lundi, décembre 06, 2010

Jour 32


J’ai disparu... c’est ce que je fais de mieux... J’ai travaillé et lu, mais très peu écrit. Je manque d’inspiration, il n’y a que cette page blanche qui me fiche la trouille en ce moment. A travers ce blog, je me suis habituée à être honnête et à tout dire, il devient un vrai poison... une addiction, un juge...

Je l’ai fui... comme j’ai toujours fui chaque chose à laquelle je m’attachais.
Dernier soir dont je parlais, je suis allée au golfe en ayant revêtu le masque de Miimii. La dégaine ferme et sereine, j’ai passé la soirée avec mes amis, complètement snobé Samuel, et tous mes cousins qui parlaient comme d’habitude d’immobilier, d’argent, de diamants et de pouvoir.

Je me suis barrée avec mes amis au Sindbad, à la première occasion, en laissant toute ma vie actuelle en plan. J’ai crié mes mots d’amour à un inconnu mais qui concernaient-ils ?

Il m’a écoutée, j’avais l’impression de le connaître depuis toujours, j’ai commencé par « Je sortais avec un mec connu qui se la pétait trop, et puis il m’a aimée, et j’ai fini par l’aimer... et mais il m’a mal aimée et puis trop aimée... et j’ai étouffé, alors j’ai voulu respirer un coup et il a voulu me rendre jalouse avec des pétasses. Mais ce qu’il ne sait pas... c’est que les jeux de putasserie... je les ai inventés. Alors je l’ai largué... et sans regrets, parce qu’il s’est rabaissé à m’aimer à un niveau indescriptible, ce con. » Je m’arrête, je le regarde de plus près : Il est mignon, il a l’air jeune... et je me sens tellement ridicule de parler comme ça à un parfait inconnu. Mais ça ne m’empêche pas d’enrouler mon bras autour de son cou et je continue, et il a l’air super attentif. « Et je me suis envolée vers Paris, c’est ce que je fais toujours quand je me sens pas bien. (il sourit) Après lui, et pour passer à autre chose, je suis sortie... heu... non... j’ai eu une histoire... je me suis tapée... heu, non... je me suis pas tapée, on n’a pas couché ensemble... un ami de mon père qui m’a traitée comme une princesse, le mec a 40 balais, il m’a troublée. Lui aussi je le fuis, il veut manipuler mes rêves. C’est une sorte de détournement de mineur, vu la différence d’âge... enfin, je ne saurais pas t’expliquer... je viens de quitter le golfe, et ce matin son lit, parce que je sais plus ce que je fais. Ce qui est sûr c’est que je fais n’importe quoi. Mais dis moi, t’es venu avec qui ? »... On se parle un peu... il me dit qu’il s’appelle Skander, qu’il a 23 ans, et il me dit qu’il me connait, que j’achète chez lui mes DVD piratés. Je me regarde ahurie... je venais de lui raconter toute ma vie sentimentale.

Je me lève et je le regarde. Il me rattrape par la main et me tire pour me rasseoir : « Myriam... »
« Tu connais mon nom ? »
« Oui, sur tes chèques... tu es une des rares personnes qui achète 100 DVD à la fois, je t’oublie pas et mon patron non plus... j’ai même ton numéro de téléphone, il est facile à retenir c’est une répétition de nombres et tu l’écris toujours au dos du chèque et tu as toujours ce stylo argenté brillant et les ongles très rouges... l’image me marque... ».

Je le regarde ahurie, silencieuse, pleine de regrets d'avoir balancé tout ça et il reprend :
« Bon... ça sent la nana qui ne reviendra plus. Tu te sens capable de demander la compil' entière de The L Word et the Real L Word, ailleurs, sans qu’on pense que tu préfères les femmes. Bon tu viens de me dire que tu préfères les mecs de vive-voix... je n’avais pas de doute mais qu’est ce que je me sens soulagé, ça aurait été un tel gâchis. » (Il rit, qu’est ce qu’il est à croquer !!!).
Il parle à merveille, il est chou mais tellement chic en même temps... :)
C’est là que je ne peux pas m’empêcher de sourire et je reprends :

« Non j’irais pas ailleurs, parce que je dois te surveiller, tu en sais trop et si tu parles je vais devoir te liquider... »

« Je me sens déjà liquéfié, si ça te suffit... En réalité tu es ... bavarde et même, je dirais que tu en as trop dit... alors que tu as l’air généralement, si... hautaine, détachée et si insupportable ! Tu continues d’acheter tes DVD de lesbiennes de chez moi où je balance tout? Surtout quand le mec d’en face, celui qui vend les posters sort de son magasin à chaque fois qu’il te voit t'arrêter pour te dire bonjour et vient me voir juste après pour me dire : « Cette nana... elle est juste ... inaccessible !! »

On se met à rigoler. Et puis, la soirée se termine comme ça. Je rentre, je me couche avec le sourire aux lèvres. J’avais tout oublié, Samuel et le reste... Le jour de l’Aïd, je l’ai passé en famille, mais je ne suis allée au domaine que pour la journée, et j’ai passé la journée aux basques de ma mère, elle n’avait pas de quoi se plaindre, elle se sentait comme mes tantes, j’ai même aidé à enfiler des brochettes. Tout ça pour fuir Samuel, qui ne m’a pas quittée des yeux de la journée. Je reçois un message FB :
Samuel **** : « Joli petit cul dans ce jeans ».
Il me regarde le lire et je souris... je réponds.
Miimii Emmiimmii : « Merci, tu me regardes trop... t’es pas discret ! »
Samuel **** : « Je fais ça quand je ne comprends pas ce qui arrive... Tu es si lunatique ? »

Miimii Emmiimmii : « Oui, peut être, mais je ne comprends pas non plus, alors il vaut mieux... »

Samuel **** : « C’est toi le boss, princesse, je rentre après demain à Paris, je peux espérer te voir ici, ou par hasard là bas, après ton prochain chagrin d’amour. »

Miimii Emmiimmii : «Je passerais prendre un verre demain à ton hôtel ou peut être une petite soirée à deux, d’adieux, dépendra du mood»

On échange un sourire, dès que l’apéro digestif est servi, je prends la bénédiction de ma mère, ma voiture et la route.

En route, je reçois un sms : « J’ai pu maintenir le silence des agneaux jusqu’à aujourd’hui, mais aujourd’hui l’agneau est mort... alors, je me permets de te souhaiter un joyeux aïd. Passe prendre un film pour écourter la journée du 2ème Aïd. Skan.»

J’adoooore les petits mots subtils... j’éclate de rire et je mets la musique à fond et j’appuie sur le champignon, aujourd’hui, je suis heureuse de vivre... pourvu que ça dure !

1 Avis sur ma vie:

illusions a dit…

Prendre les choses plus simplement, profiter d'un bon moment qui s'offre sans trop se casser la tête, et voilà, le sourire illumine de nouveau ce beau visage de Myriam :)

Mais ne pas trop se casser la tête est difficile à trouver chez la Mimi :)

6 décembre 2010 à 17:31