Jour 30


Je me suis endormie là, près de lui à son hôtel.

Quand je l’ai raccompagné, j’ai réfléchis que je n’avais rien d’autre à faire ailleurs, que je n’avais pas envie de l’inviter chez moi, ni de rentrer seule. Il a bu quelques verres, je l’ai accompagné en buvant de l’eau.
Nous avons ri de tout et de rien, et n’avons fait aucune allusion à quoique ce soit : ni Paris, ni sa visite à Tunis, ni nous ou ce qui aurait bien pu se passer entre nous, ou même ce qui continue de se passer.
Je l’ai embrassé, et j’ai senti son émotion monter en une fraction de seconde, un long soupir de soulagement a réchauffé mes lèvres... il attendait ce moment, mais n’a pas osé prendre de risque. L’étreinte devient de plus en plus, torride, voire explicite.
J’aime cette vibration qui parcoure mes tissus, j’avais envie de n’avoir aucune limite ce soir, pour vivre l’instant à fond. Je sens par contre, que de son côté, il avance doucement, une espèce de crainte retient ses pulsions les plus animales. Il se retenait. Ce n’était pas doux, et les sentiments n’étaient pas sains, ils étaient embrouillés entre le simple désir, le fantasme du fruit défendu, et une odeur presque incestueuse, d’interdit, qui lui semblait pourtant si excitante.

C’était juste inévitable, un appel auquel nous avons tous les deux résisté pendant un trop long moment et bien trop d’allées et venues. Il m’a jeté sur son lit et m’a dit « Chérie, je ne veux pas aller plus loin ce soir, je veux juste te tenir, t’embrasser et te sentir... je ne sais pas où l’on va comme ça et je ne veux pas me poser de questions, maintenant... et je ne peux pas m’arrêter non plus ».
Nous avons passé la nuit comme de jeunes adolescents à s’embrasser, s’effleurer, en évitant de s’approcher des parties intimes et de tout ce qui aurait pu rendre cette étreinte « sexuellement habituelle et banale ». C’est bizarre je n’avais plus envie d’aller plus loin, comme si l’acte allait briser notre relation comme une explosion en éclats de verre.

L’acte sexuel quand il n’y a pas de réels sentiments, peut tout faire capoter (c’est le cas de le dire :)). En effet, une fois terminé, l’euphorie retombe comme suite à un orgasme. Le cœur bat de moins en moins fort, le corps se relâche, l’esprit aussi dans une ambiance de « mission accomplie », une once de fierté momentanée, qui nous ramènera à la raison et parfois même au dégoût ou au regret. Il a pénétré mon intimité avec la sienne, mais ça n’aura duré que ces quelques minutes. Ce n’était qu’illusion de partage et d’échange. Et maintenant, chacun reprend sa route ?
Pour une femme comme pour un homme, l’acte sexuel est une concrétisation d’efforts de séduction, de manipulation, de mise en confiance, en fonction du contexte dans lequel les parties se sont abordées. Pendant l’acte, ce sont les sens qui prennent le dessus, et l’alchimie physique ne laisse plus la place à la morale et à la réflexion.

Lorsque c’est fini, l’impression est toujours que l’homme a été actif, car il donne et la femme reçoit. La femme a donc la sensation d’avoir accepté ce que l’homme a bien voulu lui donner. Lorsque les émotions ou les sentiments ne suivent pas après l’acte, surtout du côté de l’homme, la femme peut se sentir diminuée, dégradée, salie, ou trahie... Toujours ce complexe depuis la nuit des temps d’inégalité des sexes. Héritage culturel de merde !

Je ne voulais pas prendre ce risque. Pour une femme, l’acte d’amour peut être tellement sacralisant et mystifiant pendant, et paraître tellement dégradant après.
Il ne m’a pas laissée penser une seule seconde que ce rapprochement était purement physique. J’ai pris les rênes, j’aime bien décider de la cadence de mes ébats, et vicieusement, je me suis promis de le mener à un point, où il ne pourrait rien me refuser. A ce jeu, mes hormones battaient mon cerveau à plate couture... advienne ce que pourra.

Samuel m’a arrêté net, lorsque j’ai essayé de l’emmener vers un terrain miné. Violemment, il a attrapé mon poignet et m’a dit « Arrête, je ne veux pas ». Ce geste violent a d’abord attisé le feu qui m’animait, mais quand j’ai vu qu’il était sérieux...

L’ambiance est retombée, une gêne s’est installée chez moi, je me sentais humiliée. Je suis allée sous la douche pour éviter son regard pendant quelques minutes. Il a demandé au room service des petites choses à grignoter. Quand il est sorti de la douche, il s’est assis en face de moi et ma embrassée sur le front. « Bébé, tu es jeune et tu fais encore les choses sans réfléchir, si ce soir on était allés au bout, tu serais à l’instant même en train de te morfondre, en croyant que j’ai pris l’avion pour assouvir un désir purement physique. Demain, tu ne pourrais même pas me regarder dans les yeux, toi, qui, est déjà en plein conflit amour/haine avec toi-même, demain tu me détesterais. Alors que je tiens trop à toi pour que tu me détestes. Après Paris, j’ai énormément pensé à toi, ce que tu m’inspires, tu es une déesse, tu es bien plus mature qu’on ne pourrait le penser, tu es une femme pure et dure, ambitieuse et tu réussis très bien ta vie, et tu dégages un charisme fou, un sex appeal et une sensibilité à se damner. Quand je te regarde, je me demande si ce regard posé sur toi est digne et respectable. Et tu remarqueras que je n’ai pas dit un mot sur ton physique... Quand tu étais petite, je disais à ton père que tu ressemblerais à Mathilda May, en tous points à l’époque où elle était un sex symbol. A ce moment là, on ne pouvait pas googler, je me rappelle lui avoir ramené un Paris Match pour lui montrer cette photo (il l’avait dans sa valise). Ton père étant fou amoureux de sa petite fille, avait été si fier. Tu es aussi jolie qu’elle, chérie... mais tu dois le savoir avec tout ce qui te tourne autour. Une telle beauté... une fleur sauvage et si belle... on ne joue pas avec, on la protège, on la nourrit, on essaie de préserver sa beauté. Viens là Mimi. »

