Jour 43

Nous avons passé deux jours agréables et puis il est reparti. Comme j’avais une connexion Internet convenable et l’aval de mon boss, j’ai passé deux jours supplémentaires enfermée dans une chambre d’hôtel à dormir, travailler, regarder des séries, et m’ « introspecter. »

L’introspection a mené à une grande question. « Le dépassement et l’excès, mais jusqu’où et finalement contre qui ? »

Pourquoi j’ai toujours autant de choses à prouver, mais à qui ?


Franchement, ma copine me maltraite chez moi, mais alors pourquoi je la garde ? Elle est malheureuse, mais ce n’est pas mon problème... mais si je la vire ? Est-ce que ça veut dire que j’exécute les volontés de mon psy (et de ce fait, je dois admettre que je n’ai pas de libre arbitre) ou que j’exécute les conseils de mon meilleur ami qui a une vie pourrie (et de ce fait, je dois admettre que je n’ai pas de personnalité).

Ne pas supporter que mon amie d’enfance se marie avec l’homme que j’ai le plus aimé dans ma vie ? Mon complice de meurtre ? Est-ce que souffrir de cette trahison ne ferait pas de moi quelqu’un de tout simplement et de normalement humain ? Est-ce- qu’admettre d’être « normale et humaine », ça me rendrait plus heureuse ? Est-ce qu’accepter d’être parfois malheureuse pourrait me rendre plus simple et surtout à chercher à avoir moins de contrôle sur ma vie?

Samuel est parti pour Paris, il sait que je pars avec les filles à Marrakech pour Noël, et il propose de me rejoindre, certains de ses amis participent au tournoi de golfe auquel je vais assister. J’ai refusé. Je n’y crois pas à cette histoire d’amis-amants, tout droit, sortie de Gossip Girl. L’un de nous va se crasher et à son âge ça peut être mauvais pour ses articulations et son arthrite.


Par ailleurs, le dossier Sam réveille en moi le démon de ma mère : « Qui va épouser ma fille ? »

En fin de compte Maman a raison... Qui va m’épouser ?

Sam a été très clair, pas d’amour, pas de mariage... Est-ce qu’il dit ça parce qu’il pense que je ne veux pas ma marier ?

Mais est ce que je veux me marier ?

Qui m’épouserait ?

Mais pourquoi m’épouserait-on ?

-Pour le fric, et d’ailleurs en majeure partie, celui de mon père. L’argent que je me fais ne m’achète même pas un sac. Franchement, trimer tout un mois pour s’acheter une pochette en python... c’est tellement réducteur.

Disons que d’après moi grande philosophe incomprise du XXIe siècle, il vaut mieux travailler, pour être fière de soi, donner des leçons aux autres et acheter une pochette en python et les chaussures coordonnées et tiens... cette jolie robe qui irait avec à merveille... avec l’argent de Papa.

-Pour ma personnalité, oui, mais faudrait que ce soit quelqu’un qui a du fric lui aussi, pour me payer psy et anxiolytiques, afin de pouvoir me canaliser.

-Pour ma vie de débauche, cette vie même que je déballe sans secrets sur un blog que tout le monde lit sans même se douter qu’il s’agit de moi. Parce que je ne parle pas de moi, parce que je ne me confie pas dans la vie. Parce qu’ils savent que je disparais, et que je ne dis jamais où j’étais... Le seul biais sur ce blog est l’espace temps, je ne raconte pas ma vie en temps et en heure, mais avec un léger décalage... et personne ne s’en rend compte, parce que personne ne me connais vraiment, et personne ne sait vraiment tout de moi.

Parfois, j’aimerais bien dire à ma mère, « Maman, moi aussi je voudrais savoir pourquoi je ne suis pas comme toutes ces filles. Pourquoi quand je sors avec un mec, je n’attends pas sa demande ? Pourquoi je ne m’imagine pas avoir des enfants avec lui et un toit, et un couple d’amis mariés eux aussi, qui viennent prendre le Sunday brunch ? Pourquoi je ne rêve pas de robe de mariée et d’alliance ? »

Parce que finalement quand j’y pense, ça me ferait chier de n’avoir UN mec exclusif dans ma vie. Ça ne veut pas dire que je veux avoir plusieurs mecs dans ma vie, (quand j’aime je suis fidèle et je n’imagine pas de time line jusqu’au next.) mais je ne veux pas me dire que j’épouse un mec pour la vie et pour le pire, pourquoi j’aurais à subir le pire des autres ?

Déjà j’ai du mal avec le mien... de pire. Alors pour ce qui est de l’infliger qq1 d’autre en qu’en contrepartie cet autre te l’inflige en retour...# So unfair !

Est-ce que choisir quelqu’un pour la vie (sans dérogation possible), rassure les gens qui ont peur de vieillir et de voir « son autre » détaler en courant quand le sex appeal de sa douce à 63 ans, frôle le néant ?


C’est vrai que c’est bien d’avoir une personne à ses côtés pour partager des choses, les joies, les peines, les coups durs, les déceptions, la souffrance... mais cette personne en est souvent la cause (souffrance, déceptions et peines...).

Quand tu épouses un mec, tu te couches avec, tu te réveilles avec... comme un pyjama tout doux. Sauf que parfois le mec il ronfle et il pète au lit, et parfois il tire la couette et de laisse frigorifiée.


Parallèlement, quand tu épouses un mec, tu fais l’amour quand tu as une insomnie et tu te rendors comme un bébé (malsaine l’image, I know). Mais s’il ronfle, c’est lui qui ne te laisse pas dormir. Et même si tu pars faire un petit tour sous la couette pour réveiller sa virilité, afin de prendre ton sédatif (voir plus haut pour comprendre la métaphore), il est fort probable que tu découvres la belle surprise qu’il t’a laissée, en train de fermenter, bien au chaud sous la couette (oui, oui, le pet de tout à l’heure).

Quand le couple n’est pas marié, le mec se brosse les dents avant de t’embrasser le matin. Après le mariage, tu dois supporter les vapeurs d’alcool et du camembert des toasts de l’apéro, avant qu’il te dise avec la plus grande classe, « je vais faire caca, la vodka me donne toujours la chiasse le lendemain».

Avant de te marier, il te mate quand tu t’habilles et n’attend qu’une chose, te coincer entre les deux battants de la porte du dressing... Une fois mariée, il te regarde t’habiller et te dit « Tu vas te mettre en string devant tes collègues ? » comme su tu allais au bureau sans pantalon et il n’aura plus d’attrait pour la lingerie que sur les autres.


Parce que le soir, il te fait l’amour alors que tu es déjà en pyjama en éponge avec des Hello Kitty dessus, il le regarde même pas, il le retire et se fiche de savoir ce qu’il y a dessous, même si c’est la vieille culotte de règles bien pourrie achetée en lot de trois à Carrefour.


Bref, la vie pantouflarde ne me plaît pas et ne m’attire pas du tout. J’ai besoin de séduction, de peur, de risque et d’émotions. Je veux imaginer, soupçonner, profiter de l’instant et ne pas savoir de quoi demain sera fait.

Et je pense que c’est pour cela que personne ne veut m’épouser... parce qu’on veut épouser une fille dont les ambitions ne l’empêchent aucunement de préparer un potage à la courgette les soirs de grand froid, quelque soit le client, le projet ou le plan de carrière auquel elle pense.


Ils veulent tous une fille qui repasse à merveille les chemises et qui ne repasse pas ses dossiers en pleine nuit pendant ses insomnies (ils préfèrent celles qui explorent les fosses septiques, voir plus haut pour comprendre la métaphore). Une femme qui les attend à l’aéroport quand ils rentrent de mission, pas celle qui est tellement souvent en voyage d’affaires qu’elle rentre à la maison en taxi et qui dit « Chéri, y a un truc à bouffer ? »

Quand une fille tient tête à son patron, ça excite un mec... quand elle reste sa collègue. Pas quand c’est sa femme t qu’il s’imagine que tous ses collègues (du genre masculin) soient excités par cette force de caractère.

Un homme est toujours content que sa copine ai un chez elle, qu’ils soient libres d’avoir une intimité, mais une fois qu’il pense mariage, il préfère celle qui n’a jamais eu de chez elle et celle n’a jamais eu d’intimité avec personne.

Moi, je pense que c’est ce qui m’empêche de passer au stade du mariage... et de la stabilité. Ce sont peut être les préjugés des hommes sur les femmes et leurs statuts, et la manière de penser des femmes de ma génération qui sont conditionnées par le mariage, et conditionnées pour se marier, qui m’empêche de rentrer dans les rangs. Qu’elles arrivent à faire croire ce qu’elles veulent aux hommes avant et inversement ces pauvres hommes les fassent rêver avant de les épouser et pour qu’ensuite on continue à vivre ensemble en faisant comme si ça ne nous emmerdait pas, comme si on ne s’était pas menti et comme si on avait envie d’y rester toute la vie.

Voilà pourquoi Maman, je ne veux pas me marier... parce que je n’ai trouvé personne qui me donne réellement envie de ne pas faire semblant. Je ne me marie pas parce que je n’ai pas envie de me perdre en faisant semblant.

Je me sens mieux maintenant, Adios Tabarka je rentre à Tunis, et je vais à ce mariage, et je vais avec mes copines à Marrakech pour passer noël avec l’argent de Papa, et je kiffe la life.

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Jour 42


Il a loué une voiture confortable, nous sommes partis tôt, tant que les conditions météorologiques le permettaient encore... Nous n’avons parlé que de banalités toute la route. Je lui ai demandé des conseils sur mes orientations au boulot, je commence à m’ennuyer du boulot que je fais. Il me dit qu’il est venu la dernière fois et qu’il a eu des gens avec des personnes intéressées de ramener des nouvelles marques de fringues au pays. Il est grossiste et revendeur en marques d’habillement de luxe pour hommes à Paris. Il me propose de l’aider à lancer ces marques en Tunisie. J’accepte, il s’agit de mon travail et je le ferais avec plaisir, si c’est pour me permettre de prendre un bol d’air.


Lorsque nous arrivons à l’hôtel, il prend deux chambres jusqu’à dimanche, avec possibilité d’allonger le séjour. Je le regarde « Mais pourquoi ? Je bosse lundi. »

Il me fait mine de la fermer, oui dans ces termes là. Il n’a pas dit un mot, mais il a eu ce regard qui disait : « Tais-toi petite ».

Ça me laisse à peine le temps de réfléchir au fait qu’il a pris deux chambres... mais pourquoi il a fait ça ?


Je sens ma patience s’écouler comme le sablier de Fort Boyard, bientôt je vais m’entendre dire « Sors... ». Le chasseur m’accompagne à ma chambre, la sienne est à côté. Je suis restée dans ma chambre en attendant qu’il frappe, mais il ne l’a pas fait... je suis déstabilisée. Je me déshabille et je prends une douche?... je vais frapper à sa porte ?... Je ne fais rien, j’enlève mes chaussures et je me mets à regarder la télé. Au bout de 30 min, il m’appelle sur le téléphone de la chambre. Il me demande de venir. Je repasse devant le miroir, je me recoiffe et j’y vais en pantoufles en éponge.


Il y avait du champagne et du jus de fruit, de la vodka, il a allumé des bougies, et mis de la musique sur sa station d’Ipod. Ça sentait le plan cul. Ça me met hors de moi, ça se voit à mon regard dur et fixant un point. Je m’assois sur le rebord du lit. Il est en casual wear, il s’est changé. Un jeans Used et une chemise bûcheron légère, et pieds nus. Il a de beaux pieds, toujours nickels, et ce parfum #Fétichiste.

