lundi, décembre 13, 2010

Jour 37

Crédit photo: @Skydancer's Photography ©

Ce soir il y a la soirée pour les produits « Play » d’Orange au Lodge. Je n’aime pas trop qu’on invite les gens en tant qu’ « influenceurs » pour faire parler en bien (finalement, accepter l’invit’ c’est s’engager à vanter les mérites au risque de ne plus être invité). On offre des petits gâteaux et des photos sur facebook, des stickers ou des petits cadeaux... pour « acheter » du tapage. Enfin, je leur souhaite du succès, mais moi, perso, invitée par un ami de Twitter, et précisément ce soir, je n’ai pas du tout envie de me faire « commercialement » manipuler.

Je préfère appeler Lyès (#best boyfriend) et qu’on aille boire un verre, et qu’on rentre se caler pépère à la maison.

On va au Plazza. J’adore me caler là, quand j’ai envie de parler un peu. Lyès enfile ses bières et me raconte comment sa nouvelle nana est chiante à crever mais qu’il va lui péter son petit cul de fille à maman coincée dès que l’occasion va se présenter.

« Tu vas la violer ? » (Sur un ton monocorde même pas curieux, je m’attends toujours au pire de sa part)

« Non, mais tester le degré de résistance de son cadenas de chasteté. »

« Développe... »

Il rote à cause de la bière, met une main au dessus de son engin, et le bras sur le dos de la chaise, croise les jambes à la « Bad Boy » et penche la tête comme James Dean pour me dire : « Michou, une nana qui est vraiment chaste, ne joue pas avec le feu... Les petites allumeuses vierges, cachée sous un masque de sainte nitouche, je les démasque, déculotte, déflore... et je vais dire à ma mère qu’elle se fout le doigt dans l’œil aussi profond que j’ai foutu ma bite dans le trou de cette salope. »

« Tu es un monstre... tu me dégoûtes... tu les manipules et après tu en abuses... et surtout comment tu oses être le premier choc de leurs vies ? » (Je ris)

« Faut bien que quelqu’un s’y colle... et puis pour les suivants, elles devront user de plus d’imagination ou de sutures... Et toi alors ? »

« Moi, ... grosso modo, ... rien de spécial, je m’emmerde un peu au boulot, niveau famille c’est aussi trash que d’habitude, t’as vu la Panamera blanche qui est au kiosque de l’entrée de la Marsa ? La poufiasse de mon frère essaie de le convaincre de l’acheter !! ... J’ai bien envie de la démonter cette chienne. Maintenant que mon père est inactif, faudrait qu’on dilapide le fruit de son travail ?»

« Tu veux que je m’en occupe ? »

« Lol, ... tu pourrais la liquider ? »

« Oui, tu doutes ? »

« Non, du tout, je sais comment tu es... tu adores jouer. »

« Elle est peut être bien... je ne sais pas, je ne me suis pas attardée sur son cas, je vais lui dire que si elle accepte un mariage avec séparation de biens, et ben on pourra commencer à parler. Mais c’est le genre qui suce tout la nuit pour que mon frère le matin aille lui céder un appart ‘ »

« Arrête de parler de ton frère comme un con... »

« Non, c’est pas ce que je dis, mais il a l’air d’aimer la manière dont elle s’y prend. »

« Il ne préférerait pas en avoir une par jour, comme les petites filles des culottes « Lundi, mardi, mercredi, jeudi... » »

« Alors, je suis celle du vendredi? » (rire)

« Non, t’es le jour sans culotte toi !!! Sale teigne... et sinon ? ... tes frasques amoureuses du moment ? »

« Non... c’est le désert ! Je n’ai pas le temps ni le cœur à ça»

« Ben c’est normal, t’es occupée à jouer les mères Thérésa... Jette-la dehors... »

« ... bon si c’est pour parler d’elle comme ça... je préfère clore le sujet.»

