Jour 17


J’ai repris les soirées, les excès et la vie de débauche. La voilà la Miimii que je déteste, elle re-pointe encore le bout de son nez, elle n’est pas morte encore ? Pourtant j’attends qu’elle meure depuis des lustres. Ma psy me dit « L’amour la tuera », Balivernes ! On n’en vient pas à bout de cette sale vermine !!


Regardez mes semblables, ils inondent les couloirs des tribunaux, et les bureaux d’avocat de plus en plus véreux ! Et sans scrupules : divorces, diffamations, et j’en passe...

Ce matin, je suis allée au bureau direct après une soirée, juste le temps de passer me changer et me rafraîchir, y avait rien à faire, j’avais le teint gris, je sentais la décadence. Je me serais foutu des baffes, je n’ai pas de souvenirs de ce qui s’est la veille, ma mémoire et ma conscience sont en plein combat, c’est le choc des Titans. L’une veut se rappeler et l’autre essaie de la convaincre qu’il est préférable d’éviter. Je suis au bureau à 11h, mal fagotée et fatiguée, mais je m’applique, je fais de mon mieux pour m’extraire de ma réalité dépravée. Je m’en veux, c’est ce que je remarque en croisant mes collègues en train de se marrer en déjeunant, je n’ai pas du tout le cœur à me joindre à eux, ni à rigoler. Eux aussi ne préfèrent pas, la SNOB, c’est comme ça qu’ils m’appellent, et j’ai eu droit à la tigresse, catwoman, ... sûrement en référence à mes yeux légèrement bridés... Ils me craignent, me fuient, me critiquent, et en secret m’admirent et me désirent... comme toute la société, en somme et encore une fois, qui m’aime ; qui m’aime d’amour ?

Mon père essaie d’exprimer une espèce de gratitude à travers son regard, pour le fait que je ne lui en veux pas, que je le couvre d’affection et d’attention... Il pensait que je me vengerais comme ma mère, où que je l’abandonnerais comme ma sœurette, complètement insouciante, et mon jeune frère manipulé par ma mère. Mon grand frère et moi, nous lui employons une infirmière à temps plein et un rééducateur, et nous essayons de passer un peu de temps avec lui.

J’écris de l’aéroport, en ce vendredi, ..., mon fief, ma cachette, mon refuge. Je prends l’avion tétanisée parce que j’en ai peur, je me dis qu’avec un peu de chance cette fois ci il s’écrasera... et que j’en finirais. Sinon, au pire, je serais à Paris ce soir, je ferais un « Paris by night », je mangerais de la salade de magret de canard, finirais dans un bar et finalement inconsciente, assise sur un trottoir.

J’ai froid... je n’arrête pas de penser à ce coup de fil anonyme que j’ai eu hier dans ma soirée, et qui reste le point de déclenchement de toutes les conneries de la veille. Une femme m’a appelée,

Bonsoir, tu es bien la fille de untel ? C’est toi qui travaille chez untel ? J’ai trouvé ta carte de visite chez mon frère (client à qui j’ai rendu visite, cette semaine) Je voulais avoir des nouvelles de ton père, je suis une amie... bien plus que ça même. J’ai pris l’initiative de t’appeler et je m’en excuse, mais un lourd secret me hante, je partage des choses avec ton père depuis des années, et il faut que j’en parle aujourd’hui. Peut-on se voir ? Je pense qu’il est préférable que je vous en parle avant de contacter votre mère»

Je lui ai dis que je ne pouvais rien faire pour elle, que je n’étais pas prête à entendre quoique ce soit, que ce que mon père fait de sa vie ne regarde que lui, Que ma mère avait trop à faire avec mon père et qu’elle n’avait pas le temps pour ça. Qu’il valait mieux qu’elle ne l’appelle pas. Et j’ai finis par lui dire, que ce n’était pas correct de profiter du l’état de mon père pour vouloir faire des révélations, et j’ai raccroché.