Il se sert un verre de vodka sec, s’assoit en face de moi. « Qu’est ce qu’elle a la petite puce ? »

... Je ne réponds pas...

« T’as pas l’air bien ma petite chérie »... il me caresse les cheveux... je lui pousse la main. « Tu peux arrêter de me traiter de « petite » et de « puce » ? On est venus pour quoi ? »

Il rit.

« On est venus pour prendre du bon temps. »

« C’est quoi ce cirque ? Tu veux que je me saoule pour qu’on se décide enfin à coucher ensemble. Mais je n’ai jamais dit non, moi».

Il s’approche et m’embrasse, ce n’était pas un baiser tendre, c’était un peu violent. Et de plus en plus, je le sentais venir sur moi. Je lui ai à peine rendu son baiser au début parce que je ne comprenais pas qu’il m’appuie tellement dessus. Et il venait de plus en plus sur moi, mais en même temps ce baiser devenait si ardent que je ne savais plus si je devais le pousser, ou me laisser aller. Il est fort et je finis par me laisser aller, je sentais que je n’en avais jamais eu aussi envie. Je sentais également qu’il n’était pas du tout sous le coup de l’émotion, mais qu’il maîtrisait très bien ce qu’il faisait... J’étais dans tous mes états, chacun de ses gestes, de ses mouvements... C’est un homme fort, qui s’y prend à merveille, je n’ai plus envie qu’il me lâche. On ne s’échange pas le moindre baiser, sauf celui qui a ouvert les hostilités. Mais une vingtaine de minutes plus tard, il se lève et va direct dans la douche, il ne me dit pas un mot. Il m’a bien fallu une dizaine de minutes pour que l’extase retombe. Les conditions ont fait que j’ai rarement vécu une sensation d’une telle puissance. Quand la réalité a commencé à prendre le dessus... je commence à réaliser que...

« Tu vois, on a finit par coucher ensemble... et contrairement à ce que tu crois, je ne voulais pas ça et ce n’est pas pour ça que j’ai fait toute cette mascarade... mais je vais tellement dans les hôtels que je fais tout pour oublier que j’y suis, ça c’est pour l’ambiance. Pour l’alcool, j’avais envie de boire pour avoir la patience de supporter des gamineries habituelles qui me font craquer, et sachant pertinemment que tu ne bois pas de vodka, j’ai fait ramener du jus de fraise frais par le room service, mais pour ne pas avoir l’air d’un crevard ou d’un mec pas galant, j’ai rapporter une bouteille de Moët que tu aimes tant de Paris, et des macarons réglisse et une bougie « fleur d’oranger » de chez Ladurée, tes petits plaisirs préférés. Tu noteras que j’ai bien appris ma leçon, mais que tu viens de tout gâcher.»

... abasourdie...

« Enfin... gâcher, c’était plutôt pas mal » (il sourit)

Je ne sais pas quoi dire, je file dans la douche, je n’ai pas arrêté de sourire, c’était tellement bon, mais je dois faire la fille indifférente. En sortant, il n’y a pas de second peignoir et les serviettes me couvrent à peine. Je dois l’appeler pour qu’il me donne le peignoir... je fais celle qui n’est pas touchée. « Sam, je peux avoir le peignoir ? J’ai froid ».

« Sors toute nue, je ne t’ai pas assez regardée... et je t’ai trop souvent matée habillée.»

« Arrête tes conneries, donne moi le peignoir... »

« Et elle remet ça avec ses gamineries... »

« Tu as dis que tu adorais... » Il me ramène le peignoir, il a mis un boxer, il m’a mis le peignoir et m’a tenue dans ses bras pour me réchauffer. Puis, on s’est assis, sur le lit, il m’a coiffé les cheveux, il s’appliquait à les dénouer sans me faire mal, il les caressait, c’était plutôt drôle.


Je m’enfilais des coupes et des macarons... moi l’amour ça me donne faim et le bonheur aussi. Il paraît qu’on est coincés à cause du mauvais temps, tant mieux, j’avais pas l’intention de partir. Il ne m’embrasse toujours pas, il suit euronews, portant ses lunettes de presbyte, le modèle Tag Heuer, et lisant un truc sur son ipad, dans ce cas, je fais la même chose, je mets mes lunettes (je suis à peine myope, mais j’ai toujours mes wayfarer sur moi, on sait jamais si je croise un bel ophtalmo :)) et je me mets à lire Elle sur mon Ipad. Très symbolique l’image, champ’, macarons et peignoir, des ipad, des lunettes, et babouches marocaines en cuir.

Il se lève pour ramener un truc dans sa valise et me sort un paquet, il m’a offert la jacket pour Ipad, en Damier de LV. Je suis contente, c’est un joli geste et le cadeau est tout à fait à mon goût. Quand je l'embrasse pour le remercier, j'ai senti l'émotion d'un vrai premier baiser, j'en avais les joues en feu.


Nous passons commande auprès du room service pour le diner : du pain, du beurre, une omelette et au moins 5 bouteilles d’eau parce que nous mourrons de chaud dans cette chambre où nous avons mis le chauffage à fond. Il y a de la neige dehors. Il a ramené du foie gras, du saumon, du tarama et plein de petites conserves de crème de châtaignes et de tartinades en tous genres. On s’est fait un petit dîner sympa, comme si ça faisait des mois qu’on était ensemble ou de vieux amis. Mais nous n’avons pas échangé un mot sur les faits. Et puis paradoxalement, comme un vulgaire plan cul, chacun est allé dormir de son côté, chacun dans sa chambre, sans même remettre le couvert.


Le matin, je suis réveillée par le téléphone de la chambre, j’ai l’impression de n’avoir dormi que 10 min, effectivement, il me dit qu’il n’est que 6h30 et qu’il aime bien être le premier au buffet du petit dèj quand il est encore bien garni. Il passe me prendre, je suis en maxi dress et lunettes de soleil, les cheveux en queue de cheval ébouriffée et il m’embrasse sur la joue et me dit « Tu es sublime gamine ! ». Il avait un sac, je m’assois, incapable de bouger, #pas-du-matin. Il me sert et me sors du Nutella, encore des macarons et des petites confiseries de Fauchon, spécialement ramenée de Paris. Je réalise que je suis de nouveau dans le conte de fée « Samuélien ». La chute va-t-elle être terrible de nouveau ?

Il me traite comme une princesse, me tartine mes petits pains :) (N’y voir aucune image salace... quoique :) ) Et me ressers quand besoin est.

Ensuite, il me propose d’aller courir un peu avant de passer à des soins en thalasso. Nous avons couru dans la salle miteuse du Tabarka Beach, avant de se faire masser et de se baigner. Face à la piscine, nous avons fait la satire de la société tunisienne... c’était plutôt marrant, il est subtil et intelligent et j’adore ça... Il m’attrape la main et l’embrasse, je suis vraiment la princesse de mon monde à l’instant T (cc Rania). Pourvu que ça dure. Je fais tout pour éviter tout sujet qui fâche et je n’attends que de me retrouver dans ses bras, puisque mes angoisses étant envolées, je me sens en plein possession de mes moyens pour profiter de lui et des relations intimes qui nous ont tant rapprochés la veille. Aujourd’hui et depuis hier, Sam et moi, nous sommes intimes :) et ça me fait sourire.


Après les soins, il me propose de se faire un plan grignotage dans la chambre et d’aller ce soir au resto "Spécialité poisson" qu’on lui a conseillé.

Je vais me doucher dans ma chambre, je me sens très zen et très molle après tous le sport, le massage et la piscine. Quand je reviens près de lui, il avait préparé la table et on s’est assis pour manger. Intelligent comme il est, il a choisit ce moment pour parler. « Alors mon cœur, qu’est ce que tu attends de la vie en ce moment ? »

« Hmm, ma prime, les soldes, un diamant, le rétablissement de mon père, et peut être un mec, ah... et aussi une amnésie pour les prochaines semaines. »

« Pour ta prime et tout le reste je peux m’arranger, mais pour le diamant est-ce qu’il doit avoir un sens ou c’est juste un caillou, et pour le mec, il doit avoir un rapport avec le diamant ?... pour ton père, on va prier, pour ton amnésie un bon coup sur la tête et pour le mec... du genre « adopte un mec » ? ou du genre Aime moi ? »

« Tu trouves pas que tu poses plein de question et plus sérieusement, laisse moi réfléchir... « Aime-moi » ? oui, ça me semble être un bon plan, mais je suis sûre qu’au bout de quelques mois, ça deviendra « Lâche-moi, tu m’étouffes !» »

« Est-ce qu’un Homme, tu sais avec un « H » de par son âge et qui plus est, qui vit à Paris... »

« Ecoute « mon vieux », sauf ton respect, je suis la petite gamine qui peut faire vibrer ton engin grâce à ses cuisses musclées, mais... après question intérêt... je sais pas si je suis à la hauteur... »

« Merci pour ce témoignage, là tu mets le doigt dessus... »

« Non, chéri, ce n’est pas encore Alzheimer mais là j’ai le doigt dans tes cheveux... ça s’appelle des cheveux ce que tu as sur la tête et non... »

On en rigole tous les deux ...

« Je veux dire que tu es touchante de fragilité, de sensibilité, d’émotivité... et c’est ce que j’aime chez toi...et cette intelligence, cet esprit aiguisé, cet humour, ce sens des valeurs et ces principes. Tu as tout ce que je recherche chez une femme, et tu peux redonner un sens (dans le sens une voie et des objectifs) à ma vie... et je sais que je peux faire de même avec la tienne. Nous réussissons tout le reste par nous même, donnons nous la chance de réussir cet obstacle à deux. »

« ... et la famille ? »

« Je ne t’ai pas encore fait la demande bébé, ... et je ne compte pas le faire. Et c’est pour cela que je t’ai demandé si le mec et le diamant avaient un lien. »

« Ah... alors le deal, c’est de faire un bout de chemin ensemble, sans voir plus loin que le bout de ton nez... oui, de ton point de vue, je comprends le plus gros est passé ! »

« Mon âge ne me pose aucun problème, et j’ai 43 ans, je ne suis pas non plus sénile... mais j’ai toujours pensé que le mariage, pour le moment, ne fait pas partie de tes objectifs et des attentes que tu as d’un couple. »

« Bon... en réalité... je n’y ai pas pensé, mais dit comme ça... Mais est ce que je te plais en tant que femme ? Ou alors ... »

« Non, j’ai jamais aimé les jeunettes, mais ici à Tunis, j’impressionne et attire les gamines de 20 ans, qui aiment le bling bling et dont le cerveau et moins développé que le tien et qui sont par conséquent moins prise de tête. Mais c’est toi que je veux. C’est la 2ème fois que je viens à Tunis pour toi, parce que je ne suis pas amoureux, mais je sens qu’on peut dans un premier temps devenir des amis-amants dans une relation bien « space » comme tu les aimes, et finalement moi aussi... on est pareils, c’est ce que j’aime chez toi... »

« C’est vrai qu’on se comprends pas du tout et c’est ce qui nous attire ! ... Bon J’accepte... Je signe où ? »

« A partir de maintenant, c’est moi qui décide... » Et il pose ses lèvres sur les miennes... et c’était le moment le plus doux de ma vie, avec l’homme le plus viril et respectueux de la femme, qui sait à merveille honorer l’engagement que nous venons de prendre l’un vis-à-vis de l’autre.



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Jour 41




En ce moment, je suis en plein rapport d’objectifs de l’année 2010, j’ai largement rempli ma mission, j’en suis fière. Ma prime aura 5 chiffres. Pas de nouvelles de M., je lui ai envoyé un MP pour le remercier, même si le lendemain je me suis réveillée dans le mood « Mais pour qui il se prend ce con!! ».