Il me prend dans ses bras, je baisse les yeux, j’ai du rougir. Et là, j’ouvre mon cœur : « Mais est ce que nous faisons quelque chose de mal ?... Quelque chose malgré nous ?... Quelque chose contre la morale ? »
Un temps de silence a prouvé que tous les deux n’étions pas en mesure de répondre à la question.
Je reprends, « Je me fiche de la morale et du qu’en dira-t-on mais... si c’est malsain... enfin tu vois, je n’ose même pas me poser la question de savoir si tu me plais ou pas, Sam... tu es l’ami de Papa et je te connais depuis toute petite, mais après Paris, j’ai envie de te toucher, de t’embrasser, que tu me prennes dans tes bras... Tu m’as tellement bien traitée, protégée et tellement respectée, alors que c’est une notion depuis bien longtemps oubliée... mais la veille de mon départ, tu m’as complètement refroidie, tu es resté avec cette fille et tu m’as laissée partir seule... Je me sentais abandonnée. Je suis rentrée à Tunis et je suis passée à autre chose, mais tu débarques... comme ça... sans crier gare et je suis de nouveau toute chamboulée. Tu joues avec mes nerfs ? Tu veux quoi ?»
Re-silence
« Dis quelque chose » et mes larmes coulent, je vois qu’il n’a rien à me dire, il sait simplement dépeindre et décrire et vivre des moments, il ne s’engage pas, ne se projette pas...ne répond à aucune de mes angoisses... Il me met la pression, me laisse sur le qui-vive... mais j’aime tellement ça, que j’ai envie de me rejeter dans ses bras.

En me voyant pleurer, j’ai l’impression que ça ne lui fait rien. Il me regarde et ne dis toujours rien. Quand j’avance vers lui pour l’embrasser, il me dit une seule chose : « Arrête de te faire du mal... vis le moment et surtout n’attends rien de moi ».
Il me prend par les épaules, me retourne violemment, me serre contre lui et me dit : « Maintenant, dors. »
Il me prend dans ses bras, je continue de pleurer, j’ai peur, j’ai peur de lui, j’ai peur de demain, j’ai peur sans lui... j’ai peur... Il me caresse les cheveux, m’embrasse dans le cou, me tient la main... toute la nuit ou ce qu’il en reste, il est déjà 3h du matin quand je me couche.

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Jour 29


Je me suis retrouvée plantée devant lui, le sang ne faisant qu’un tour dans mes veines... Je ne comprenais pas du tout ce qu’il faisait là, moins d’une semaine après mon retour, qu’est ce qu’il avait raconté à mes parents... ce qu’il voulait en débarquant comme ça. J’étais confuse entre la colère et l’émotion, l’incompréhension... un fouillis de sentiments et d’émotions impossibles à décrypter...
Il m’a dit bonjour comme si j’étais encore la petite fille de son pote, une petite bise innocente, et en précisant « Alors comment va la reprise, pas trop dure... »
Et c’est là que la reine mère reprend tout bonnement la parole « Tu m’as pas dit que tu avais croisé Samuel à Paris ? »
Je ne savais plus où me mettre, il rit et dit : « La fille à son papa lui cherchait des boutons à manchettes, et elle était en panique on s’est croisés dans le rayon du magasin et puis quand elle m’a annoncé la mauvaise nouvelle, j’ai été très inquiet, et dès que j’ai pu me libérer, je suis venu. Et comme j’aime l’aïd et le barbecue de l’aïd à Tunis... et surtout avec vous... ça fait des années que je ne suis plus venu, vous allez à Mornag, chez Mongi ? »
Maman, l’hypocrite : « Tu sais moi... j’hésite encore, c’est fatigant, et je pensais faire une cure pour guérir mon arthrose cervicale à Paris, mais bon... plus on est de fous, plus on rit. Si tu es là, ce sera une bonne raison d’être tous ensemble, depuis le temps qu’on ne t’a plus vu chez nous »
Le diner n’est pas passé, il me dévisageait, voyait ma gêne, et s’en extasiait... Il était beau comme un Dieu. J’étais en train de vibrer de part en part, ma sœur me pinçait les cuisses, pour me dire regarde son rire... j’ai fini par lui foutre un coup de coude pour qu’elle arrête. Comme des petites gamines.

Maman en pleine fascination devant Samuel, mettait les petits plats dans les grands et comme d’habitude, on devait avoir l’air une famille unie et dont les membres sont très proches. Elle était même aux petits soins avec Papa. La mascarade du siècle.
J’étais mal, l’attitude de ma mère me dégoutait, et celle de Samuel encore plus...
Mes frères parlent d’affaires avec Samuel, et la fiancée/copine/ pétasse du plus jeune... (Parce qu’à priori, nous allons passer à l’officialisation, vu comment elle me brosse dans le sens du poil...) était en train de me demander « Comment sont les tendances automne-hiver 2011 de la mode ». J’avais envie de lui vomir sur son horrible robe imprimée, qui montre ses goûts douteux...

Je ne lui répondais pas, ma mère me faisait les gros yeux, et je prenais un plaisir à faire chier ma mère, qui se sentait obligée d’engager la conversation avec elle. Elle posait aussi des questions à ma sœur, qui lui répondait, « C’est Mimi qui gère ma garde robe... ».

Elle veut rentrer dans le Dress Code. A un moment, elle en faisait tellement qu’'elle me pousse à lui dire: « Amina (Elle s'appelle Amira), va voir dans les magazines, et copie à l’identique, parce que décider de comment s’habiller et réussir son coup, c’est une question de classe, et vu le choix de ta robe, je ne sais pas trop si tu peux te permettre autant d’aisance.... » J’éclate de rire, pour prétexter que c’était juste une plaisanterie. Ma sœur est par terre de rire, mon père et Samuel souriait, et mes frères me jetaient des regards incendiaires, le grand parce qu’il n’aime pas l’impolitesse, et le deuxième parce qu’il aime les pépés dépourvues de style :).

Samuel me dévorait des yeux. Et entrée en transe, je me dis que c’est le moment de jouer... et de reprendre la vie de Miimii, il est venu jusqu’ici, il ne va pas rentrer bredouille.
Ma mère et mes frères devaient aller à un mariage, ma sœur allait tenter sa chance avec ses potes à la soirée rock du bœuffy...