Les secrets et leur poids en silence m’ont pesé durant toute ma vie. Je suis sourde, je n’entends plus les secrets, laissez moi tranquille.

C’est l’heure, je dois embarquer.

Read More

Jour 16


I am what I am, c’est comme ça, je n’y peux rien. J’ai besoin de recul, pour statuer sur la vie qui bascule. Celle qui peut partir en couilles à tout moment. Je ne me suis pas sentie aussi mal depuis longtemps. Ce n’est même pas en rapport avec mon père, lui... j’en suis à un stage où je ne le juge même pas. Il devra assumer ses actes, il ne me reste plus qu’à lui souhaiter de se rétablir et de sortir des griffes de Maman qui se venge pour toutes ses dernières années.


Me concernant, dans mon entourage personne ne se doute de rien, je n’ai pas l’air d’avoir subi quoique ce soit. Ce qu’on remarque c’est que je travaille beaucoup, que je ne prends pas de pause dèj, que je maigris à vue d’œil.

Ma vie personnelle frise le néant, je bosse, je passe voir mon père et ensuite je mets le masque.

Je ne suis nulle part et partout à la fois, je prends mon cellphone, et j’en ressors les vieux numéros, pour évoquer les vieux dossiers, et pour atterrir auprès de ce monde que je fuis généralement. De chez untel à chez l’autre, désormais tous les jeunes übertunisiens ont leur chez soi. Dire que c’était une honte le jour où je me suis installée toute seule. Maintenant, tous ceux qui ne le font pas ne sont pas « in ». On ne sort plus, et on ne nous voit plus nulle part, une fois entrés une porte se ferme, derrière laquelle toutes les paroles, manigances et excès sont tolérés. En ressortant, on s’époussète, on met tout au frais pour enlever l’odeur de tabac froid, les idées noires, les idées reçues.

Je me douche, pour me laver des mes péchés, je me couche, mais la musique forte que j’entends encore, fais vibrer mon cœur, j’en ai presque la nausée. Je ne veux pas qu’elle s’arrête, je veux m’évanouir de fatigue, je ne veux penser à rien... je me fiche de savoir la fille de qui je suis, ce que veut dire la notion de paternité, de famille... je vais brûler tous les albums de famille, tous les arbres généalogiques... brûler ma psy, qui fait de moi la plus avide des pyromanes,... je vois du rouge, du feu, des papiers cramés, j’entends la musique... et je n’arrive pas à dormir... Mes larmes coulent, sur mon oreiller, je l’essuie du dos de ma main, elle est noire ébène cette larme... je suis prise d’une angoisse terrible.... je rallume la lumière haletante... je ne m’étais juste pas démaquillée, les larmes noires n’étaient que les vestiges du masque qui cache ma tristesse. Mais pourquoi je pleure ?

Read More

Jour 15


Je n’ai pas écrit depuis quelques jours, je suis contente de voir que certains ont attendu la suite.
Quand je suis allée rejoindre ma famille à la clinique, c’était sans savoir ce qui m’y attendait. Mon père avait été emmené aux urgences par quelqu’un avec qui il était en soirée, et qui l’a déposé en clinique et s’en est allé.

Encore une énigme à résoudre plus tard, mais depuis le temps... y a plus vraiment de questions à se poser à part « où se trouve la garçonnière de Papa. »

Ma mère était là, les médecins n’ont toujours rien dit, il a eu un malaise cardiaque, probablement causé par un accident vasculaire cérébral ou l’inverse, je n’ai pas bien compris.

Tout ce que je vois, c’est ma mère, assise, perturbée, fatiguée... Elle ne dit rien. Je ne saurais traduire son émotion.

Ma sœur est là aussi, couchée sur l’un de mes frères puisque l’autre est en route depuis Sousse.

Nous ne nous disons rien. Sauf Maman qui soupire et qui dit : « Finalement dans une urgence, on se retrouve comme tout le monde, assis dans une salle d’attente, dans l’attente de l’apparition du médecin «.