Lyès a rappelé la petite demoiselle qui sent le sexe, pour finir au lit... elle a du regarder sur son agenda avant de répondre, il a du faire le chauffeur, a payé le resto et l’a accompagnée au Sindbad pour qu’elle rejoigne ses amis. Elle ne lui a même pas proposé de se joindre à elle. Il s’accroche... Lyès adore les moules presque avariées...

Mes démons de la nuit me reprennent... je ne dors que sous médication, mon psy est en train de me faire revenir vers l’accident, mon ex et pourquoi on a rompu... Au même moment, j’entends que Monsieur prépare son mariage avec celle qui a été pendant toute mon enfance... mon amie. Mes parents iront... me forceront peut être même à y aller parce que les parents de S. sont leurs amis de toujours. Ça ne m’étonne même pas que ma mère aille choisir la robe avec elle en ayant des soupirs de nostalgie, en ressassant le malheur que je lui inflige de ne pas être « comme tout le monde ». Elle traitera mon histoire avec lui d’amourette sans lendemain... si elle savait que jusqu’a maintenant chaque centimètre de mon corps pense encore à lui. Mais je me connais, maso comme je suis, j’y pense pour me faire du mal... Je n’ai rien d’autre à foutre... je m’ennuie alors je me scarifie le cœur... c’est tout moi !

Comment a-t-il pu m’oublier comme ça ? Sortir avec mon amie sans aucun scrupule et finir par se marier avec elle... Moi, petite princesse de mon monde (ccRania) je ne peux pas accepter ce mauvais traitement à mon égard. Ce que ça sous entend, c’est que finalement je n’ai pas tant que ça d’importance, il l’a trouvée elle, pour le réconfort, l’amour, la confiance et pour vaincre la peur de l’engagement, pour amadouer sa mère trop castratrice... et puis aussi pour faire la fête dans leurs délires douteux....

Je n’aime pas être parmi les pions qu’on « couche » sur l’échiquier... J’exige de rester la dernière debout. Mais sur ce coup, couchée, je n’arrive pas à me relever, je me sens comme une tortue renversée sur sa carapace, en train de gigoter des 4 membres sans résultats. Ma mère m’en veut, S. a choisi entre lui et moi et elle à choisi « lui »... et il a choisi entre elle et moi et il a choisi « elle ».

C’est l’évènement du moment, et personne ne peux m’écouter, trop égocentrique et occupé à se trouver « the » it-dress pour que « Tout le monde en parle » et puis ayant toujours caché ce qui se passait entre nous, qui va bien vouloir m’entendre sur un sujet qu’on aurait aucun mal à démentir au vu de l’attitude social que nous avons toujours eu tous les deux.

Ce week end semble difficile à envisager... je n’ai pas envie de le passer à la maison avec Rania qui se goinfre en laissant des miettes sur le clavier de l’ordi. Ça me dégoûte... le fait qu’elle se goinfre, le fait qu’elle laisse des miettes et aussi cette déformation du corps, absolument dégoutante. Je n’arrive même plus à la regarder en imaginant que dans quelques mois elle aura ces amas graisseux et des plis partout, des vergetures et de la cellulite... Oui, je sais je suis en mood sorcière, mais je suis tellement en colère contre la vie que je mène en ce moment que j’aurais bien noyé son bébé dans le lavabo. Elle est la cause de mon relâchement, de mon retour en arrière, de ma dépendance au psy et au fait que je reprenne des médocs. J’allais bien moi... et tout est tombé à l’eau.

J’ai répondu à Sam par MP, un simple « Tu viens » et je pars avec lui ce soir, à Tabarka sous la neige...

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Jour 40

Crédit de photo: Hanene Saidi ©

Entretemps, j’ai trouvé un MP de Samuel qui datait d’un siècle. « Je t’ai attendue la veille de mon départ, et du coup en t’attendant, j’ai eu le temps de me poser la question de savoir si tu te foutais de moi, si tu avais du temps à perdre, ou si j’avais l’air d’être un vieux con dont on peut faire ce qu’on veut ? ... Je me disais qu’en arrivant tu me le dirais, et bien, tu n’es pas venue. Je t’envoie ce message de Paris, il fait froid, il neige, et je suis à mon bureau face à la fenêtre, j’ai envie de te voir, dans un autre cadre que d’habitude, qu’on se parle, qu’on soit sincère, qu’on se dise des trucs même s’ils ne mènent à rien... pas des « je t’aime », mais peut être des « je suis indifférente, j’ai joué... »Mais au moins que ce soit la vérité, qu’on brise ce mystère et qu’on dépasse cette étape d’incompréhension. Tu viens ou tu veux que je vienne ? »

Je le lis et le relis en diagonale. Je lui répondrais peut être mais pas maintenant.

Lyès m’appelle « alors dégonflée ? Tu sors ce soir ? » ... le mot dégonflée griffe mon ego. Et je lui réponds « Ben oui, évidemment... », Il me dit : « Bon, je sais que t’es une mytho et que tu es capable du pire pour gagner. Alors rendez vous à 21h au golfe. On se dira bonjour comme si on se retrouvait là par hasard. »

Quand je raccroche je me rends compte que je mentais... et que je n’ai rien prévu. J’envoie un MP à mon « date » présumé « ça te va si ce soir on va au golfe pour que je puisse gagner mon pari ? ... 21h ça te va ? »

J’ai le cœur qui bat en attendant une réponse immédiate si par hasard, il recevait une notification sur son mobile ou que par miracle, il soit derrière son ordi.

J’avais trop de boulot et de choses à faire tout la journée, mais j’étais scotchée à checker mon push mail et à vérifier mes notifications. J’étais vraiment stressée, je n’ai jamais supporté d’attendre les mecs... C’est pour ça que j’ai du développer cette attitude malsaine vis-à-vis d’eux parfois... Bref, comme une ado la veille de la Saint Valentin, j’ai attendu sa réponse... qui n’est arrivée qu’à 18h30. J’étais en rogne, mon égo et le manque de savoir vivre de mon cavalier ont failli me coûter la victoire... J’ouvre impatiemment la réponse et elle est ... tellement inattendue... « Oui, ça me va. Je vais au lancement du livre de Neïla Azouz, au Villa Didon, passe me prendre, et on ira ensemble au Golfe. »


Il est trop tard pour s’échanger des messages FB, je fais quoi ?... J’appelle Lyès pour annuler et accepter ma défaite... ou je vais rejoindre un quasi inconnu, dans un endroit où j’ai été invitée par message FB ? Et m’afficher en public, face une quantité considérable de personnes que je connais... au bras d’un mec avec qui je suis liée par une discussion Facebook et un pari débile ?...


Je rentre chez moi après le boulot, et je me dis qu’en ce moment ma vie manque de fantaisie.

Quand je tourne la clef dans la porte, Rania me dit « Soirée DVD ? »... ah oui, j’ai oublié de mentionner qu’elle est revenue et que j’ai promis de vivre ma vie et d’en avoir rien à foutre... voilà une raison d’aller dîner avec M.

Je vais dans ma chambre, je me mets sur mon 31, bien décidée à briser cette routine effrayante dans laquelle ma vie s’est installée malgré elle. Et je suis allée à Villa Didon, dehors une enseigne lumineuse disait « Alors on parle, chroniques de Jet Set magazine ». Je suis entrée, je cherchais une personne dont je n’avais même pas les coordonnées téléphoniques, je me sentais un peu bizarre d’entrer toute seule, de dévisager les hommes pour trouver le mien. J’ai vu pas mal de gens que je connaissais. J’ai vu l’auteur, dans sa jolie robe gris perle style bandage d’Hervé Léger. Je ne la connais pas personnellement, je n’ai donc pas pu me présenter pour la féliciter puisqu’elle m’a gentiment invitée en tant que Miimii et je n’avais aucune envie de briser mon anonymat. J’ai très vite retrouvé mon cavalier qui était en charmante compagnie. Il m’a présentée par mon nom et prénom, sans détails. Ça m’allait... j’étais un peu gênée, bien que la glace a été très vite brisée, puisque je connaissais ces filles de par mon boulot.

Trente minutes plus tard, il me propose de partir et d’aller au restaurant. Il a eu la délicatesse de m’offrir le livre, dédicacé à son nom :) ... et j’ai trouvé ça original.

Et il me dit « Les histoires de nana... ce n’est pas mon truc, tu m’en parleras :) »

La photo de N. est sublime (Fan de photos, j'ai par réflexe demandé qui en est l'auteur,on m'a dit que c'est une photo de S. Snoussi), sobre et très classe et le livre a la taille d’un journal intime, ça nous rapproche tout de suite de l’auteur. C’était plus sympathique que de recevoir des fleurs qui auraient fini à la poubelle dans 3 jours.


Il monte en voiture avec moi, il n’avait peur être pas la sienne. Je reste quand même accro à la galanterie... ça me froisse. Mais je suis une chieuse, tout le monde le sait. Il se plaint d’être trop occupé, trop sollicité, trop de sorties... Il trouve ma proposition originale, osée et très sympa. Je le remercie d’avoir accepté. Il sent bon (bon tout le monde sait que je suis très sensible à ça maintenant...) il est très bien habillé, il a des mains sublimes, faut qu’il arrête de les bouger sous mon nez, et il parle calmement et bien...


En route, je reçois un message de Lyès : « Menteuse, branleuse, suceuse » #connard !

J’arrive au resto et en entrant je croise le regard de Lyès et ... je ne savais pas encore que la petite (parce que c’était vraiment le cas) s’appelait Inel (oui, pas Ines... Inel...), elle est d’origine syrienne ou un truc du genre... On se dit bonjour, M. et Lyès se connaissent et se sont déjà croisés en soirée. On se dirige vers notre table, je reçois un sms : « Bon choix pour ta Bad Romance, Miss M. :) »

La soirée était très sympathique, il était drôle, agréable, intéressant... mais trop mystérieux, son téléphone n’a pas arrêté de sonner, il ne répondait pas, pour être seul avec moi ? Pour être poli ? Pour ne pas avoir à se justifier auprès de l’interlocuteur ?

Pendant que je me posais tout un tat de questions, mon téléphone a sonné « Inconnu ». Je décroche, sans me poser de question.

« Allo ? »

A la voix, j’ai tout de suite reconnu... Samuel. Vite fait, je fais celle qui n’est pas surprise et qui ne se sent coupable ou mal à l’aise.

« Ah, Sam... ça va ? »

« Oui, et toi ma belle... tu n’as pas eu mon message, tu ne répondais pas, je me suis inquiété. »

« Oui, j’ai eu des petits soucis, un décès, je te raconterais... je l’ai eu ton message mais je n’ai pas eu le temps de répondre »...

Bref, j’essaie de canaliser la discussion pour que de l’extérieur ça ait l’air de la discussion la plus amicale dans l’amitié la plus anodine qui soit. J’écourte la discussion en disant," je te rappelle" et je reprends mon petit dîner en me posant tout de même la question de savoir pourquoi tous les mecs prennent autant d’initiatives dès qu’une femme les ignore.

Je propose de payer le restaurant, et il me dit « Je n’ai pas envie de me sentir comme un gigolo, même si ça reste un de mes fantasmes. »

« Je n’ai pas envie non plus d’avoir eu l’impression de t’avoir imposé un plan »

« Imposer...hmm, c’est un fantasme aussi... non, non ma belle (il m’embrasse sur le front amicalement) tu ne m’impose rien du tout, c’est un plaisir pour moi ».