Et personne pour rester avec mon père sauf son infirmière. Je serais bien contente pour une fois, s’il pouvait trouver le courage d’assouvir un fantasme, et se taper l’infirmière. :)
A l’instant où je voyais ma mère monter avec l’autre conne siliconée Samuel lance la même remarque « Je vais rentrer à mon hôtel mon frère et te laisser seul avec ta belle infirmière, puisque ta femme sort !!! » :)

Mon père essaie d’articuler difficilement, « Myriam tu peux déposer Samuel à son hôtel ? »
De là, j’ai compris que mon père était fatigué et qu’il voulait rester au calme. Pour ne pas brusquer les choses, je lui dis que je sortirais en même temps que tout le monde.
Dans un premier temps, je me sens émoustillée à l’idée de rester seule avec lui. Ça devient excitant, je commence à anticiper ce qu’il peut me dire. D’un autre, je me rappelle de ma dernière soirée à Paris, et du coup je déchante. Et je pense même à ne pas prendre de risques à jouer pour éviter de me brûler les ailes. (Dédicace spéciale à qq1 qui se reconnaitra.)

Je monte voir ma mère, pour parler un peu, elle était en train de s’habiller. Je m’assois sur son lit, elle ne veut même pas me parler. « Tu vas laisser Papa tout seul ?»
Elle me répond avec détachement : « Si à ce point, je te dérange dans ta petite vie, je peux aller m’enterrer vivante... »
« Maman tout de suite les grands mots... Elle est jolie ta robe »
« Ton père a une infirmière pour s’occuper de lui, il devrait être heureux pour une fois qu’il peut le faire au vu et au su de tous. »

Je sors de la pièce, et me dirige vers le compartiment de mes frères pour voir se qui se trame de leur côté. Mon grand frère me dit de pas m’inquiéter, lui qui hais les mariages, ne restera pas plus d’une heure, et sera de retour au plus tôt.

Rassurée, je vais squatter chez ma petite princesse. Habillée comme une petite rockeuse, on dirait une héroïne de manga, elle était simplement à croquer.

Quand tout le monde est prêt à sortir, ma mère dévale l’escalier avec sa classe légendaire et son charisme en Escada rouge. A son âge, elle est extrêmement bien conservée.

Elle tient la croqueuse de diamant par le bras, qui porte un collier en diamant que ma mère lui aurait prêté. Je suis hors de moi. Je veux rentrer chez moi et ne plus voir ça.

Je m’adresse à mon frère, le concerné, « Demain, j’aurais deux mots à te dire sur cette salope que tu traînes partout »... il me répond : « ça fait 2 mois que je te vois pas, j'ai eu le temps de tomber amoureux, il n'y a plus rien à faire maintenant. » avec un sourire ironique.

Je sors de la maison en donnant 1001 consignes à l’infirmière, ma mère plus belle que jamais lève les yeux au ciel... exaspérée par mon attitude. Elle me fait sourire, parce qu'au fond je sais qu'elle m'aime.

Je monte dans ma voiture, en hurlant à mon frère de m’envoyer un sms quand il rentre pour me rassurer. On démarre. Samuel et moi n’échangeons pas un mot. Et puis, lorsque nous perdu ma famille de vue : « C’est lequel ton hôtel ? »

Il prend ma main l’embrasse et me dit « Sous tes faux airs de pécheresse sans cœur, tu es douce comme un chocolat avec un cœur aussi fondant et sucré que du caramel. »

Et il éclate de rire... Je le taquine « C’est une remarque d’adolescente, gourmande et fleur bleue que tu viens de faire », et j’éclate de rire aussi...

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Jour 28


Aujourd’hui, avec mes frères et sœur, on a emmené Papa faire son grand kif, un déjeuner au golfe, le dimanche à midi, il y a trouvé pas mal d’amis... et de connaissances. Il faisait l’effort de se tenir correctement, de parler, de sourire... ça va mieux.

Ma mère ne s’est pas déplacée... sans se justifier.

La semaine prochaine c’est l’aïd, nous allons comme l’année dernière, aller à Mornag chez mon oncle, dans son domaine viticole, avec tous les cousins. Papa est très content de se mêler à la famille. Il fait énormément d’efforts, Maman ne se prononce pas. Elle dit qu’elle part à Paris, pour la semaine, pour faire une cure de je ne sais pas quoi... une connerie, comme d’hab. N’importe quoi... elle ferait n’importe quoi pour ne pas affronter la réalité et se rendre intéressante.

Je lui envoie un sms : « Pour l’aïd, j’irais à ta place si tu ne veux pas t’occuper de Papa, ni t’afficher devant ta famille avec un mari diminué. Tu t’es pavanée d’être sa femme pendant tellement d’années qu’au jour d’aujourd’hui, par simple gratitude, c’est ton devoir de le faire. Mais je sais que les principes ce n’est pas ton truc, ni le sien d’ailleurs, comment de mauvais époux peuvent-ils être de bons parents ?! Ce n’est sûrement pas une règle générale. »

Hier soir, j’ai appelé pour avoir des nouvelles de Rania (#Meilleure amie enceinte du mec marié qui veut pas divorcer). Elle me demande l’autorisation de revenir chez moi, puisqu’avec ses parents l’histoire n’est pas vraiment passée. Et que ça va bientôt commencer à se voir et que de ce fait ça allait devenir gênant pour sa famille.

J’accepte et quand elle me parle de loyer, je lui dis que je ne veux rien entendre, qu’elle aura besoin d’argent pour le bébé. Je suis quand même très en colère contre ce con, qui va la laisser assumer une telle décision toute seule. Mais bon, des deux côtés, j’essaie de comprendre. Elle va donc s’installer le week end après l’aïd dans la chambre que je n’ai pas touchée depuis son départ. Nous allons reprendre une vie normale. A trois :) L’idée me réjouis, même si enfanter ne me tente pas beaucoup. Heureuse que ce soit la « chose » d’une autre.

Lyès m’appelle pour me dire que le 2ème jour de l’aïd, sa mère va lui présenter la fille d’une cousine. Donc le soir où il m’en a parlé, ça se tramait déjà... :) J’attendrais de voir la « bête ».
Ma mère m’appelle pour me parler du sms. Elle me reproche tjrs mon sens de la compassion, je ne réponds qu’une chose « Tu penses que c’est tjrs toi qui en a besoin ? Hein ? Surtout en ce moment !!! Maman, me parle même pas... Je comprends pas du tout comment tu fonctionnes... »...