Son problème a toujours été de ne pas être comme tout le monde, et pas du matin... Il est à peine 7h quand on commence à voir ses pattes d’oies, et qu’elle baille à cause du manque de sommeil. « A 8h, j’appelle les médecins que je connais, on le transférera ailleurs, ça n’a pas l’air sérieux ici »

Je ne sais pas comment je me sens pendant tout ce temps, euphorique, sur une autre planète, je n’ai rien pris pourtant, pas de calmant, pas de sédatifs... je sentais à peine les extrémités de mon corps. Je ne pensais même pas à mon père, ni à ce qui a bien pu lui arriver... à rien je vous dis....

Il est réa, en observation, on attend le médecin, mon frère est arrivé... et quelques personnes ont commencé à téléphoner, les proches « amis » de mes parents, qui ont été informés par sms.

J’ai vécu ce moment comme un amas d’actions/réactions saccadées que mon cerveau avait du mal à gérer.

Des heures ce sont écoulées, ma mère a été entraînée par le médecin pour aller voir mon père, peut être qu’elle ni serait pas allée, si on lui avait donné le choix.

J’essaie de la suivre, mais on ne me laisse pas avancer très loin. Je l’attends devant la porte, elle revient une dizaine de minute plus tard, blême. En revenant vers la salle d’attente, elle me dit qu’il a eu un accident vasculaire cérébral, qu’il n’est pas mort mais qu’on ne peut pas évaluer son état pour le moment. En arrivant, elle ajoute, il va falloir prendre une chambre, ici je crois.

Je suis muette, et je vois D. assis dans la salle d’attente, Il me regarde, j’ai les yeux embués, je croyais que j’hallucinais. Mes frères se ruent sur nous, pendant que Maman réexplique, on échange un long regard, il entend ce que ma mère raconte, pendant que je me demande ce qu’il fait là, comment il a fait pour me trouver.

Ma petite sœur est en larmes, et ma mère est ahurie, mes frères silencieux, et moi je cherche mon courage dans les yeux de D. On nous dit que pour le moment il n’y a rien à faire, qu’il faut patienter, et que nous devrions rentrer nous reposer et revenir dans quelques heures.

Mon grand frère décide de rester et d’attendre que quelqu’un revienne,

Je rentre chez moi, D. me rejoint, il a acheté des croissants, m’a fait un café, et est là, silencieux,... tout comme moi.

Il passe la journée à mes côtés, me prenant dans ses bras, quand il sent que j’ai besoin d’affection. Je n’ai pas parlé de la journée et même quand je suis retournée à la clinique, il est sorti en même temps que moi, et est resté dehors pour attendre mon sms. Je ne ressentais toujours rien. Sauf de la colère quand je suis entrée à la clinique et que j’ai constaté que ma mère était allée chez le coiffeur entre temps, elle n’avait aucune info sur l’état de mon père.

J’ai décidé de prendre les choses en main, et de poser des questions par moi-même. Ce que j’en ai conclu c’est que sa vie, ne risque plus rien, mais qu’il risque d’être diminué, aisance à parler, à bouger et qu’il faudra prendre soin de son cœur et surveiller sa santé de plus près. J’ai pu entrer le voir quelques minutes ce soir là, il ne parlait pas et me regardait en me disant, « qu’est ce qui m’est arrivé ». Le médecin m’a dit de lui parlé alors, je lui ai juste dit que ça irait. J’ai été torturée de le voir comme ça, si faible et si diminué, couché, et attaché à des machines dans une pièce quasiment noire.