J’ai apprécié sa galanterie sur ce coup, tout en me disant qu’il fallait que je ressorte avec lui en l’invitant pour ne pas me sentir redevable. #Sale manie de ne rien vouloir devoir à personne


A la fin du dîner, Lyès propose d’aller tous ensemble boire un verre, en route, je commence déjà à m’ennuyer, la soirée s’allonge, je suis fatiguée. Je n’ai rien à reprocher à mon cavalier, on vient du même monde, il a l’air d’avoir des principes, et on a l’air d’être sur la même longueur d’ondes. Mais les mecs sont capables d’endosser 1000 masques jusqu’au jour où tu succombes, alors je ne tire pas de conclusions hâtives. Je n’ai pas spécialement envie de penser ou de voir plus loin que mon pari. Je suis assez silencieuse, je n’ai pas grand-chose à dire, à vrai dire, je m’ennuie un peu. Il me parle de son boulot, il bosse pour une boîte de com’ et il a investit dans des petits projets avec ses potes de lycée... il est comme moi, il bouge beaucoup. En prenant un verre, avec Lyès on a cette manie d’échanger des sms :

- « Je me ferais bien la petite... mais toi, t’as l’air de t’emmerder, je sais que les mecs propres et biens sous tous rapports, ça te donne la chiasse, c’est bientôt fini. »

- « Ta petite à l’air d’une chaudasse t’aura pas de mal... mais elle a l’air d’avoir le QI d’une frite »


C’était juste sympa, comme n’importe quelle soirée, en rentrant, je m’apprête à partir avec M. ne sachant même pas où il habite, et du coup la syrienne lui propose de le raccompagner puisqu’il habite au Lac et qu’elle va du côté d’El Menzah. Ainsi, je raccompagne Lyès puisqu’on est à côté.

Lyès et moi on se regarde, on n’a rien compris... on se laisse faire par la petite entreprenante... et on accepte, puisque ça nous arrange pas mal aussi. Du coup, je n’ose pas du tout demander le numéro de téléphone à M., ne serait-ce que pour le remercier... il ne me demande même pas mon numéro, ça me froisse encore, je le trouve respectueux mais je sens un paradoxe entre son détachement et ma susceptibilité inhabituelle.

On se sépare... Lyès est venu dormir à la maison, c’est la guerre froide avec Rania, mais ils font mine de me respecter.


Bien contents d’avoir été tous les deux cap’, on a parlé des travers, tics et manies de nos cavaliers, et pour en arriver au constat que les deux n’ont pas l’air très emballés par nous... puisque le moment de se faire raccompagner était le moment décisif... et sur cette note, on s’endort l’un dans les bras de l’autre.

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Jour 39


@WB6 :)

Comme convenu avec Lyès, il faut que je me cherche « my date » de la semaine sur FBk. Putain, quel plan foireux, … Sur ma liste d’amis… celui là est un ex, celui là … non pas mon style, celui là il est pris... et je scroll, je scroll...


Je regarde ma liste de long en large... je n’ai que 700 contacts sur ma liste, dont 400 sont des mecs sur lesquels je dois exclure mes collègues, mes connaissances avec intérêt et les loosers (qui le sont, l’étaient, ou présagent de le devenir...). Et puis finalement, je me pose des questions sur ce que je cherche... gagner un pari ou bien passer une soirée avec un mec sympa... avec qui éventuellement je prendrais du plaisir à être, avec qui je rigolerais bien et qui me prendrait pas la tête, m’aimera juste assez pour me passer mes caprices, et m’aimera assez aussi pour savoir m’arrêter, me conditionner, comprimer mon espèce de grain de folie, le mec que j’apprécierais assez que je ne voudrais pas laisser partir... celui qui me manquera quand il ne sera pas là... enfin, tu vois... le truc derrière lequel tout le monde court et veut trouver par tous les moyens... et qui fait que cette société en recherche perpétuelle d’amour soit devenue si perverse et vicieuse... Bon... je m’égare là.


Et du coup, je me retrouve complètement dans cet article que j’ai posté de façon complètement arbitraire et hasardeuse sur ma daily review :)

Et sans le vouloir je me suis retrouvée dans une situation proche de « Qui veut épouser mon fils ? »

Le premier avec qui j’ai parlé :

Un ex, celui avec lequel j’ai voulu payer les dettes de Papa à l’époque où il a eu des problèmes. Son père était le PDG d’une banque et je n’avais que 15 ans. I avait finit par me tromper avec ma meilleure amie dans son zodiac, un été à Hammamet. 12 ans plus tard, et au bout de 10 min, il parle trop, il a fait ses études aux « States », il a été trader, et prétend que les gens qui ne jouent pas avec la bourse ne comprennent rien à la vie. Qu’il a un pied ici, dans une multinationale, et un pied au States, son pays d’adoption... les avions, le jet lag, le fric, son ex ...la blonde, qu’il pense aimer encore, qui vient de créer un super projet humanitaire en solo en Ouganda... Après t’avoir bourré la tête de news sur-gonflées et complètement inutiles, tu lui souhaites pleins de spéculations heureuses, et plein de petits ougandais rassasiés en Ouganda... :)

Le deuxième interlocuteur : Photo de profil « Out of Bed » : Cheveux ébouriffés, se la joue cercle des poètes disparus... s’est refait la saga Freudienne, et est en pleine recherche pour contrer le courant psychanalytique. Il me dit que j’ai raté ma vie et que déjà au lycée il se rappelle que j’étais une fille très perturbée et que je provoquais trop les profs, et que je n’avais pas une seule page blanche sur mon carnet de correspondance. Il pense que je suis restée coincée au stade anal. Et enfin, il se rappelle qu’il n’est pas en plein « monologue » : « et tu fais quoi dans la vie ?... enfin si on peut appeler ça la vie... ». « Je suis consultante en marketing dans le milieu de la mode »... Il me répond : « oui, tu as toujours été un peu superficielle... » Et ça le fait rire. « Et toi connard ? » Il est chercheur dans un labo, et est sur le point de prouver les bienfaits immédiats du trèfle à 4 feuilles pour prévenir et stopper la diarrhée. Si moi, je me suis arrêtée au stade anal, lui c’est un vrai trou du cul !

En même temps, un troisième. A 30 ans il est encore RP dans les soirées, il fait des soirées DJ Bach, et DJ Karim Siala... il parle toujours autant de Vodka, de match de foot. Le mec genre qui te vole la vedette dès que tu t’affiches quelque part avec lui, celui que tout le monde connaît, celui qui s’affiche chaque soir avec une nana différente toutes logées à la même enseigne de la « tonight’s vagina ». Dès qu’il se met à s’en vanter... tu lui rappelles que vous avez déjà couché ensemble, il y a quelques années et que tu t’en rappelles à peine tellement ce n’est pas classé « memories »... et que si aucune nana n’a eu l’honnêteté de lui dire que ce n’est pas un coup génial, c’est parce qu’elles ont peur de se faire jeter à l’entrée des soirées ou de ne pas recevoir les sms d’invitation.

Je commençais vraiment à m’ennuyer d’une force... jusqu’à ce que je me retrouve à parler à celui qui en un quart d’heure m’a parlé de toutes les nanas qu’il a tiré. Il ne sait pas que depuis le temps, je l’ai connais toutes, et qu’ en réalité, il n’a jamais tiré que 0.5 nana, si on compte celle avec qui il a « failli » conclure et qui s’est arrêté net en apprenant qu’à 28 ans, il vit chez maman qui lui file son argent de poche parce qu’il est en pleine recherche d’emploi, lui, le pauvre incompris... se photographie partout où il va avec ses potes en se mettant en ligne, des verres à la main, et en souriant à s’en fouler les zygomatiques pour avoir l’air de s’amuser comme on le faisait tous à la période de Hi-5. Quand c’était tendance.

Après ça, je parle un peu avec Sofiene, il était complètement premier de la classe, et le genre sur qui tu te retournes jamais à part pour pomper en plein contrôle de math. Il t’aborde en te demandant où t’était tout ce temps. Comme si le lendemain d’une nuit torride, il ne t’a pas trouvé couchée près de lui, et que tu es partie chercher des croissants et sans jamais revenir. Tu parcoures ses photos pendant qu’il te raconte son parcours et que tu lui réponds « ouais... cool... » sans même lire. Le mec a ouvert une start up, une boîte sur le net et l’a revendue un bras ! Le genre de mec devenu « in » et qui prétend avoir compris la vie, qui ne se prend pas la tête : il porte des fringues de jeune créateurs, est sponsorisé par Berbers (son grand « space » pote), arbore discrètement le tartan Burberry sur son écharpe, parle un franglais irréprochable et insupportable. Parle d’expériences subliminales, qu’il aurait tenté avec ses potes, met toute sa vie sur Foursquare, appelle ses potes les « people » (toute modestie mise à part) signe des contrat à la salle de sport select qu’il fréquente, et parle de plein de choses super superficielles pour ne parler au final de sexe... et à quelle point il salue la beauté de la femme au lit quand elle est sans retenue, naturelle et spontanée. Emmerdant, qui parle trop et trop de lui, qui essaie d’expliquer par des concepts et des complexes en utilisant des mots difficiles toutes les situations du quotidien. Shooté au calmant ou à autre chose, va savoir tu lui dis, "heureuse de t’avoir retrouvé, je file en réunion... moi pauvre salariée qui comprends rien à TA vie. »

J’allais me déconnecter quand prête à accepter de perdre mon pari face à ce jeu débile et puéril, quand un certain M. m’envoie « Mimi sur la messagerie de FB... c’est rare »... et lui, je lui parle souvent, je le croise souvent en soirée... et je l’apprécie alors je lui propose le deal... « Ecoute, j’ai fait un pari débile avec un ami, tu veux bien sortir avec moi un soir... ? Cette semaine... Je déteste perdre, tu veux ? Après si tu veux, tu pourras me juger comme une fille superficielle, mauvaise perdante et ne plus jamais me parler». Il me dit, « Ok, ... j’aime bien jouer, et je déteste perdre,... alors si vraiment c’est pour te faire gagner... je joue le jeu. Ça nous permettra de discuter un peu plus que les « Salut, ça va ? » habituels. Envoie-moi un MP pour me dire quand et où ? Je viendrais. »... Je le remercie et je lui demande son numéro de mobile, il me dit, « pas la peine, envoie moi les détails du rdv par MP, bonne journée ». Et il se déconnecte !



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Jour 38


Je me rappelle de mon premier jour à la fac à Paris. Je me suis assise à côté de cette fille. On a sympathisé, et depuis ce jour nous sommes devenues amies. Les deux premiers mois d’université, j’ai eu une overdose de tunisiens à Paris, du Mabillon, du Montecristo... et de tous les repères Tuniso-parisiens. Cette fille s’appelle S. Schmidt, elle est de religion juive, et elle vit à Paris où elle fait les mêmes études de marketing que moi, et notre relation s’est étoffée chaque jour, chaque cours, chaque soir de Ramadhan et chaque jour de Shabbat. C’est devenu mon amie, ma confidente, ma compagne... J’ai eux d’horribles moments pendant mes études, je suis tombée dans tous les excès et tous les mauvais pas qui ont croisés ma route... Elle était là, toujours là, jamais pour me dire que j’avais raison ou tort mais pour me dire ce qu’elle pensait, comment elle voyait la chose, et pourquoi il fallait qu’elle me blesse quand il le fallait... L’amitié... je l’ai découverte sincèrement et dans ses coins et recoins grâce à elle.