Très calme et détachée elle me répond : « Tu restes une énigme pour moi ma pauvre fille... (Soupir) bon, aucune excuse, ce soir tu dînes avec nous, nous avons des invités et je te prie d’être habillée correctement... et je n’accepterais aucune absence, ni aucune excuse, 21h l’apéro, je ne le répèterais pas. »

Je grinçais tellement des dents que je n’ai posé aucune question, j’ai marmonné, alors elle m’a raccroché au nez !

Cet aprèm, je fuis le bureau... mon altruisme commence à m’étouffer... en ce moment, je ne suis pas du tout braquée sur moi-même et je suis.... « Heureuse », ouaiiiis, heureuse,... et ça me fout les boules !! Je file à la salle de sport, j’ai le temps de faire deux circuits, des longueurs de piscine, je suis détendue... et j’ai même le temps de lire un livre en sirotant une tisane dans le peignoir du centre, une cliente n’est pas venue alors on me propose un massage relaxant et un brushing. Et pour ne pas faire long, à 21h, je me retrouve chez mes parents, en jean, baskets, demi -ventre et queue de cheval pour bien faire chier la reine mère...en entrant, je tombe nez à nez avec ma sœur qui me dit : « Quel classe ce mec ! » et j’arrive au salon avec un mauvais pressentiment. L’invité surprise est ....

(Roulement de tambour)

Samuel.

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Merci Bib's


Son blog génial avec ses magnifiques illustrations.

http://bibz.wordpress.com/

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Jour 27


J’étais à la soirée hier, D. était là. Je n’ai pas eu le moindre frisson… un inconnu, c’était un parfait inconnu… Il est venu me dire bonjour, et il a demandé des nouvelles de mon père. Il m’a dit, « Je t’ai vue dimanche à l’aéroport, j’y étais aussi, on a pris le même avion, mais j’étais en première », j’ai répondu un vulgaire « Ah bon ? » dépourvu de la moindre émotion. Le silence qui s’est installé était tellement gênant qu’il a fini par me dire « Bon, ben bonne soirée ». De toute la discussion et de toute la soirée qui a suivi, je n’ai pas croisé son regard. J’ai cette attitude quand je suis déçue ou blessée par quelqu’un. Je refuse qu’il puisse lire dans mes pensées à travers mon regard.

Avec Lyès on est rentrés à pas d’heure, on est restés avec une bande d’amis, c’était sympa. Mais je n’ai même plus le même entrain quant à fréquenter ces soirées, c’est toujours les mêmes, les mêmes gens, les mêmes discussions, mais c’est « the place to be » si on a envie de se faire des contacts. Lyès était super bourré en rentrant, et moi sevrée de mon ivresse parisienne, alors je lui ai proposé de rester dormir. J’ai l’habitude de m’occuper de lui, et d’envoyer un sms à sa maman pour la prévenir. En réalité, la maman de Lyès est la tunisoise type qui ne tolère que les bent flèn et bent feltèn, elle a longtemps voulu que son fils et moi, on se marie… et n’a jamais voulu comprendre, l’amitié intense qui nous jette l’un dans les bras de l’autre, pour se faire seulement de poutous et des calinous. C’est comme un frère Lyès, je me rappelle encore de son premier jour à la maternelle, sa mère lui avait mis ses vêtements de l’Aïd, il portait un costard cravate le pauvre, on aurait dit un serveur… Il m’a tellement fait de peine d’être la risée de ces gamins atrocement méchants… Alors depuis, c’est mon acolyte et je le chouchoute et le protège.
Complètement dans le cirage, il me raconte que sa mère commence à lui foutre la pression pour qu’il se marie maintenant qu’il a sa propre entreprise et que ses affaires roulent… mais il me confie qu’aucune fille ne plairait assez à sa mère, enfin… de celles avec lesquelles il a l’habitude de faire des 5 à 7. Comme disait un ancien bloggeur, ce sont des femmes cure dents… Il me raconte qu’il songe sincèrement la laisser choisir, une fille que personne n’aura traitée comme il a traité les filles qu’il a côtoyées, il me parle de performances sexuelles, de positions avec des noms à coucher dehors, du kamasutra qu’il a exploré de fond en comble avec à chaque page une femme différente. J’étais morte de rire, et il continuait, je veux une colombe… une jeune vierge à l’esprit pur, qui n’a jamais vu le méchant loup « et dans mon cas, le grand méchant loup » (trop modeste mon best friend). Il me dit, je ne veux pas une nana formatée, je veux une vraie vierge… pas de mensonges, pas de sutures… et il n’y a que ma mère qui peut me trouver la perle, celle qui était chez elle avec sa mère à chaque fois que sa mère leur a rendu visite.

J’éclate de rire et je lui dis : « Si je t’écoute parler, je perds l’espoir de me marier un jour… je suis une femme cure dent ? » … Il me répond : « Mais non, mais ce n’est pas pareil… tu es Mimi»

Et il s’endort… Je le couvre, et ses mots raisonnent dans ma tête parce que je sais que c’est possible qu’il en soit ainsi. C’est tout lui ça…

Je me mets sur facebook, et pas mal de monde qui était là ce soir est connecté sur la messagerie, notamment D. :
-Salut
J’hésite à répondre…
-Tu étais sublime ce soir… :) et très très froide…
Je réponds : Coucou, merci… pour les deux.
- Ecoute, je suis désolée pour Paris
- Je suis désolée aussi, je n’aurais pas du mal te répondre
- C’est pas grave je ne t’en veux pas, je sais comment tu es. Est ce qu’un jour on va pouvoir s’asseoir calmement et discuter ? Juste pour faire une petite mise au point ?
- Je ne sais pas si c’est nécessaire… je ne vois pas ce qu’on pourrait se dire.
- Franchement, moi non plus... mais tu sais juste pour rester en bons termes.
- Considère que nous avons discuté, et que nous sommes en bons termes. On efface tout et on recommence ?!
- Amis ?
- Oui, amis...
- Parfait,
- Bon, je vais me coucher... A bientôt :)

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Jour 26


Aujourd’hui, je re-débarque au bureau, tout le monde me regarde de travers... ça fait quasiment dix jours que je n’ai pas foutu les pieds ici... ça m’a pas manqué ! Je dois m’expliquer avec mon patron, prouver que je suis plus compétente quand je travaille à mon aise, mon objectif est de ne plus avoir d’impératifs bureaucratiques. J’arrive avec mes rapports prêts, les lignes de vêtements que j’ai repérées, les concepts auxquels je pense... Les chiffres, ma note de frais. Grosso modo, je me sens super fière de moi, j’ai ramené un budget, deux idées, un concept et les euros qui restaient et que je n’ai pas dépensés !!

