapport avec le diamant ?... pour ton père, on va prier, pour ton amnésie un bon coup sur la tête et pour le mec... du genre « adopte un mec » ? ou du genre Aime moi ? »

« Tu trouves pas que tu poses plein de question et plus sérieusement, laisse moi réfléchir... « Aime-moi » ? oui, ça me semble être un bon plan, mais je suis sûre qu’au bout de quelques mois, ça deviendra « Lâche-moi, tu m’étouffes !» »

« Est-ce qu’un Homme, tu sais avec un « H » de par son âge et qui plus est, qui vit à Paris... »

« Ecoute « mon vieux », sauf ton respect, je suis la petite gamine qui peut faire vibrer ton engin grâce à ses cuisses musclées, mais... après question intérêt... je sais pas si je suis à la hauteur... »

« Merci pour ce témoignage, là tu mets le doigt dessus... »

« Non, chéri, ce n’est pas encore Alzheimer mais là j’ai le doigt dans tes cheveux... ça s’appelle des cheveux ce que tu as sur la tête et non... »

On en rigole tous les deux ...

« Je veux dire que tu es touchante de fragilité, de sensibilité, d’émotivité... et c’est ce que j’aime chez toi...et cette intelligence, cet esprit aiguisé, cet humour, ce sens des valeurs et ces principes. Tu as tout ce que je recherche chez une femme, et tu peux redonner un sens (dans le sens une voie et des objectifs) à ma vie... et je sais que je peux faire de même avec la tienne. Nous réussissons tout le reste par nous même, donnons nous la chance de réussir cet obstacle à deux. »

« ... et la famille ? »

« Je ne t’ai pas encore fait la demande bébé, ... et je ne compte pas le faire. Et c’est pour cela que je t’ai demandé si le mec et le diamant avaient un lien. »

« Ah... alors le deal, c’est de faire un bout de chemin ensemble, sans voir plus loin que le bout de ton nez... oui, de ton point de vue, je comprends le plus gros est passé ! »

« Mon âge ne me pose aucun problème, et j’ai 43 ans, je ne suis pas non plus sénile... mais j’ai toujours pensé que le mariage, pour le moment, ne fait pas partie de tes objectifs et des attentes que tu as d’un couple. »

« Bon... en réalité... je n’y ai pas pensé, mais dit comme ça... Mais est ce que je te plais en tant que femme ? Ou alors ... »

« Non, j’ai jamais aimé les jeunettes, mais ici à Tunis, j’impressionne et attire les gamines de 20 ans, qui aiment le bling bling et dont le cerveau et moins développé que le tien et qui sont par conséquent moins prise de tête. Mais c’est toi que je veux. C’est la 2ème fois que je viens à Tunis pour toi, parce que je ne suis pas amoureux, mais je sens qu’on peut dans un premier temps devenir des amis-amants dans une relation bien « space » comme tu les aimes, et finalement moi aussi... on est pareils, c’est ce que j’aime chez toi... »

« C’est vrai qu’on se comprends pas du tout et c’est ce qui nous attire ! ... Bon J’accepte... Je signe où ? »

« A partir de maintenant, c’est moi qui décide... » Et il pose ses lèvres sur les miennes... et c’était le moment le plus doux de ma vie, avec l’homme le plus viril et respectueux de la femme, qui sait à merveille honorer l’engagement que nous venons de prendre l’un vis-à-vis de l’autre.



2 Avis sur ma vie:

Gar a dit…

J'ai lu, j'ai adoré et chapeau bas.
Certains passages quand même me restent un peu sombres dans le sens où j'aurais osé préférer comprendre les raisons des divers choix (pourquoi refuser de sortir sans le peignoir ?) peut être que c'est inexplicable, enfin nature féminine ?

21 décembre 2010 à 17:01
Mimi a dit…

@Gar: Parce que les filles sont comme ça, leurs hormones en excitation leur ôtent toute pudeur, une fois l'orgasme passé, ... la gêne, la honte ou la pudeur, reprennent le dessus.

23 décembre 2010 à 12:10