Je rentrais pour les vacances ou pour l’été... et elle me manquait, alors on a décidé de s’inviter chacune chez l’autre pour les vacances qui s’allongent... du coup j’allais souvent en Espagne près de ses parents, du côté de Cordoba et elle venait souvent à Tunis, près des miens... et une fois l’an nous allons faire un pèlerinage dans notre destination de prédilection... Marrakech. Ces habitudes durent depuis 6 ans.

Au cours de la 2ème année, je trouve le vide intersidéral de la vie sentimentale de S. un peu douteux et il me faut quelque mois pour comprendre que les hommes n’ont pas beaucoup d’intérêt pour elle à part en tant qu’amis, et elle en a énormément des amis... et qui même, si ils courent derrière elle un temps (parce qu’elle est vraiment jolie et attirante) finissent par comprendre le message.

S. préfère les filles.

Quand j’apprends enfin la nouvelle de source sûre, c'est-à-dire par sa bouche à elle... qui me l’annonce comme si elle me testait pour savoir si ça me choque ou pas. J’ai pris la nouvelle comme une grande nouvelle quelque chose de rassurant, de plutôt normal et de compréhensible. Je ne suis pas du tout ce genre de filles qui est choquée par cette chose complètement contre nature. Non, je ne pense pas que c’est « contre-nature »... c’est peut être pas dans l’ordre « naturel » des choses, mais ce n’est pas un choix qu’on fait. Je l’ai vécu avec quelqu’un de proche, de très proche... et je sais qu’il ne s’agit pas du tout une orientation pour laquelle on opte, mais plutôt que tendance qu’on subit, qu’on cache, qu’on réprime.

Les premiers jours, je me suis posée des questions sur ma relation avec elle. Etait-ce vraiment de l’amitié entre nous ? Jusqu’au jour où après une disparition de quelques jours pour me laisser « digérer » la nouvelle... elle revient pour me dire : « Tu m’as plu... je l’avoue, mais j’ai toujours su que notre histoire était impossible, parce que toi tu es complètement hétéro, et c’est ton côté hétéro qui me repousse. Alors, je me suis peut être posée des questions pendant un jour ou deux mais après j’ai complètement intégré la notion d’amitié... et tu n’as jamais été autre chose qu’une amie... à qui on ne pouvait pas dire la vérité, de peur de la perdre. Aujourd’hui, je me sens mieux que tu saches la vérité, et quelque sera ta décision, je la respecte et j’ai l’habitude d’être jugée comme une chose contre nature. »

Je ne l’ai jamais jugée, et je l’aimais encore plus, la protégeais, la conseillais... unies envers et contre tout. J’ai appris à reconnaître quand quelqu’un lui plait ou pas, quand elle tente de séduire, quand l’autre personne est réceptive ou pas... et j’ai 88% de réussite au test de « Reconnaîtrais-tu une fille qui préfère les filles ?».

Je pense que moi qui ai toujours attiré les foudres des filles qui m’ont toujours trouvée, crâneuse et hautaine... avec elle je ne rencontrais aucun problème de jugement XX vs. XX (on parle bien de chromosomes).

Bref, ce que ne me pardonnais pas les garçons et ceux pourquoi mes copines me jugeaient, m’enviaient, me détestaient... elle, elle lui trouvait une explication. Elle a été tout simplement mon ange gardien, et d’ailleurs elle l’est toujours.

Quand je suis rentrée à Tunis, pour bosser et retrouver ma famille, elle est restée à Paris, loin des siens, pour garder son secret très secret... et pour éviter de souffrir en se faisant harceler de questions « Une aussi belle fille que toi, célibataire ?... on va te présenter untel... »... c’était la rengaine chez elle !! Quand on y était toutes les deux on prétextait qu’on sortait avec deux frères à Paris.

On s’est vraiment éclatées à se foutre de la gueule de nos parents... on était toutes les deux rebelles... :) et on prenait un malin plaisir à faire chier nos mères.

S. adore la Tunisie, elle se sent comme chez elle, et elle y fait des petits sauts dès qu’elle peut. Elle se sent en famille chez moi... et mes frères et sœurs l’adorent. Il y a trois ans, à Hammamet, elle rencontre Rym une de mes amies. Toutes les troiss, nous avons été le trio infernal de l’été.

Je me doutais qu’il y avait un jeu de séduction entre elles, mais je n’avais jamais imaginé que Rym préférait aussi les filles... Je ne suis pas ce genre de personne qui s’attarde sur le cas des autres, j’avais déjà assez de problèmes avec ma personne, je volais les instants d’amusement et de bonheur quelque soit le vis-à-vis... les garçons s’en rappellent des ravages de cet été là... Ils nous ont suivies tout l’été nous ont gâtées, chouchoutées, mais aucun n’a réussit à conclure... Il y a avait de l’amour un peu plus chaque jour... qui naissait mais pas dans un couple mixte.

Elles ont eu le temps d’asseoir leur relation, me l’ont déclarée au bout de 6 mois. Je pense avoir été la personne la plus heureuse du monde, les voir finalement, toutes les deux si bien...et trouvant un équilibre pour lequel elles ont toujours envié toute la terre. Elles sont en couple, l’affichent, l’assument et je cautionne à 100%.

Peu importe qu’il s’agisse de deux filles, d’homosexuelles, de lesbiennes, d’appeler ça comme vous voulez... elles forment un couple... qui est régi par les même règles que n’importe quel autre couple, le respect, l’admiration, le soutien, l’amour... mais il est plus solide parce que leur quête du bonheur défie les lois sociales... et elles bataillent pour y arriver, et ce n’est pas facile tous les jours... je les défends, je suis à fond avec elle... parce qu’elles sont bien plus heureuses que certaines de mes amies ou filles de mon entourage, qui ne vivent pas ce qu’elles veulent, qui n’arrivent pas à trouver l’amour, le respect et la compassion qu’elles attendent de la vie. La notion d’être « 2 ».

D’un point de vue purement religieux, elles me disent toutes les deux : « Nous sommes déjà homos, alors deux homos, une « presque » musulmane et une « presque » juive... ça change pas grand-chose, c’est toujours pas toléré. » Pourquoi « presque » parce que même si elles croient en les préceptes de ces deux religions, les religions, elles, les rejettent... elles se réconfortent à l’idée d’être deux, ensembles plutôt que d’avoir à supporter ce fardeau seules, chacune de son côté, en créant leurs propres règles dans une situation dans laquelle elles se sont retrouvées parachutées...

Tout ça pour vous dire, que S. et Rym on décidé de s’installer ensemble. Quelles ont décidé de former un duo, sur le même sol, d’avoir un avenir et de construire ensemble, et que j’en suis la plus heureuse car je trouve une grande sincérité dans ces deux cœurs, beaucoup d’affection, peu de jugement et un énorme mépris pour la société. L’une est pédiatre et l’autre peintre, elles sont toutes les deux, et chacune toute seule pleinement respectées et réputées dans leur domaine, personne ne sait pour leur vie privée, personne ne s’en doute, elles sont tellement « normales »... et certainement, personne ne se doute de la joie qui emballe leurs cœurs, de pouvoir vivre ensemble, sous le même toit, pour partager, construire et grandir de leur amour.

Je suis transportée de joie de voir qu’elles vont enfin arrêté de souffrir de la distance et se retrouver... Je pourrais les avoir toutes les deux ensemble pour moi quand je les vois... que ce soit à Paris, Tunis ou ailleurs... C’est un grand jour, et je salue leur décision et leur courage.

PS : Maintenant tout le monde sait pourquoi le petit blondinet qui me vend les DVD, me menace de dire à la société entière que je suis homosexuelle parce que je regarde The L word et The real L word. En fait, je les regarde avec mes amies, on débat, on polémique... et on en rit. Petit Skan, comme ça, c’est dit... Je peux changer de fournisseur quand je veux... ou alors te présenter mes copines pour accroître tes ventes de DVD... :))



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Jour 37

Crédit photo: @Skydancer's Photography ©

Ce soir il y a la soirée pour les produits « Play » d’Orange au Lodge. Je n’aime pas trop qu’on invite les gens en tant qu’ « influenceurs » pour faire parler en bien (finalement, accepter l’invit’ c’est s’engager à vanter les mérites au risque de ne plus être invité). On offre des petits gâteaux et des photos sur facebook, des stickers ou des petits cadeaux... pour « acheter » du tapage. Enfin, je leur souhaite du succès, mais moi, perso, invitée par un ami de Twitter, et précisément ce soir, je n’ai pas du tout envie de me faire « commercialement » manipuler.

Je préfère appeler Lyès (#best boyfriend) et qu’on aille boire un verre, et qu’on rentre se caler pépère à la maison.

On va au Plazza. J’adore me caler là, quand j’ai envie de parler un peu. Lyès enfile ses bières et me raconte comment sa nouvelle nana est chiante à crever mais qu’il va lui péter son petit cul de fille à maman coincée dès que l’occasion va se présenter.

« Tu vas la violer ? » (Sur un ton monocorde même pas curieux, je m’attends toujours au pire de sa part)

« Non, mais tester le degré de résistance de son cadenas de chasteté. »

« Développe... »

Il rote à cause de la bière, met une main au dessus de son engin, et le bras sur le dos de la chaise, croise les jambes à la « Bad Boy » et penche la tête comme James Dean pour me dire : « Michou, une nana qui est vraiment chaste, ne joue pas avec le feu... Les petites allumeuses vierges, cachée sous un masque de sainte nitouche, je les démasque, déculotte, déflore... et je vais dire à ma mère qu’elle se fout le doigt dans l’œil aussi profond que j’ai foutu ma bite dans le trou de cette salope. »

« Tu es un monstre... tu me dégoûtes... tu les manipules et après tu en abuses... et surtout comment tu oses être le premier choc de leurs vies ? » (Je ris)

« Faut bien que quelqu’un s’y colle... et puis pour les suivants, elles devront user de plus d’imagination ou de sutures... Et toi alors ? »

« Moi, ... grosso modo, ... rien de spécial, je m’emmerde un peu au boulot, niveau famille c’est aussi trash que d’habitude, t’as vu la Panamera blanche qui est au kiosque de l’entrée de la Marsa ? La poufiasse de mon frère essaie de le convaincre de l’acheter !! ... J’ai bien envie de la démonter cette chienne. Maintenant que mon père est inactif, faudrait qu’on dilapide le fruit de son travail ?»

« Tu veux que je m’en occupe ? »

« Lol, ... tu pourrais la liquider ? »

« Oui, tu doutes ? »

« Non, du tout, je sais comment tu es... tu adores jouer. »

« Elle est peut être bien... je ne sais pas, je ne me suis pas attardée sur son cas, je vais lui dire que si elle accepte un mariage avec séparation de biens, et ben on pourra commencer à parler. Mais c’est le genre qui suce tout la nuit pour que mon frère le matin aille lui céder un appart ‘ »

« Arrête de parler de ton frère comme un con... »

« Non, c’est pas ce que je dis, mais il a l’air d’aimer la manière dont elle s’y prend. »

« Il ne préférerait pas en avoir une par jour, comme les petites filles des culottes « Lundi, mardi, mercredi, jeudi... » »

« Alors, je suis celle du vendredi? » (rire)

« Non, t’es le jour sans culotte toi !!! Sale teigne... et sinon ? ... tes frasques amoureuses du moment ? »

« Non... c’est le désert ! Je n’ai pas le temps ni le cœur à ça»

« Ben c’est normal, t’es occupée à jouer les mères Thérésa... Jette-la dehors... »

« ... bon si c’est pour parler d’elle comme ça... je préfère clore le sujet.»