Je rentre dans le bureau de mon boss, et je n’en ressort que 3 heures après le sourire aux lèvres. Mes collègues ne m’aiment pas et ne comprennent pas la nature des relations que j’entretiens avec mon patron. Monsieur est marié, mais il ne se gêne pas pour s’envoyer des femmes à droite et à gauche. Mais elles ne font pas long feu. Une fois passée à la case « pieu », comme un vampire, elle s’éteint... elle part en fumée. Exit les avantages, exit la promotion et les traitements de faveur... après avoir été chouchoutée un temps, elles n’acceptent pas la rétrogradation et l’arrivée des nouvelles recrues, elles finissent par partir. Celles qui tombent dans le panneau de la séduction ne font pas long feu.

Ça fait quatre ans que je bosse pour lui, et nos relations ont eu quelques difficultés au début parc qu’il ne savait pas d’où je venais et qui j’étais, il m’a pris pour ce que je ne suis pas, une fille facilement hameçonnable. Et suite à un clash violent, dans lequel chacun a exprimé son opinion : En résumé : « Si tu veux une promo, tu dois être gentille avec moi » et je rétorque « Si t’as un problème avec ta bite, dès maintenant fous toi ton fric dans le cul et appelle le bureau d’emploi... même pour tout l’argent du monde, je ne renoncerais pas à ma dignité! ». Il a voulu m’avoir à l’usure, mais je l’ai eu à coup de budgets et de concepts. Depuis, j’ai gagné sa confiance et il a gagné mon respect, au jour d’aujourd’hui c’est comme sa fille/sœur qu’il me traite. Je fais ce que je veux, tant que je remplis mes objectifs, et cette année, j’ai largement rempli les miens.
Mes collègues pensent que je suis la maîtresse de mon patron, ça m’amuse... Ils passent leur temps à me casser du sucre sur le dos, pas étonnant que je m’en sorte mieux qu’eux. Quand je travaille j’essaie de ne faire que ça.

Bon c’est vrai que nos rapports peuvent porter à confusion, on sort déjeuner ensemble, dîner quand il y a des clients, j’arrive quand je veux, et je repars à toute heure, et je suis rarement à mon bureau, je ne viens que pour des clients ou pour parler avec mon patron, je reste du temps je bosse à partir de chez moi... Nos rapports sont très amicaux, on est tactiles, du coup personne ne comprend rien... Une maîtresse qui s’affiche ?... Une pauvre cruche plus conne que les autres qui met plus de temps à sauter ou à se faire sauter ? Personne ne comprend rien... mais ce qui est dommage en Tunisie, c’est que la compétence d’une femme, sa passion pour son travail, sa volonté à se faire respecter, son poing sur la table... ça n’a aucun sens pour les gens qui l’entourent.

D’un point de vue purement sociétal, une femme ça séduit pour avoir de l’argent, une situation stable, ça couche pour être promue ou alors ça fait miroiter l’idée d’une éventuelle coucherie... Mais qu’on ne s’y trompe pas, effectivement certaines femmes font des pipes mentales à leur patron d’où l’expression « Tochroblou mokhou » (lui boire son cerveau).... je me sens dég d’avoir dis ça :))) Mais c’est vrai quoi !! L’image est très proche de la réalité.

Aucune ne pense à la pérennité de la stratégie. Tôt ou tard on finit soit par coucher soit par montrer qu’on parle pour ne rien dire... alors... toute cette énergie gâchée... au lieu de travailler...

N’ont-elles (ils) pas compris que les hommes préfèrent les femmes qui bossent et celles qui tapent du poing sur la table, celles qui se font respecter quitte à ne pas plaire, ne pas séduire, ne pas être regardée...

Après t’as le choix, tu te construis un capital, ou tu utilises ton capital... Odeur de chatte exige... on peut toutes y arriver, mais qui va rester au final ? Lol, ...

Bon trêve de plaisanteries, depuis que je suis rentrée, je suis au calme. Je travaille le soir, donc je ne sors pas. Et puis, j’essaie d’être dispo pour ma famille et mes proches. Je vois D . ce soir, je suis invitée à la soirée d’une boîte de prod audiovisuelle, et ayant travaillé avec eux, je suis sûre qu’il sera parmi les personnes conviées. Je ne me sens pas perturbée, il s’est complètement cramé avec moi, en faisant la loque humaine... c’est le rôle que très peu réussisse mais lui, il a excellé ! Je devrais lui décerner un prix ce soir. Comme à mon habitude, je ne me ferais pas remarquer... je vais à la soirée avec Lyès. Je suis de bonne humeur, je suis contente d’aller faire un bain de foule bien mérité, je ne pensais pas que l’escapade parisienne et Samuel me feraient autant de bien... je n’en reviens pas moi-même d’être aussi positive...

Aïd Mabrouk à tous...

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Jour 25


J’ai rangé tout ce que j’ai ramené dans une petite boite nommée « Paris, mon amour ». Les tickets de métro, les tickets de caisse, un sous verre, un rond de serviette, une petite branche, des paillettes retrouvées au fond de mon sac, un échantillon de parfum pour hommes, le nouveau « Bleu de Chanel ».

Je fais toujours ça quand je veux garder des souvenirs enfermés quelques part. J’avais le sourire aux lèvres et je me sentais bien. Comme il n’a pas mon numéro de téléphone tunisien, j’ai reçu un message de Samuel sur facebook : « J’espère que tu as apprécié ton séjour, j’ai passé des jours sympas avec toi. »

Je n’aurais même pas su quoi répondre, j’ai imprimé le message et je l’ai mis dans la boite. Tous ces petits papiers finiront certainement brûlés un de ces jours.

Il est temps pour moi de réfléchir à ma vie et d’arrêter toutes ces hésitations, un jour D., un jour Amour, un jour Samuel et un jour haine. L’indécision… voilà encore un problème identifié.

Je repense à ce qu’aurait été ma vie, si l’accident n’avait pas eu lieu, si j’étais restée avec A. Et vite fait, j’efface cette pensée de ma tête car ça aurait été la continuité de tout ce que j’ai toujours fuis, apparences, strass, paillettes et argent. Alors ce qu’il me faut c’est de la stabilité, petit papillon devient grand.