Je suis rentrée chez moi et heureusement je n’étais pas seule. Je n’ai pas pu manger une seule fois ou boire sans penser à mon Papa, j’appelais mes frères pour avoir des nouvelles toutes les heures, et pendant les jours qui ont suivi j’ai essayé d’y aller aussi souvent que possible, et de tout faire pour passer du temps avec lui. Il sera de retour à la maison dans quelques jours et d’ici quelques semaines, il va commencer la rééducation. Comme un robot, je n’ai pas pu extérioriser mes émotions pendant tous ces jours et toutes ces nuits, mon père est hors de danger, il est sain et sauf, mais anéantie par le fait d’être si diminué. Il ne peut pas vraiment parler, ni bouger son bras gauche. Ma mère excelle dans l’art de recevoir des visites, autant à ma clinique qu’à la maison, elle feint merveilleusement la femme inquiète, mais en réalité elle a ce regard inquisiteur et méchant quand elle s’adresse à mon père, qui sent que ça va être sa vendetta.

Quant à moi, je n’ai prévenu personne et même toutes les personnes qui ont essayé de me contacter, ont du m’envoyer des sms, je ne répondais pas. Si je n’étais pas près de Papa, j’étais au bureau, j’y étais même dimanche. Et je répondais un bref, « ca va » à toute interrogation. Je retrouve en moi, l’habituelle pudeur de mon père J’avais peur d’éclater si je m’ouvrais un peu aux confessions. Même D., j’ai dormi dans ses bras le premier soir parce que je ne voulais pas rester seule, mais à partir de ce soir là, j’ai préféré lui dire de respecter ma volonté d’être seule. J’ai passé bcp de temps avec mes frères et ma sœur, c’est auprès d’eux que j’ai trouvé du réconfort, celui de la peur pour mon père, mais aussi de la désolation de faire partie d’une famille aussi bizarre. Mon père va mieux... Est-ce que je peux lâcher mes émotions maintenant ?

Read More

Jour 14

Ramener ma petite sœur était dans le but de ne pas piquer une crise en plein milieu de la nuit, redevenir l’incontrôlable tel que je l’ai souvent été après l’accident. Ce dîner avec le passé, avec la trahison... m’a anéantie.
Je me suis levée le lendemain matin, lundi, complètement anéantie. Etat de conscience : proche de zéro. J’avais le regard vide. Je ne pensais à rien. J’étais robotisée.

Je n’arrive pas à avaler quoique ce soit, et je ne dois de ce fait pas trop bouger pour ne pas tomber dans les pommes. En parlant de pommes, j’en ai avalé une, aussi difficilement que du poison à midi pour pouvoir aller à la salle de sport.

Le soir, je sors du boulot, et je vais chez mes parents. Je ne sais pas ce qui m’a pris. Comme par enchantement, en 15 min tout le monde était là, et tout le monde dînait @home. Un dîner tout droit sorti de mes rêves où maman a préparé le dîner, rempli d’amour et de compliments, et de preuves que j’ai une famille, imparfaite certes, mais une famille quand même. Nous avons décidé de partir tous les 5 en voyage. Nous partons en Floride, dans un mois. Papa sera en congé, et Maman n’emmène qu’une valise et laisse Shoopi, le caniche voyageur.

Mon père, propose même une soirée Trivial Pursuit, et là mon petit frère se rebelle « Papa, si on continue sur cette lancée, je vais me sentir dans la petite maison dans la prairie »

J’ai repris une bouffée d’oxygène, et je repars chez moi, bien que ma mère m’ait proposé de rester dormir. Mais j’ai peur de la nuit, je préfère être seule, en même temps j’ai envie de me tester et de voir de quoi je suis capable.

J’allais mieux, c’était indéniable, en arrivant chez moi, j’ai fait mes prières, et je me suis installée devant la télé. Ça fait des jours que je n’ai pas donné de nouvelles à D. et lorsque je reçois « Still alive ? », je réponds : « More than ever »..., Alone in the dark ? », « Alone, watching TV »,

Je sens qu’il va débarquer, mais je l’aurais cherché.

Et comme je le connais, il sonne 30 minutes plus tard, je me jette dans ses bras, donnant l’impression que mon homme de toujours rentre du boulot après une dure journée de labeur. Je le débarrasse de sa veste, de l’espèce de boîte emballée qu’il a dans les mains, et je l’embrasse goulument.