« Non, mais je m’en fous de sa gueule à elle, mais tu as déjà du mal à vivre, tu ne vas pas t’infliger un deuil, un chagrin d’amour, un problème de famille et un bébé qui n’est pas le tien. Ecoute, à ton âge, il est largement temps que tu t’occupes de toi, tu veux pas avoir un mec et te poser ? »

« Un mec... »

« Mimi c’est toi qui les fait fuir comme un répulsif à cafards »

J’éclate de rire... « Je t’en prie tais-toi... tu me tues de rire »

« Ecoute, ton acteur là, il est raide dingue de toi... tu l’as jeté parce qu’il t’a trop aimée. T’as demandé à ton psy si tu n’étais pas un peu folle. Toutes les nanas mouillent en le voyant sur un écran, et toi, les soirs où tu l’avais près de toi tu l’obligeais à dormir près de toi sans te toucher, tu abuses. »

« Mon psy... il me trouve folle d’ailleurs, il voudrait que je reprenne des médocs... mais faut que tu m’aides à tenir le coup. Je refuse d’être down la plupart du temps... et devenir molle et irritable. »

« Mimi, t’as deux choix, tu retournes chez tes parents ou tu acceptes l’idée d’avoir un homme dans ta vie. »

« Tu crois vraiment qu’un homme est la solution dans ma vie... quoique... je n’arrive à dormir qu’après... » (Il me coupe la parole)

« Avoir tiré un coup... mais c’est trop facile, pareil pour moi, mais le choc c’est quand tu te réveilles le matin écœuré par le parfum ou les senteurs de fluides corporels de l’inconnue que tu as traînée de je ne sais quel bar... »

« Mais non... je suis plus cérébrale que ça... moi je carbure au jeu de séduction et je finirais peut être, et je dis bien peut être dans le lit du plus subtil... ».

« On va finir seuls ma puce si on continue à jouer comme ça. »

« Mais toi tu devrais te remettre avec Neïla, je sais qu’au fond tu l’aimes encore et peut être qu’elle aussi. »

« ... » (il baisse les yeux).

« Je ne pense pas que de nos jours tromper, c’est impardonnable, et puis à 25 ans on est encore inconscient, et puis toi aussi... excuse toi, dis « Mea Culpa », j’ai bu, je t’ai trompé mais 3 ans sont passés, j’ai tiré tout ce qui bouge, et pas discrètement, je suis sincèrement navré, mais je t’aime encore... »

« Elle va me dire qu’il y a prescription, qu’elle n’y pense même plus mais que je suis devenu un vrai looser, et que bon ben justement comme à 25 ans on est inconscient, ça explique qu’elle soit elle aussi, sortie avec moi. »

« Ça sent le vécu, t’as déjà essayé ? »

« C’était sur FB, il y a un mois... une dernière tentative avant que ma castratrice de mère me présente Miss Virginity »

« Ah ? ... Bon. Et tu veux te caser toi ? Parce que moi... j’ai besoin d’un mec comme j’aurais besoin d’un comprimé de Stilnox pour m’oublier un peu. »

« Non, tu as besoin d’un mec pour te rassurer, te redonner confiance en la vie et te faire croire en l’amour... et moi aussi, mais de là où nous en sommes... nous avons perdu pied. Regarde tous les gens qui nous entourent... ont des enfants, des couples stables et au moins une maîtresse. »

« On a finit d’idéaliser mon frère... on a réalisé, et on a choisi de vivre comme ça »

« Tu ne prends pas de bière ma puce ? »

« Lol, toi t’en as trop bu... »

« Ah t’es dans ta phase « Je prie, je suis pieuse... » !! Ok, la date limite c’est quand ?... comme ça je te rappelle à ce moment là ? »

« Arrête tes conneries ?... Tu restes dormir avec moi ce soir ? »

« Ouais, j’ai pas mal bu, je risque d’avoir une panne, autant ne pas chercher le coup d’un soir qui va ruiner ma réputation... »

« T’es con... »

« Cap ou pas cap ? »

« Ouais ?... Toujours cap !! »

« Sale gamine, ce soir, on se décide à choisir quelqu’un sur FB, mais pas n’importe quel quelqu’un, un quelqu’un qui nous plaît bien, on le travaille au corps... et on l’invite à dîner dans la semaine, et en fin de semaine on essaie de statuer ?»

« lol, ...hmm... cap ! Bon Loulou Chou, on rentre ?... Ne fais pas de misères à Rania. »

On arrive chez moi, Rania est dans le salon, sur son ordinateur.

Ils se lancent un salut très froid.

#Note pour plus tard : essayer d’enquêter sur ce qui a bien pu, foutre en l’air le semblant de relation courtoise qui existait entre eux.

Je file dans ma chambre, et je vais prendre ma douche. En sortant, je les entend parler fort.

R : « Mais de quoi tu te mêles ? »

L : « Je voulais avoir l’air poli et compatissant, en demandant de tes nouvelles. Mais tu sais quoi ?... en réalité, je m’en fous... »

R : « Toi, poli ? » (Elle éclate de rire)

L : « Franchement, t’as le cœur à rire et à être cynique... moi à ta place, je la ramènerais pas trop... »

R : « Justement, encore une fois tu fait preuve d’une politesse et d’une compassion exemplaire »

Je les interromps, « Qu’est ce qui se passe ? »

R : « Rien, il essaie d’être poli... mais comme d’hab, comme dans tout ce qu’il entreprend, il échoue... »

L : « C’est toujours mieux que de d’envoyer des gens en enfer et d’en faire naître d’autres dans un enfer... diablesse »


Elle se lève, je me suis imaginé qu’elle allait dans sa chambre, en colère, en trombe... comme une furie.

Mais elle avance vers lui...s’arrête devant lui. Elle est grande de taille, ils sont nez à nez : « Au moins j’ai expédié en enfer un vrai homme... capable de donner la vie... toi, depuis le temps que tu essaies, tu devrais te rendre à l’évidence que tu n’en est pas un, d’homme...tu devrais me remercier, tu as un concurrent en moins sur terre. Et ce sont des enculés comme toi qui font de cette vie un enfer... Va au diable ! »

Elle lui crache à la figure, et lui met un coup de genou dans les couilles. Elle va dans sa chambre et elle s’enferme. Je suis bouche bée. Je ne sais pas quoi dire...

« Et toi tu dis rien ?... Quel poison cette pétasse. »

Et c’est là que je pète un plomb.

« Personne ne prend en considération ce que MOI je peux ressentir... ?? Vous ne pouviez pas éviter de vous dire autant d’horreurs, mais vous voulez ma mort ? »

J’éclate en sanglots... « Merde, merde, merde, merde... Lyès merde... je te disais que j’étais mal, que j’avais envie de changer d’air, de respirer un coup... »

« Qu’est ce que je peux y faire moi, quand je vois que tu assumes les conneries et les mauvais choix des autres, alors que tu es déjà une plaie pour toi-même et qu’on en profite »

Rania revient : « « On » t’emmerde, demande toi si en baisant autant tu ne cherches pas à te convaincre que t’es pas PD. Et Toi (à moi) bien évidemment t’as besoin de tout ramener à toi... la princesse de son petit monde. Pour une fois que tu as fait quelque chose de bien, en regardant un tout petit peu plus loin que le bout de ton nez... t’as tenu deux jours... bravo. T’inquiète, je me casse. »


Elle sort, j’essaie de la rattraper, elle pleure. J’arrive à côté de sa voiture.

« Rania, qu’est ce que tu fais... où est ce que tu vas ? ...S’il te plait, tu t’en fous de ce qu’il raconte... »

« C’est de la vermine... mais il a raison... tu es mal depuis que je suis de nouveau là. Je te revoie dans tes pires jours. »

« Mais justement tu étais là dans mes pires jours... et je veux être là tout autant... »

« Tu l’as été, ça commence à passer. »

« Mais alors, rentre à la maison... s’il te plaît »

« Non, ce soir, je ne veux pas rester là et d’ailleurs, je ne reviendrais pas tant que tu ne me promets pas une chose. »

« Tout ce que tu voudras. »

« Je veux que si jamais je reviens, que tout sois comme avant, que tu arrêtes d’avoir peur de moi, je ne suis pas folle, que tu arrêtes d’avoir peur pour moi et pour ce bébé qui n’est pas le tien, tu ne vas pas l’élever, tu n’en n’est pas responsable. Je suis la mère et la seule...Personne ne te demande rien. Sois tu acceptes de vivre comme avant, de découcher, de recevoir du monde, de partir en voyage, d’aller en soirée, d’être l’insouciante que tu as toujours été, ou alors, je ne reviens pas... Appelle-moi dimanche pour me dire ce que tu en penses. Mais c’est un engagement ferme.»

Elle démarre.

« Bon d’accord mais tu vas où ? »

« Ce n’est pas ton problème, à dimanche... »

Et elle est partie en trombe.



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Jour 36


Quelques jours se sont écoulés, Rania va de mieux en mieux... je pense qu’elle est bien plus forte que je ne le pensais. Elle est triste mais ne se laisse pas sombrer. La journée, elle est juste parfaite, personne ne s’aperçoit de rien. Même avec les collègues, elle en parle comme si c’était la tragédie qui a donné un sujet de discussion à la cafèt’. Personne ne sait rien, sauf le meilleur ami du défunt, qui lui par contre a du mal à cacher sa tristesse. Rania et lui sont amis, alors elle en parle un peu avec lui.

En ce moment, j’essaie de passer du temps avec ma famille, la mort me remet toujours les idées en place pour quelques jours. Et le reste du temps soit je travaille, soit je suis à la maison en train de simuler que tout va bien pour ne pas remuer le couteau dans la plaie de Rania. Ses parents n’ont pas donné signe de vie. Sa sœur ayant appris la « tragédie » par sa mère m’a contacté via FB, pour me demander des nouvelles de sa sœur, en me précisant « Je ne veux pas avoir de contact avec elle, mais je te contacterais pour en avoir de temps en temps ».

Les liens de sang peuvent être si cruels.

Bon... ce n’est pas tout, mais cette ambiance morbide commence vraiment à me peser. Je ne suis pas égoïste mais je ne suis pas non plus une personne extrêmement généreuse. J’ai vraiment envie de changer d’air. Je reprends ma vie en main, un bon coup de pieds dans mes objectifs annuels, je la vois d’ici la prime de fin d’année... à 5 chiffres ... ou presque !!

J’ai repris le sport, j’y vais tous les matins de 11h à 13h, histoire de retrouver mon équilibre, accompagné d’une cure de détox à coup d’ananas.

Avec la mort de ce type et l’attitude bizarre de Rania qui passe ses nuits accrochée à son pc, j’ai perdu le sommeil et je suis très fatiguée le matin, et j’ai un peu de mal en milieu de journée, je rentre parfois dormir une heure ou deux. Alors, plutôt que de me remettre à me shooter aux antidépresseurs, je suis retournée chez mon psy, pour déballer tout ce que j’ai sur le cœur... et surtout pour me préparer à la venue du bébé et à comment gérer ça.

Quand ta meilleure amie te fait peur car elle erre comme un fantôme chez toi, qu’elle ne vit que la nuit, que toute la journée elle porte un masque, que tu sens qu’elle s’endurcit un peu plus chaque matin. Quand tu te dis qu’elle n’a plus de famille et que tu es à présent sa seule famille et qu’elle n’a nulle part où aller... c’est une sorte de mariage forcé, et dans 4 mois je me retrouve avec un bébé sur les bras.

Elle parle à peine... elle rit parfois le soir en tapotant sur son clavier... elle me fait d’autant plus peur... du coup, je n’ai plus sommeil.

En ce moment, je ne sors pas beaucoup. Je ramène du boulot à la maison et je regarde des DVD. Mes échanges avec le petit blondinet sont de plus en plus accrus. Il est à croquer.