J’appelle Rania (mon ex coloc) et je lui propose qu’on dîne ensemble.

Elle est toujours avec son homme marié, toujours aussi marié, et toujours aussi décidé à divorcer sans passer à l’étape des papiers. Elle est triste, elle a les traits marqués, elle est fatiguée, épuisée d’attendre. Je l’écoute, et je lui demande si elle pense à la rupture… les yeux larmoyants elle me dit : « J’ai bien essayé, maintes fois… mais je l’aime et je sais qu’il m’aime aussi »

Dans ce cas, je lui propose de patienter, je n’arrive pas à l’en dissuader, son histoire me dépasse complètement, à sa place je ne saurais quoi faire.

Elle me regarde et me dit : « Tu me trouves comment ? »

« Je te trouve fatiguée ma belle… »

« Tu ne me trouves pas enceinte ? »

(silence)

Je la regarde, je n’arrive pas à articuler…

« Tu es enceinte ? »

Elle sourit comme si c’était une annonce heureuse et qu’elle attendait que je la félicite.

« Depuis longtemps ? »

« 3 mois »

Je ne comprenais pas son attitude sereine. Trois mois ? L’avortement n’est plus envisageable !

« Mais… tu ne peux plus… »

« Je ne veux pas, … je le garde »

Je suis muette, abasourdie…

« Il ne veut pas être à moi toute seule, alors j’ai décidé d’avoir une part de lui en moi… et pas que momentanément. J’ai trente ans et je ne compte pas aller voir ailleurs. »

« Tu veux le forcer à divorcer avec la grossesse ? »

« Non, je ne le force pas, ce sera son choix, et moi j’ai le choix d’avoir ou pas un enfant de l’homme que j’aime, et je ne lui demande rien… »

« Mais… »

« Mais quoi Mimi, tu ne trouves pas que payer les frais pendant 2ans et demi c’est déjà assez ? J’ai plus de trente ans et pas l’intention de passer à autre chose, je le veux lui, même 2 heures par semaine... et ça ne me suffit plus d’avoir une chemise avec son odeur dessus, et que trois jours après il la récupère parce que sa femme s’est demandée où elle était. Je veux avoir un truc en commun avec lui... et j’ai décidé et je suis passée à l’acte. »

« Il est au courant ? »

« Oui, je lui ai dis que je voulais avoir un enfant de lui. »

« Il a dit quoi ? »

« Que j’étais libre... mais qu’il fallait que je prenne mes responsabilités, je lui ai juste demandé s’il le reconnaitrait ou pas... il m’a dit oui, mais il m’a dit, ce ne sera pas un motif pour accélérer les choses, le divorce et notre mariage. Je l’ai rassuré en lui disant que je n’étais pas sûre de vouloir me marier avec lui. Le mariage ce n’est pas son truc, regarde le avec sa femme... je ne voudrais pas qu’il me fasse ce qu’il lui fait... je lui ai dis qu’on resterait comme ça pour le bien de notre enfant. »

« Et il resterait marié ? »

« Je m’en fiche... tant que j’ai un enfant de lui... Je suis sûre qu’il sera un bon père et avec moi, il est génial même quand je passe une seule heure par moi avec lui. Je ne veux que rien ne change... je veux juste un enfant. Et puis s’il divorce, ce n’est pas pour moi, mais vraiment parce que son choix est d’arrêter sa vie avec sa femme. Et ensuite, on verra ce qu’il peut envisager avec moi. Je ne veux pas porter la culpabilité d’un divorce »

« Mais tu dois assumer un enfant toute seule !! Ce n’est pas évident ! »

« Assumer... non, ce n’est pas une erreur cet enfant. Mais le chouchouter, l’élever, l’éduquer... J’ai tout ce qu’il faut. Il verra son père et aura une maman qui fait tout pour lui. Il ne serait certainement pas le seul à être dans ce cas. Les enfants de couples divorcés vivent comme ça. »

« Je t’admire pour ta force, mais j’ai peur pour toi... »

« Y a pas de raison ma belle, j’ai largement les moyens de lui offrir la plus belle vie qui soit, et de l’amour à revendre... »

« Mais et ta famille... »

« Ils n’ont plus leur mot à dire à mon âge... et puis soit, ils m’acceptent comme je suis, soit... tant pis... je dois tracer ma route. »

« Il sait que tu es enceinte ? »

« Pas encore, je ne le sais que depuis une semaine... je le lui dirais ce soir. Sa femme n’est pas là, on sera ensemble cette nuit, je compte lui préparer à dîner... et je lui annoncerais la nouvelle. Mais ma belle, il faut que tu me comprennes, on doit s’aimer bien plus que tous les couples mariés de notre entourage et la routine et la monotonie n’existent pas entre nous, notre vie est excitante et trépidante, je l’aime comme une folle et je ne veux pas avoir un enfant avec un homme avec qui je vis et pour qui je n’aurais pas les mêmes sentiments, cet enfant sera le fruit d’un amour sincère. Il est temps que je ne pense qu’à moi.»

Nous avons finis de déjeuner et je suis restée sur cette réplique que je me suis répétée tout l’après midi : « Il est temps que je ne pense qu’à moi... il est temps que je ne pense qu’à moi... »

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Jour 24


Je n’ai pas pu dormir, bien qu’il fasse bien noir chez moi, il doit être midi ou 14h, dans ces eaux là, quand il m’envoie un sms : « T’es partie avec Dina ? »

Je n’ai pas répondu dans un premier temps. J’étais en colère, hors de moi, mon téléphone a failli atterrir sur le mur d’en face. C’est tout ce qu’il s’imagine ? C’est de ça qu’il se soucie ?

Je me mets sur mon mac et je crache... Je crache que je n’en reviens pas d’une Nième trahison, que je finis toujours regretter de m’être laissée allée à prendre du plaisir et à vivre le moment présent, ce que tout le monde dit faire, et ce que tout le monde préconise. On devrait mettre une clause en petit caractère. *Profite avant de te prendre une claque en pleine gueule.

La claque il a été le premier à me la mettre... Celle-ci je ne m’y attendais pas.

