lundi, novembre 22, 2010

Jour 29


Je me suis retrouvée plantée devant lui, le sang ne faisant qu’un tour dans mes veines... Je ne comprenais pas du tout ce qu’il faisait là, moins d’une semaine après mon retour, qu’est ce qu’il avait raconté à mes parents... ce qu’il voulait en débarquant comme ça. J’étais confuse entre la colère et l’émotion, l’incompréhension... un fouillis de sentiments et d’émotions impossibles à décrypter...
Il m’a dit bonjour comme si j’étais encore la petite fille de son pote, une petite bise innocente, et en précisant « Alors comment va la reprise, pas trop dure... »
Et c’est là que la reine mère reprend tout bonnement la parole « Tu m’as pas dit que tu avais croisé Samuel à Paris ? »
Je ne savais plus où me mettre, il rit et dit : « La fille à son papa lui cherchait des boutons à manchettes, et elle était en panique on s’est croisés dans le rayon du magasin et puis quand elle m’a annoncé la mauvaise nouvelle, j’ai été très inquiet, et dès que j’ai pu me libérer, je suis venu. Et comme j’aime l’aïd et le barbecue de l’aïd à Tunis... et surtout avec vous... ça fait des années que je ne suis plus venu, vous allez à Mornag, chez Mongi ? »
Maman, l’hypocrite : « Tu sais moi... j’hésite encore, c’est fatigant, et je pensais faire une cure pour guérir mon arthrose cervicale à Paris, mais bon... plus on est de fous, plus on rit. Si tu es là, ce sera une bonne raison d’être tous ensemble, depuis le temps qu’on ne t’a plus vu chez nous »
Le diner n’est pas passé, il me dévisageait, voyait ma gêne, et s’en extasiait... Il était beau comme un Dieu. J’étais en train de vibrer de part en part, ma sœur me pinçait les cuisses, pour me dire regarde son rire... j’ai fini par lui foutre un coup de coude pour qu’elle arrête. Comme des petites gamines.

Maman en pleine fascination devant Samuel, mettait les petits plats dans les grands et comme d’habitude, on devait avoir l’air une famille unie et dont les membres sont très proches. Elle était même aux petits soins avec Papa. La mascarade du siècle.
J’étais mal, l’attitude de ma mère me dégoutait, et celle de Samuel encore plus...
Mes frères parlent d’affaires avec Samuel, et la fiancée/copine/ pétasse du plus jeune... (Parce qu’à priori, nous allons passer à l’officialisation, vu comment elle me brosse dans le sens du poil...) était en train de me demander « Comment sont les tendances automne-hiver 2011 de la mode ». J’avais envie de lui vomir sur son horrible robe imprimée, qui montre ses goûts douteux...

Je ne lui répondais pas, ma mère me faisait les gros yeux, et je prenais un plaisir à faire chier ma mère, qui se sentait obligée d’engager la conversation avec elle. Elle posait aussi des questions à ma sœur, qui lui répondait, « C’est Mimi qui gère ma garde robe... ».

Elle veut rentrer dans le Dress Code. A un moment, elle en faisait tellement qu’'elle me pousse à lui dire: « Amina (Elle s'appelle Amira), va voir dans les magazines, et copie à l’identique, parce que décider de comment s’habiller et réussir son coup, c’est une question de classe, et vu le choix de ta robe, je ne sais pas trop si tu peux te permettre autant d’aisance.... » J’éclate de rire, pour prétexter que c’était juste une plaisanterie. Ma sœur est par terre de rire, mon père et Samuel souriait, et mes frères me jetaient des regards incendiaires, le grand parce qu’il n’aime pas l’impolitesse, et le deuxième parce qu’il aime les pépés dépourvues de style :).

Samuel me dévorait des yeux. Et entrée en transe, je me dis que c’est le moment de jouer... et de reprendre la vie de Miimii, il est venu jusqu’ici, il ne va pas rentrer bredouille.
Ma mère et mes frères devaient aller à un mariage, ma sœur allait tenter sa chance avec ses potes à la soirée rock du bœuffy...

Et personne pour rester avec mon père sauf son infirmière. Je serais bien contente pour une fois, s’il pouvait trouver le courage d’assouvir un fantasme, et se taper l’infirmière. :)
A l’instant où je voyais ma mère monter avec l’autre conne siliconée Samuel lance la même remarque « Je vais rentrer à mon hôtel mon frère et te laisser seul avec ta belle infirmière, puisque ta femme sort !!! » :)

Mon père essaie d’articuler difficilement, « Myriam tu peux déposer Samuel à son hôtel ? »
De là, j’ai compris que mon père était fatigué et qu’il voulait rester au calme. Pour ne pas brusquer les choses, je lui dis que je sortirais en même temps que tout le monde.
Dans un premier temps, je me sens émoustillée à l’idée de rester seule avec lui. Ça devient excitant, je commence à anticiper ce qu’il peut me dire. D’un autre, je me rappelle de ma dernière soirée à Paris, et du coup je déchante. Et je pense même à ne pas prendre de risques à jouer pour éviter de me brûler les ailes. (Dédicace spéciale à qq1 qui se reconnaitra.)

Je monte voir ma mère, pour parler un peu, elle était en train de s’habiller. Je m’assois sur son lit, elle ne veut même pas me parler. « Tu vas laisser Papa tout seul ?»
Elle me répond avec détachement : « Si à ce point, je te dérange dans ta petite vie, je peux aller m’enterrer vivante... »
« Maman tout de suite les grands mots... Elle est jolie ta robe »
« Ton père a une infirmière pour s’occuper de lui, il devrait être heureux pour une fois qu’il peut le faire au vu et au su de tous. »

Je sors de la pièce, et me dirige vers le compartiment de mes frères pour voir se qui se trame de leur côté. Mon grand frère me dit de pas m’inquiéter, lui qui hais les mariages, ne restera pas plus d’une heure, et sera de retour au plus tôt.

Rassurée, je vais squatter chez ma petite princesse. Habillée comme une petite rockeuse, on dirait une héroïne de manga, elle était simplement à croquer.

Quand tout le monde est prêt à sortir, ma mère dévale l’escalier avec sa classe légendaire et son charisme en Escada rouge. A son âge, elle est extrêmement bien conservée.

Elle tient la croqueuse de diamant par le bras, qui porte un collier en diamant que ma mère lui aurait prêté. Je suis hors de moi. Je veux rentrer chez moi et ne plus voir ça.

Je m’adresse à mon frère, le concerné, « Demain, j’aurais deux mots à te dire sur cette salope que tu traînes partout »... il me répond : « ça fait 2 mois que je te vois pas, j'ai eu le temps de tomber amoureux, il n'y a plus rien à faire maintenant. » avec un sourire ironique.

Je sors de la maison en donnant 1001 consignes à l’infirmière, ma mère plus belle que jamais lève les yeux au ciel... exaspérée par mon attitude. Elle me fait sourire, parce qu'au fond je sais qu'elle m'aime.

Je monte dans ma voiture, en hurlant à mon frère de m’envoyer un sms quand il rentre pour me rassurer. On démarre. Samuel et moi n’échangeons pas un mot. Et puis, lorsque nous perdu ma famille de vue : « C’est lequel ton hôtel ? »

Il prend ma main l’embrasse et me dit « Sous tes faux airs de pécheresse sans cœur, tu es douce comme un chocolat avec un cœur aussi fondant et sucré que du caramel. »

Et il éclate de rire... Je le taquine « C’est une remarque d’adolescente, gourmande et fleur bleue que tu viens de faire », et j’éclate de rire aussi...

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