A chaque fois que je passe pour prendre des films, il me regarde avec ses grands yeux clairs, et attend le moindre signe de ma part pour engager la conversation. Je me suis fais un plaisir monstrueux à ne pas lui donner cette occasion.

D’autant plus que nous sommes amenés à nous voir tous les jours, le cabinet du psy est au dessus du magasin. En général, je passe avant de monter pour passer une commande et je redescends une heure après pour la récupérer. Il n’a jamais osé me poser la question « Mais bordel, qu’est ce que tu vas foutre dans cet immeuble désert à cette heure ci ? »

Et puis, les séances quotidiennes devenaient de plus en plus difficiles, j’ai arrêté le psy il y a 6 ou 9 mois, je sais plus, il y a prescription. Mais la reprise n’est pas gaie tous les soirs.

En fait, aller chez un psy, c’est payer 50 dinars de l’heure pour t’entendre te dire tes 4 vérités en face ou plutôt en étant dos à une personne qui ne t’écoute que d’une seule oreille et qui pense déjà à ses courses du dîner, faites bien sûr au Monoprix le plus proche, bien entendu avec ton fric. D’ailleurs, je défie quiconque de me dire que son psy ne baille pas pendant les séances. « Ma vie est chiante ?... c’est pour me le faire constater que je vous paie ? »... alors pour faire chier mon monde, je raconte que je rêve de gens qui sont morts, que je revis l’enterrement de l’autre chaque soir, que je vois que c’est Rania qui l’a tué, et que les soirs où je ne rêve pas de ça, je rêve que mon patron me prends violemment, que je pleure et qu’il finit par me jeter de l’argent sur la gueule en partant... et je lui dis que je traduis ça par l’exploitation de la femme par les hommes dans le milieu professionnel. Je lui dis que de travailler autant, c’est de la prostitution légale et que mon patron en profite... Complètement, décomposé, l’avis médical... ne sait plus quoi me dire ! Je joue... oui, je joue... et je paie... mais c’est juste parce que je n’ai pas envie de rentrer chez moi. Il fait froid quand elle y est. J’aimerais la prendre dans mes bras, la caresser et lui demander de partir. Elle a perdu tout sens de l’humanité, malgré l’être humain qui se développe en elle... Le docteur me dit de lui demander de partir, parce qu’à cause de ce qui lui arrive, mes névroses me reprennent... et je suis redevient borderline... ou un truc comme ça, du jargon d’arnaqueur.

Quand je suis descendue, je me suis assise sur le pas de la porte dans l’escalier. Et c’est là que Skan m’a vue. « Tu vas bien ? »

« Bof... »

« Sans indiscrétion, tu faisais quoi là haut ? »

« Chez le médecin »

« Il bosse encore à 20h ? Et tu vois le médecin tout les soirs ? »

« Oui, on sort ensemble... »

« ... »

«Tu sais le vieux au cheveux blancs... »

« ... ah ?...Bon... t’as pas l’air bien... tu as besoin de quelque chose ? »

« Oui, tu veux bien t’asseoir qu’on parle un peu ? »

« Oui, sauf si tu promets de pas me baratiner avec tes histoires... »

« Bon... »

Il me dit, « Quitte pas ... je vais prévenir mon patron et je reviens »

Quand il part, je réalise que je détourne un presque mineur de son boulot et qu’en passant du temps avec lui, je commets presque un délit... et puis je me dis qu’au point où on en est...Je suis devenue une malade mentale à cause de la mort du père de l’enfant que je dois avoir malgré moi, mais pas de mon ventre et je commets un délit... c’est du pareil au même... disons que, finalement, ça me fait rire...

Il revient.

Il s’assoit : « Bonjour, je suis Skander et toi ? »

« Salut, tout ce que je t’ai raconté l’autre soir est vrai, mais je ne sors pas avec le vieux docteur, je suis une patiente, je le vois en tant que psy. »

« Bon... et sinon, je suppose que je ne peux pas te demander pourquoi tu vois un psy. Parce qu’on sait que tu es tarée, tu me l’as déjà dit. »

« Heu... ben, parce ma coloc’ enceinte d’un mec marié... ben, il est mort. Et quand elle l’a dit à sa famille, ils l’ont laissée partir de peur du scandale... ben alors je me retrouve avec une femme qui n’a personne et un bébé qui arrive et que je rêve que je me fais violer par mon patron... »

« Mais c’est rien ça, t’as vu Inception ? Les rêves sont facilement manipulables... »

« M’en parle pas de ce film... j’ai peur de rentrer chez moi... »

« Ben, ne rentre pas... Viens on va manger... »

« Je t’invite, je me sentirais moins coupable »

« Coupable de quoi ? »

« De faire du détournement de mineur »

Il éclate de rire... c’est ça... « T’as trop regardé Cougar Town, Courtney... »

Je m’apprête à monter en voiture, quand je croise S. le proprio du magasin de posters qui est un ami de longue date. Je me sentais un peu mal à l’aise de partir avec le gamin. Pendant 5 min, j’ai pensé lui dire que j’avais un souci avec mon lecteur DVD, m’aurait j’aurais eu l’air blonde et pas très crédible... alors j’opte pour la fermer.

Je monte en voiture, et il propose d’aller manger des pasta au Butterfly.

Pas moyen d’aller là où je risque de croiser tout le monde... je lui propose d’acheter de la sauce et d’aller heu... ben... chez moi...

Il me dit « Attends, je vais chercher un truc ».

Et il ramène le DVD de Ashton Kutcher, dans Toy Boy


Je prends le DVD, et je lui dis « Et moi qui me demandait à quoi tu me faisais penser... »

« Alors, voilà... tu le sais... mon job c’est de donner du plaisir » (baseline du film)

Il éclate de rire.

« Ça sent le mec qui a l’habitude ... mais moi si tu veux me donner du plaisir, ce sera sans les mains... »

« Je pense que je peux y arriver... » (Il sourit) Il est plus beau qu’Ashton... et je pense que sans m’en rendre compte, je bave.

OMG, ce qu’on a comme instincts malsains. Celui du goûter par exemple... hmm... il serait à croquer comme en cas !

Je ris et je le reprends tout de suite : « Non, non, petit, on ne parle pas du même plaisir... pas de contact avec moi... ou je change de fournisseur. »

« De fournisseur de plaisir ? »

« Oui, tout à fait, j’irais voir un fournisseur légal au moins... »

A la maison, Rania est dans sa chambre, mais elle vient jeter un coup d’œil quand elle entend du bruit. Je la présente, et elle lui dit « Enchanté, (elle me regarde) tu t’entraînes pour dans 4 mois ?... » Et elle part en rigolant.

On a passé une super soirée, mais j’ai fait exprès de mettre le film en fond sonore, je ne voulais pas me retrouver rassasiée, et vautrée avec lui sur le canapé devant un film bourré de scènes de cul, tout en étant concentrée dessus...alors que je suis à la diète de sexe depuis D. et « presque » Samuel. Mon corps n’aurait pas pu se retenir devant ce jeune homme en fleur. ... :) Je me fais honte, mais comme d’hab’ ça me fait sourire.

Il est vraiment à croquer. Et il est en plein chagrin d’amour, en train d’oublier une gamine de la fac, qui l’aurait largué pour un autre. Comment peut-on larguer cette gueule d’ange. « Elle est matérialiste », voilà pourquoi elle l’aurait largué. C’est touchant et tellement innocent.

A minuit, je suis KO, je lui propose de le raccompagner, mais il refuse de me faire sortir à cette heure ci. Il propose de sortir prendre un taxi et me dit : « Si tu sors pour me raccompagner j’en jugerais que tu acceptes de me prendre comme Toy boy... mais je te le dis dès maintenant, je suis matérialiste ». Et il sort en me faisant la bise.

Je vais me coucher, et je reçois un sms de sa part : « Hey « american beauty », if you accept the terms of « the game », je jure que même si « les hommes préfèrent les blondes », I see you « shining », & I wanna « Scream »... I’m feeling the « Heat », après cet « entretien avec un vampire »... Super soirée !! ».

Je ne réponds pas plus qu’un simple « Merci d’avoir sauvé ma soirée, Toy boy ».


J’ai dormi toute la nuit en me réveillant souriante (enfin !!!) à 6h30 du matin, je me suis posé la question existentielle sur ce qui me rendait heureuse au quotidien, s’il me fallait un homme pour être heureuse, un jeu de séduction, de l’adrénaline, ou juste quelqu’un qui s’intéresse à moi ?!

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Jour 35


Crédit photo: Adib Samoud Photography ©


Ayant très peu dormi, je suis sortie pour travailler à l’heure habituelle. Rania devait être encore endormie puisqu’elle m’envoie un sms en milieu de matinée : « 13@home »


J’y étais, elle avait sorti son plus beau tailleur, avait fait un brushing, ..., elle était un peu serrée dans ses vêtements parce que je sais ce qui se passe dans son ventre, mais une personne qui ne se doute de rien la trouverait affreusement chic pour la circonstance.


Elle me dit « Nous devons avoir l’air de parfaites collègues, il faut absolument que je le vois partir, un deuil sans cadavre, je ne m’en remettrais jamais. »


Elle était d’une froideur cruelle... toute la tristesse de la veille s’était envolée... son « humanité » ne s’est déclarée que quand elle m’a embrassée sur le front pour me dire « Merci pour la nuit d’hier ma puce ».


Elle s’est reprise, et le temps que je m’habille, on était sorties. Elle a insisté pour prendre sa voiture, et pour conduire. J’étais horriblement mal à l’aise. Aller aux funérailles d’une personne que je ne connais pas et qui à la fois est si proche de moi, tout en pensant qu’en partant, il me laisse une responsabilité énorme, je ne sais pas si ça me fait peur d’aller à son enterrement, ou si ça me rend furieuse contre lui d’être mort et de me laisser son bébé sur les bras.


Et puis le seul enterrement que j’ai vécu était celui de ma grand-mère, et j’ai été traumatisée... pourvu que la famille ne mette pas de CD de coran qui tourne en boucle parce que ça reste mon pire souvenir.


Arrivées, Rania entre la première avec une allure très vive, celle de la collègue qui arrive tout juste du bureau et qui fait simplement son devoir de collaboratrice. Elle se dirige vers sa rivale, et présente très correctement ses condoléances. Elle m’a épatée, surprise, bluffée mais en même temps cette maîtrise de soi m’a effrayée et n’est autre qu’une preuve supplémentaire de sa force mentale. Elle était parfumée et assise très convenablement, elle se tenait bien et baissait les yeux. Elle a insisté pour s’asseoir en face d’un escalier, probablement qu’elle avait compris que le défunt passerait par là.

Elle a baissé les yeux quand les gens présents ont commencé à s’agiter pour marquer le début de la cérémonie. On entendait des hommes sortir d’en haut de l’escalier en répétant « AllahouAkbar ». J’ai commencé à avoir des sueurs froides. Tout ça me rappelle un mauvais moment. Je ne devais pas lâcher Rania des yeux. J’ai essayé de lui prendre la main, elle l’a repoussée. Je la voyais serrer les dents, mais la tête baissée pour que personne ne se rende compte de son degré de souffrance.


Je tremblais de partout, tous mes muscles étaient contractés, j’étais en plein malaise...

Les hommes ont descendu l’escalier avec le linceul sur les épaules, on voyait les formes du corps, on pouvait presque deviner les traits de son visage, comme le saint Suaire.

Les proches pleuraient en émettant des gémissements de souffrances. Lorsque les hommes quittent le pas de la porte, sa femme hurle et se jette à leur poursuite en hurlant. C’est là que Rania verse une larme la tête complètement enfoncée dans la poitrine.