« Non, mais je m’en fous de sa gueule à elle, mais tu as déjà du mal à vivre, tu ne vas pas t’infliger un deuil, un chagrin d’amour, un problème de famille et un bébé qui n’est pas le tien. Ecoute, à ton âge, il est largement temps que tu t’occupes de toi, tu veux pas avoir un mec et te poser ? »

« Un mec... »

« Mimi c’est toi qui les fait fuir comme un répulsif à cafards »

J’éclate de rire... « Je t’en prie tais-toi... tu me tues de rire »

« Ecoute, ton acteur là, il est raide dingue de toi... tu l’as jeté parce qu’il t’a trop aimée. T’as demandé à ton psy si tu n’étais pas un peu folle. Toutes les nanas mouillent en le voyant sur un écran, et toi, les soirs où tu l’avais près de toi tu l’obligeais à dormir près de toi sans te toucher, tu abuses. »

« Mon psy... il me trouve folle d’ailleurs, il voudrait que je reprenne des médocs... mais faut que tu m’aides à tenir le coup. Je refuse d’être down la plupart du temps... et devenir molle et irritable. »

« Mimi, t’as deux choix, tu retournes chez tes parents ou tu acceptes l’idée d’avoir un homme dans ta vie. »

« Tu crois vraiment qu’un homme est la solution dans ma vie... quoique... je n’arrive à dormir qu’après... » (Il me coupe la parole)

« Avoir tiré un coup... mais c’est trop facile, pareil pour moi, mais le choc c’est quand tu te réveilles le matin écœuré par le parfum ou les senteurs de fluides corporels de l’inconnue que tu as traînée de je ne sais quel bar... »

« Mais non... je suis plus cérébrale que ça... moi je carbure au jeu de séduction et je finirais peut être, et je dis bien peut être dans le lit du plus subtil... ».

« On va finir seuls ma puce si on continue à jouer comme ça. »

« Mais toi tu devrais te remettre avec Neïla, je sais qu’au fond tu l’aimes encore et peut être qu’elle aussi. »

« ... » (il baisse les yeux).

« Je ne pense pas que de nos jours tromper, c’est impardonnable, et puis à 25 ans on est encore inconscient, et puis toi aussi... excuse toi, dis « Mea Culpa », j’ai bu, je t’ai trompé mais 3 ans sont passés, j’ai tiré tout ce qui bouge, et pas discrètement, je suis sincèrement navré, mais je t’aime encore... »

« Elle va me dire qu’il y a prescription, qu’elle n’y pense même plus mais que je suis devenu un vrai looser, et que bon ben justement comme à 25 ans on est inconscient, ça explique qu’elle soit elle aussi, sortie avec moi. »

« Ça sent le vécu, t’as déjà essayé ? »

« C’était sur FB, il y a un mois... une dernière tentative avant que ma castratrice de mère me présente Miss Virginity »

« Ah ? ... Bon. Et tu veux te caser toi ? Parce que moi... j’ai besoin d’un mec comme j’aurais besoin d’un comprimé de Stilnox pour m’oublier un peu. »

« Non, tu as besoin d’un mec pour te rassurer, te redonner confiance en la vie et te faire croire en l’amour... et moi aussi, mais de là où nous en sommes... nous avons perdu pied. Regarde tous les gens qui nous entourent... ont des enfants, des couples stables et au moins une maîtresse. »

« On a finit d’idéaliser mon frère... on a réalisé, et on a choisi de vivre comme ça »

« Tu ne prends pas de bière ma puce ? »

« Lol, toi t’en as trop bu... »

« Ah t’es dans ta phase « Je prie, je suis pieuse... » !! Ok, la date limite c’est quand ?... comme ça je te rappelle à ce moment là ? »

« Arrête tes conneries ?... Tu restes dormir avec moi ce soir ? »

« Ouais, j’ai pas mal bu, je risque d’avoir une panne, autant ne pas chercher le coup d’un soir qui va ruiner ma réputation... »

« T’es con... »

« Cap ou pas cap ? »

« Ouais ?... Toujours cap !! »

« Sale gamine, ce soir, on se décide à choisir quelqu’un sur FB, mais pas n’importe quel quelqu’un, un quelqu’un qui nous plaît bien, on le travaille au corps... et on l’invite à dîner dans la semaine, et en fin de semaine on essaie de statuer ?»

« lol, ...hmm... cap ! Bon Loulou Chou, on rentre ?... Ne fais pas de misères à Rania. »

On arrive chez moi, Rania est dans le salon, sur son ordinateur.

Ils se lancent un salut très froid.

#Note pour plus tard : essayer d’enquêter sur ce qui a bien pu, foutre en l’air le semblant de relation courtoise qui existait entre eux.