J’appelle Laurent, mon prof de salsa, parisien. Je lui demande de passer la journée avec lui, il me dit de le rejoindre en banlieue parisienne parce qu’il est en stage. Je lui demande si je peux m’inscrire, et passer la journée avec lui. J’ai passé plus de 24h à danser, et à ne faire que ça. J’ai dormi quelques heures. En réalité, je n’ai pas fermé l’œil, j’ai reposé mon corps uniquement. Je n’ai même pas regardé si j’avais des appels sur mon tel. Je me fichais de la santé de Papa, de mes frères, ma sœur, ma mère, D. et Samuel. Je me fichais de tout, j’attendais de m’écrouler de fatigue, et d’être rapatriée par Europe assistance.

J’avais cette énergie dans le corps, cette énergie étouffante qui devait sortir, danser était le seul moyen sain de l’extérioriser. La solitude me fait très peur, je m’effraie moi-même quand je suis comme ça.

Dimanche 14h, je reprends mes esprits, et mon souffle. Je me suis éclatée... c’était génial.
Je n’ai pas échangé grand-chose avec mon ami ou qui que ce soit d’autre, il n’y a que mon corps qui se soit exprimé sur le rythme de la musique latino.

Laurent me raccompagne chez moi, m’aide à faire mes bagages, et je lui offre la photo des lignes de la main. Elles se sont bien entremêlées entre temps. Je ne voulais pas garder le moindre souvenir de cette escapade.
Je laisse la robe, les chaussures et toute trace de ce sale type et de la honte que je ressens vis-à-vis de mes proches et de moi-même. Je n’ai plus honte en claquant la porte de l’appartement, je suis désormais en colère.

Je descends. Je suis en train de saluer Laurent, les larmes aux yeux, en le laissant penser qu’il allait me manquer « T’as été une déesse ce week end, tu avais cette énergie... je ne t’ai jamais vue comme ça ».

Quand une voiture noire s’arrête devant chez moi.

Pas la peine de maintenir le suspense plus longtemps c’était Samuel. Il descend de sa voiture. Pendant la fraction de seconde où il a marché vers nous, j’ai réfléchis à l’attitude à avoir. Il fallait que je me transforme en Miimii (avec 2i, la méchante). Je reprends mon souffle.

Il me dit « Mais t’as perdu ton téléphone ? »

Je réponds dans le calme absolu : « Non, il doit traîner au fond de mon sac, mais c’est vrai tu me rappelles qu’il est silencieux et qu’il ne doit plus avoir de batterie à l’heure qu’il est. »

« Je t’ai appelée 10 fois au moins... depuis hier. Tu m’as inquiété, je suis passée hier soir, tu n’étais pas là. J’étais vraiment inquiet, je suis venu parce que je sais que c’est l’heure d’aller à l’aéroport, je me suis dis que j’allais te trouver là. »

Je prends mon courage à deux mains.
« Tu serais arrivé 5 min plus tard tu m’aurais pas trouvée » (sourire)

« On y va... »
«J’allais prendre un taxi, mais merci d’être venu... c’est sympa »

Je donne un énorme smack à Laurent qui est aussi étonné par le geste que Samuel. Et je lui dis « Je t’appelle en arrivant »

Je monte dans la voiture, le sourire démoniaque aux lèvres. Je me sens mieux, je suis bien la fille de ma mère par moment, (il avait peut être raison : Assyl)

Une fois qu’on a démarré, il se reprend, essaie de cacher sa gêne et son incompréhension. « Tu m’as inquiété... j’ai appelé Dina hier, elle m’a dit qu’elle t’a plus vu depuis la soirée »

« Il n’y a que toi qui a cru que j’étais bisexuelle ou complètement perturbée » (Eclat de rire qui semblait sincère, et sur le ton de la plaisanterie, toute la subtilité de cette technique est là)

« Mais tu étais où ? Pourquoi tu ne répondais pas au téléphone, aux sms... »

Je sors mon tel, « Tu vois, il est éteint !! »
« Il ne l’était pas... branche le à l’allume cigare si tu veux »
Je m’exécute.

Le silence le gêne, il pense que je vais me sentir obligée de parler, et il pense que je vais lui poser des questions, mettre mon cœur à nu, lui montrer mes faiblesses, comme je l’ai fait les premiers jours. Peut être, pleurer, et lui dire pourquoi tu m’as fait ça... Tu t’es fichu de moi... whatever...

Il finit par parler : « Et tu as fait quoi de ton week end ? » (Calme olympien, ton amical, pas interrogatif)

« J’ai dansé la salsa »

« Aaaah (sourire) ... avec Monsieur, ..., Joli Image... »

« Non ce n’est pas une image... et je ne sous entends rien. Laurent est mon ami, il est prof de salsa et je l’ai rejoins à un stage. C’est pour ça que je n’étais joignable »

« T’aurais pu te manifester, non ? ... et c’était prévu ton truc ? Pourquoi tu m’as rien dit ? »

« Je n’avais rien prévu, c’est venu comme ça, j’adore vivre les choses de façon imprévisible sans rien calculer, tu le sais bien »

... Le jeu de mot continue le temps de la route, je ne perds pas mon calme et il est de plus en plus déstabilisé.

On arrive, je descends et j’attrape ma valise, prête à entrer, ... à partir. Il me dit « je me gare et on prend un café ?...On se parle. » avec un regard tendre.

« Non, non... ne te dérange pas, j’ai du travail, je vais rédiger mon rapport »

Il est ahuri. « Bon, comme tu veux... »

Il ne dit plus rien.

« Bon, ben à bientôt j’espère... appelle Papa de temps en temps, ça lui fera super plaisir... et passe le bonjour à John et Dina »

Je lui tends la joue et lui fait la bise, il n’a même pas bougé.
Je tire ma valise et je m’en vais. Je ne décontracte mes abdos qu’une fois à l’intérieur et sûre qu’il soit parti.

Je m’assois dans un café et j’ouvre mon téléphone. Il a appelé 11 fois, et envoyé 3 sms.

Le premier « Chérie, on déjeune ? », le second : « Tu ne donnes pas de nouvelles, ton cell est fermé, rappelle moi dès que tu as ce message » et enfin le 3ème : « Non seulement tu m’inquiètes, mais étrangement, je sens que tu me manques, l’euphorie et l’excitation passées, je ne sais plus quoi penser. J’espère que je ne t’ai pas causé d’ennuis, ou donné à réfléchir. »

Le dernier sms était aussi prévenant qu’il m’en a donné l’habitude. La colère était retombée, mais la réalité a pris le dessus, contente qu’il ne se soit pas fichu de moi, qu’il ne m’a pas utilisée comme une vulgaire mouche de passage, je rentre, le dossier est clos, ce sera un joli souvenir, un fantasme quasi réalisé... ça aura agrémenté mon séjour, m’aura changé les idées. Un sourire apaisé et serein a du orné mon visage. Je prends mon mac, je crache, jusqu’à ce qu’on m’appelle pour reprendre une vie normale.