Quand ils eurent quitté la maison, sa femme s’est évanouie et a du être portée jusqu’à une chambre. C’est à cet instant que Rania me demande de partir. Elle se lève se dirige vers la sœur du défunt et lui dit « Que Dieu vous donne de la patience » et est sortie en trombe en se tenant parfaitement bien. Elle avait garé la voiture loin de la maison. Dans la rue, elle marchait difficilement, et arrivant près de la voiture, elle s’écroule par terre, elle me dit, en pleurant « Mes jambes ne me tiennent plus ». Heureusement, personne ne nous voit, je l’aide à se relever et je la dépose côté passager.


Elle me fait énormément de peine, j’en ai pleuré et c’était également le contrecoup de l’enterrement. .. Lourd de souvenirs douloureux.

Elle ne pleure pas, mais elle est très pâle. Elle me dit « Direction chez mes parents »

Je ne bronche pas. Même si je ne pensais pas vraiment que c’était le moment. Je m’exécute.


Elle prend son téléphone « Maman, Papa est la ?... bon ne sortez pas j’arrive. J’ai quelque chose à vous dire. »

Elle raccroche, avec un air blasé et presque diabolique, elle me dit « Ma mère doit penser que je viens lui annoncer que finalement, il divorce et qu’il m’épouse. Ou alors que j’ai eu le courage de le larguer et que j’ai déjà quelqu’un d’autre dans ma vie et que je reviens vivre chez eux. » Elle a ce rire forcé malsain.

Je l’accompagne et demande à rester dehors. Elle me dit : « Ici tout le monde connaît mon tort, si tu viens pas... qui va me ramasser ?? »

J’ai des courbatures qui parcourent mon corps, quand elle parle, on peut presque imaginer qu’elle m’afflige des coups fouets. Son détachement me fait souffrir.

Je rentre chez elle, ses parents ont l’air inquiet. Ils connaissent leur fille, excentrique, exubérante et complètement imprévisible. Ils allaient en avoir pour leur argent.

En une phrase, elle les achève : « Je n’ai pas rompu, je n’en ai pas eu le courage et il ne divorcera jamais pour moi, tu avais raison maman... alors la vie a décidé de me défier, de me punir, elle me l’a pris mais elle m’a laissé à jamais une chose de lui. »

Les parents ne comprennent rien. Je les vois se poser 1001 questions à la seconde et m’interroger du regard comme si j’allais leur donner un indice pour les mettre sur la voie de la réponse à l’énigme.

« Il est mort, je viens à l’instant de l’enterrer et je suis enceinte de lui, depuis 4 mois. »

La mère me regarde et me demande du regard « Mort ?... mais c’est elle qui l’a tué ? »

J’ai presque failli éclater de rire, parce que ses parents s’attendent vraiment au pire de la part de leur fille. Comme quoi, il n’y a pas que les miens qui me jugent mal.

Elle se lève en voyant les yeux embués de son père. Sa mère quant à elle, elle est en larmes.

Elle essaie de sortir quand son père l’attrape violemment par le poignet : « Où tu vas comme ça ? Tu n’as pas fini de nous causer du tort avec tes bêtises ? ». Elle se détache de lui avec agressivité. « Toi, tout ce qui te fait peur c’est le scandale ? Comme d’habitude... ben tu diras aux gens que c’est moi qui suis morte, ou alors que j’ai fait une fugue... invente un truc pour protéger ton image sociale. » Elle m’attrape le bras, elle tremble, elle essaie de me tirer vers la sortie et sa mère arrive en courant et tombe aux genoux de sa fille : « Mais, et cet enfant... il va porter le nom de qui ? »

« Mais, le mien maman... le mien, je n’ai pas besoin d’homme... et je n’ai pas besoin d’en faire un orphelin dès sa naissance. »

Et elle sort, laissant sa mère, pleurant à genoux sur le sol et implorant Dieu.

Le père allumant une cigarette sur le pas de la porte la regardant partir avec dégoût.

Elle avait l’air d’aller mieux qu’en arrivant. On monte dans la voiture et elle me dit : « J’étais sûre qu’en voyant l’intolérance de mes parents, j’allais me sentir mieux. Bon, on rentre regarder ton DVD. Et ne t’inquiète pas pour moi, j’ai vu le cadavre, je sais qu’il est mort... c’est presque moins douloureux que de me dire qu’il dort dans les bras d’une autre et qu’il lui fait l’amour pour la remercier de son délicieux dîner de boniche. Quant à mes parents, c’est bon... pas de cadavre, mais enfiiin !! Le squelette est hors du placard. Soit ils m’acceptent comme je suis... sois j’ai mon bébé et nous auront une belle vie tous les deux. Je vais appeler un avocat pour connaître les formalités juridiques et j’ai encore 3 mois et demi pour apprendre à vivre avec l’idée d’être une mère célibataire plutôt qu’une mère divorcée, délaissée, ou trompée. » Et elle éclate de rire...



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Jour 34


Sous le choc de la nouvelle, je n’arrive même pas à poser de questions... je ne sais pas quoi faire... et je ne vois pas ce qui a bien pu se passer, comme est-ce arrivé ?

Un accident de voiture ? Un accident de couteau le jour de l’Aïd ?

Quelle catastrophe ! Comment se peut-il que des choses comme celles là arrivent ?

La vie est-elle si injuste ?

Comment a-t-il pu l’abandonner comme ça ?

Est-ce une punition divine pour elle ?

Pourquoi le sort s’acharne-t-il sur Rania ?

Et maintenant, cet orphelin qui va naître, de quoi est-il coupable ?

Est-ce désormais plus facile d’envisager cette grossesse qui n’est plus illégale, moralement proscrite mais plus tôt monoparentale ?

.... Je la regarde, elle n’y croit pas encore... comment je peux l’aider ?

Elle a arrêté de pleurer, au moins une heure est déjà passée... on était silencieuse toutes les deux... chacune sur un rebord du canapé, je pleure aussi mais je ne sais pas pourquoi ?

Je ne le connais même pas ce type, mais j’ai pressenti peut être, j’ai ce pif, qui sent les choses arriver, une malédiction...

Rania est le genre d’amie qui ne te laisse pas de marge de manœuvre en termes de gestion d’amitié. On ne peut pas lui dire qu’on n’est pas d’accord avec elle. Ayant une très forte personnalité... elle ne se laisse pas dissuader... La dernière fois que j’ai essayé de lui dire qu’il fallait, peut être, envisager de changer de vie... elle l’a fait en prenant ses bagages et en partant... mais là, je la regarde... elle est incapable de bouger de ce canapé... avec ce petit ventre qu’on aperçoit à peine, comme si elle avait juste pris un peu de poids...


Qu’allait-elle faire ?

Aller à l’enterrement ?

Rencontrer sa femme ?

Et pleurer comme une veuve ?

Provoquer un scandale et dire que l’enfant vient de lui ?

Entacher sa mémoire ?

Le traiter de lâche à titre posthume et publiquement ?... Que ferais-je à sa place ?...

Je pense que j’aurais simplement envie de le rejoindre... face au constat de ne plus jamais le voir ou le toucher... face au constat de devoir passer des mois de grossesse seule ... et de prendre soin du fruit de notre amour sans lui et cela, pour la vie...Elle me parle enfin, et me dit : « Je n’aurais jamais le courage d’aller seule... tu viens avec moi ». Sur un ton ferme, c’était presque un ordre. Non, pas presque, c’était un ordre.« Oui, ma chérie, on ira où tu veux. »

« A l’enterrement, et chez mes parents, pour leur expliquer »

Et, elle a pris une douche, s’est mise en pyjama et est venue me voir au salon. Par respect, je n’ai même pas allumé la télé, mis mon téléphone en mode silencieux, et de toutes les façons, je n’avais pas le cœur à faire quoique ce soit, la mort est la seule chose qui me fasse réellement peur dans ma phobie de perdre le contrôle, la mort reste pour moi la seule inconnue.

Elle me dit : « C’est son meilleur ami qui m’a appelé quand tu es sortie. Il m’a dit qu’il a eu un arrêt cardiaque le soir de l’Aïd. En fin de journée, il ne s’est pas réveillé ce matin, que l’enterrement c’est demain, parce qu’ils attendent sa sœur qui arrive d’Allemagne. »

Je ne savais pas quoi dire.Elle ne disait rien non plus, mais elle avait l’air de se forcer à être dure. Elle avait peur de s’effondrer, et se l’interdisait. Ce qui fait qu’elle et moi soyons amies, nous nous retrouvons dans cette peur de perdre pied, je pense que c’est une malédiction parce qu’en la voyant je me rends compte à quel point c’est une torture.Je la prends dans mes bras et je lui dis « Je suis là, même si je ne peux pas faire grand-chose... fais attention à toi », mais elle est rigide, elle refuse de se laisser aller.

Elle me regarde, dans l’âme, tellement ses yeux criaient au secours, elle disparaît dans sa chambre.

Je me sentais affreusement mal, je ne pouvais pas me coucher, j’étais trop sur mes nerfs. Je ne pouvais pas sortir et la laisser seule, je ne pouvais pas faire de bruit pour ne pas risquer de la réveiller au cas où elle trouverait le sommeil. Je me met au lit, ... je me retourne dans tous les sens. Je me relève, j’ai besoin de me calmer, je suis au bord de la crise de nerfs. Je tourne en rond dans ma chambre... rien ne me calme sauf de prendre le livre préféré et seul lègue de ma grand-mère : son livre de Coran et je me mets à lire. Je pleure... sans m’en rendre compte, je pense que ça m’a apaisée, calmée, rassurée... Les gens bons n’ont rien à craindre de la mort... J’ai tu ma culpabilité qui me mettait si mal à l’aise pour pouvoir trouver un semblant de sommeil. Rania en pleur m’a réveillée, je suis entrée dans sa chambre elle pleurait et elle disait « Pourquoi mon Dieu ? ».

Rania qui n’a jamais cru en Dieu (celui de l’Islam et du Coran), se considérant comme déiste et qui ne veut prendre en considération aucun écrit, qui considère comme des « moutons endoctrinés » ceux qui suivent les préceptes de n’importe quelle religion couchée sur un livre sacré par les hommes... Celle dont le Dieu a toujours été « On n’a que ce qu’on mérite » tant qu’il ne s’agit pas d’elle...

Aujourd’hui mérite-t-elle ce qui lui arrive ?

Est-elle toujours accrochée à ses convictions alors que toute sa vie elle a nié pouvoir s’accrocher à une puissance « divine » (au sens propre et figuré) qui serait pleine de bonté, tout en dictant une conduite qui ne convient pas à tout le monde, pardonnant pourtant ceux qui font quelques écarts, exilant les autres en enfer, et gratifiant les exécutants d’une place sous le soleil du paradis... Est-ce le jour de son jugement ?

Est-ce-son premier jour en enfer pour avoir été mécréante ?

Mais pourquoi l’enfant qu’elle a choisi de faire et qui est aussi une volonté de la nature et par conséquent du Dieu (de l’Islam et du Coran) va-t-il naître en enfer ?

Peut être que cet enfant sera la punition... peut être qu’il sera l’enfer...Je suis au pas de sa porte, alors qu’elle pleure encore... ma réflexion me dérange, je préfère l’arrêter et accepter que la vie peut parfois être injuste et me rassurant en me disant que c’est peut être un accident dont on sortira plus fort... Je la rejoins dans son lit, je la prends dans mes bras, pose les mains sur son ventre, je sens son cœur battre et je passe la nuit à m’assurer qu’elle vit encore. Demain est un jour difficile...

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