Je file dans ma chambre, et je vais prendre ma douche. En sortant, je les entend parler fort.

R : « Mais de quoi tu te mêles ? »

L : « Je voulais avoir l’air poli et compatissant, en demandant de tes nouvelles. Mais tu sais quoi ?... en réalité, je m’en fous... »

R : « Toi, poli ? » (Elle éclate de rire)

L : « Franchement, t’as le cœur à rire et à être cynique... moi à ta place, je la ramènerais pas trop... »

R : « Justement, encore une fois tu fait preuve d’une politesse et d’une compassion exemplaire »

Je les interromps, « Qu’est ce qui se passe ? »

R : « Rien, il essaie d’être poli... mais comme d’hab, comme dans tout ce qu’il entreprend, il échoue... »

L : « C’est toujours mieux que de d’envoyer des gens en enfer et d’en faire naître d’autres dans un enfer... diablesse »


Elle se lève, je me suis imaginé qu’elle allait dans sa chambre, en colère, en trombe... comme une furie.

Mais elle avance vers lui...s’arrête devant lui. Elle est grande de taille, ils sont nez à nez : « Au moins j’ai expédié en enfer un vrai homme... capable de donner la vie... toi, depuis le temps que tu essaies, tu devrais te rendre à l’évidence que tu n’en est pas un, d’homme...tu devrais me remercier, tu as un concurrent en moins sur terre. Et ce sont des enculés comme toi qui font de cette vie un enfer... Va au diable ! »

Elle lui crache à la figure, et lui met un coup de genou dans les couilles. Elle va dans sa chambre et elle s’enferme. Je suis bouche bée. Je ne sais pas quoi dire...

« Et toi tu dis rien ?... Quel poison cette pétasse. »

Et c’est là que je pète un plomb.

« Personne ne prend en considération ce que MOI je peux ressentir... ?? Vous ne pouviez pas éviter de vous dire autant d’horreurs, mais vous voulez ma mort ? »

J’éclate en sanglots... « Merde, merde, merde, merde... Lyès merde... je te disais que j’étais mal, que j’avais envie de changer d’air, de respirer un coup... »

« Qu’est ce que je peux y faire moi, quand je vois que tu assumes les conneries et les mauvais choix des autres, alors que tu es déjà une plaie pour toi-même et qu’on en profite »

Rania revient : « « On » t’emmerde, demande toi si en baisant autant tu ne cherches pas à te convaincre que t’es pas PD. Et Toi (à moi) bien évidemment t’as besoin de tout ramener à toi... la princesse de son petit monde. Pour une fois que tu as fait quelque chose de bien, en regardant un tout petit peu plus loin que le bout de ton nez... t’as tenu deux jours... bravo. T’inquiète, je me casse. »


Elle sort, j’essaie de la rattraper, elle pleure. J’arrive à côté de sa voiture.

« Rania, qu’est ce que tu fais... où est ce que tu vas ? ...S’il te plait, tu t’en fous de ce qu’il raconte... »

« C’est de la vermine... mais il a raison... tu es mal depuis que je suis de nouveau là. Je te revoie dans tes pires jours. »

« Mais justement tu étais là dans mes pires jours... et je veux être là tout autant... »

« Tu l’as été, ça commence à passer. »

« Mais alors, rentre à la maison... s’il te plaît »

« Non, ce soir, je ne veux pas rester là et d’ailleurs, je ne reviendrais pas tant que tu ne me promets pas une chose. »

« Tout ce que tu voudras. »

« Je veux que si jamais je reviens, que tout sois comme avant, que tu arrêtes d’avoir peur de moi, je ne suis pas folle, que tu arrêtes d’avoir peur pour moi et pour ce bébé qui n’est pas le tien, tu ne vas pas l’élever, tu n’en n’est pas responsable. Je suis la mère et la seule...Personne ne te demande rien. Sois tu acceptes de vivre comme avant, de découcher, de recevoir du monde, de partir en voyage, d’aller en soirée, d’être l’insouciante que tu as toujours été, ou alors, je ne reviens pas... Appelle-moi dimanche pour me dire ce que tu en penses. Mais c’est un engagement ferme.»

Elle démarre.

« Bon d’accord mais tu vas où ? »

« Ce n’est pas ton problème, à dimanche... »

Et elle est partie en trombe.



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