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Jour 23


J’ai pris une douche, je suis allée traîner au Starbucks faire mon deuil de D. & the memories devant un donut bien gras à la vanille. J’avais ce tremblement dans le cœur, un monde pas stable s’écroule, un autre pas stable se construit, et ma légende personnelle dans tout ça. De quoi avais-je vraiment envie. ?

Et je reçois le sms : » Tu as rendez vous chez Lisa à 11h (je t’ai envoyé l’adresse sur ton mail avec une map), elle te retiendra jusqu’à 13h30, je passerais te chercher, on va déjeuner au restaurant d’un ami, et John passera te récupérer, je te ramènerais des suggestions pour les expos, tu pourras choisir les thèmes au dèj, et puis d’abord tu iras t’acheter une robe chez un ami pour ce soir, tu les laisseras faire les retouches s’il y a besoin, et ensuite profite, je sais que tu aimes l’art. J’espère que le programme te convient Princesse, profite des deux jours qui te restent. »

J’ai lu le sms d’une traite, j’avais le souffle coupé à la fin, par mes émotions, son côté prévenant, par tant de douceurs, je me sentais vraiment comme une princesse, mais encore une fois dans deux jours, c’est minuit. Cet honneur sera remplacé par l’hypocrisie sociale habituelle. Vite fait je me reprends, je n’ai pas de temps à perdre

Journée de rêve !!

Tout s’est passé comme sur le sms, à la minute près : Massage relaxant, masque au chocolat (suggéré dans un tweet), brushing, je suis sortie on m’a dit qu’on m’attendait devant et ça avait été réglé. Je suis montée en voiture et me suis jetée à son cou pour le remercier. Il m’a bien rendu mon baiser et m’a dit « Hmmm, tu sens le chocolat, tu es à croquer », On a déjeuné au quartier latin, rendez vous avec John qui nous a rejoint pour le déjeuner, j’étais un peu frustrée, je voulais être seule avec Samuel pour comprendre, mais je suis sûre que c’est encore un coup pour me déstabiliser .d’expo en expo, je me suis achetée une photo représentant les lignes de la main en référence à ma légende personnelle, En me ramenant ma robe le soir, il avait même acheté les chaussures qui vont avec. Je suis tellement prise dans le tourbillon du manège enchanté que je n’ai même pas pensé à m’acheter des chaussures, ni même compris comment il a acheté pile poil la bonne pointure, un modèle que je trouve sublime et dans les bons tons... je n’aurais pas mieux fait moi-même. Avant même de lui dire merci, je lui demande comment il a su pour ma pointure. Il me répond : « Ce matin quand tu ne voulais pas me répondre quand je t’ai demandé si tu voulais rentrer... pour éviter l’impasse tu m’as dit en regardant des chaussures sur le net « Aaaah celles là en 38 et demi... quel bonheur ! »

Au dîner j’ai été présentée comme une invitée d’honneur, la soirée était exceptionnelle d’un goût exquis, salle de bal, lustre en crystal, de la dorure et des beaux gens... Ce n’était pas différent d’une autre soirée, à Tunis ou ailleurs, mais ici je suis une inconnue, quand on vient me parler c’est pour moi et non pour ce que je représente, je suis invitée par un homme avec lequel je vivais une histoire floue et très ambigüe, comme je les aime. Je pense qu’avec ces deux arguments, j’étais au summum du bonheur. : inconnue et honnorée.

En plein milieu de la soirée, je reçois un sms de D. : « Presque sûr cette fois ci que c’est dans des bras que tu te loges, merci d’avoir eu la décence de me répondre. »

J’étais en train de voler dans une bulle de rêve, je ne laisserais personne l’éclater vulgairement. Alors, je redeviens Miimii de Tunis, l’espace de 3 min, juste le temps de répondre : « Par décence, puisque tu me le demandes, je t’envoie un sms d’adieu, va te reconstruire un ego. Enjoy your trip, see you à Tunis, »

Et je retourne dans ma soirée de rêve qui va se terminer au creux des bras d’un homme, un vrai.

En rentrant, dans la voiture, la tête engourdie par le merveilleux champagne servi dans les plus belles flutes que j’ai jamais vues. Le contact froid de l’acier, le contact délicat du Crystal avec les lèvres, frétillement des bulles sur la langue, mélange explosif et aphrodisiaque. Dans mon corps léger comme une plume, je pensais à une fin de soirée acrobatique.

Nous sommes rentrés chez lui pour un after et tout le monde était bourré, je me suis retrouvée avec Dina aux trousses, ce qui n’était pas déplaisant, mais plutôt pas pour moi. J’ai eu l’occasion de vérifier une Nième fois mon orientation sexuelle. Je n’ai pas cédé, je n’en ai pas eu envie, c’est définitivement pas mon truc..

Quant à Samuel, débordant d’énergie, avait un petit peu zappé la princesse qu’il avait fabriqué et habillé comme une vulgaire barbie blonde et m’avait vite détrônée, pour donner ma couronne en nuage à une fille de mon âge avec qui il a l’air d’être simplement ami, ce n’était pas malsain et aucune allusion sexuelle, d’après leurs jeux de regards, une grande admiration, ils se cherchent

Je sentais mon cœur s’écrabouiller au fur et à mesure que le temps passait. Je voulais rentrer... J’avais mal, les larmes au bord des yeux. Ils discutaient, riaient, et ne se touchaient même pas. Apparemment, il nous joue, à toutes, le même jeu... Elle ne le dévorait pas des yeux mais essayait de résister, il ne la séduisait pas, il la réconfortait des yeux. Ils étaient imperturbables, Ce jeu de décryptage, avec l’effet de l’alcool m’a valu de l’émotivité et une impulsivité accrue. Alors j’ai décidé de rentrer à pied au petit matin dans Paris. Il ne s’en est pas rendu compte. Je suis en robe, en bas de mon immeuble assise sur une marche, en train d’attendre que mon angoisse se taise pour pouvoir dormir un peu. On est samedi matin, et je ne rentre que demain soir. Je vais trouver le temps long...

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