Je le regarde droit dans les yeux, je le sens perturbé mais excité par mon regard malicieux... et j’ajoute une dose de libido à cette scène digne d’un théâtre : « Tu me cuisines direct ou je te sers à dîner direct ? » (Grand sourire vicieux)

« Non, (il m’attrape violemment par le bras), ni l’un, ni l’autre... tu t’assois et tu me parles. Tu veux jouer ?... on joue... si tu ne veux pas de sentiments, dis le clairement... on éliminera toute trace d’amour de notre relation, mais dis le, arrêtes avec les jeux de mots et de regards Mimi, tu me fatigues »

« De l’amour ? Qui a parlé d’amour ?... Je ne veux que de l’émotion, de l’adrénaline, de la sérotonine, de l’endorphine, de la dopamine... je suis une droguée de l’émotion !! »

J’essaie de le prendre dans mes bras dans un mouvement suggestif à connotation sexuelle.

« T’es folle Mimi (il me pousse), tu me dégoûtes »

J’essaie de me coller à lui, il essaie de me pousser et de s’approcher de la porte... je sens qu’il essaie de se convaincre de partir. Alors j’essaie d’avoir plus de résistance, mais il me pousse de plus en plus fort, je sens sa souffrance, mais aussi qu’il est peut être décidé de me sortir de ce mauvais pas, des griffes d’une folle qui est convaincue qu’elle l’est. J’essaie de le retenir, comme s’il était la dernière chance de ma vie, et finalement, ce que je redoutais le plus est arrivé. Une larme à couler. Si j’étais face à un miroir, j’aurais sûrement vu cette larme couler, la larme tant attendue... elle devait être noire, tellement elle a pourri à l’intérieur. Je me suis écroulée par terre. Les larmes pour moi, c’est bas les masques... Je cache ma tête dans mes genoux, je veux les voir couler ces larmes, comme l’encre sur le papier, mettre un visage sur mes souffrances, sur ma torture sous forme de tâches colorées. Comme les tests infligés aux enfants par les pédopsy.(#Bad-memories).

Il sort, et je lance un hurlement, « D.... reviens, je t’en prie »

Il revient, se jette sur moi, me serre tellement fort, m’étrangle tellement fort, que je sens mon âme sortir de mon corps tel un orgasme pointant le bout de son nez, dont la chaleur monte et envahit le corps.

Il finit par me lâcher, je retrouve mon souffle difficilement, pendant qu’il me regarde, dans l’incompréhension totale, envahit par une grande tristesse, et un regard odieux, prêt à tout.

Je pleure sincèrement, maintenant que les vannes sont ouvertes, pas moyen de stopper le flux. Des cris s’échappent de ma gorge, je n’ai plus aucun contrôle sur mes cordes vocales, comme si j’étais en train de régurgiter des petits bouts de souffrance, il me regarde, de plus en plus attristé, il s’approche, me tient la main comme un mari aidant sa femme à accoucher, des mes angoisses, en l’occurrence. Je sens dans son regard qu’il est content que je sois finalement si... humaine.

Je n’arrive pas à parler, l’embouteillage de sons ne me laisse pas articuler, j’ai perdu le contrôle sur ma bouche, Je veux lui dire que je l’aime, mais la ventilation de l’air peu maîtrisée me fait émettre des sons bizarres.

« Chuut ! Calme toi ma chérie » Il m’embrasse le front, me sert contre lui, m’aide à respirer, me parle tout doucement « respire, respire tout doucement »

Je finis par me calmer, on se téléporte sur le canapé, l’hyperventilation m’a causé des troubles de la mémoire. Tout ce que je sais, c’est qu’ayant été dans ses bras toute la nuit, tous les deux habillés et sur mon canapé, mal assis, endoloris, mais collés. Par moment, je me réveillais en sursaut, je n’arrivais pas à respirer, il se réveillait avec moi, m’aidait à reprendre mon souffle et on se rendormait

Je suis réveillée par un coup de téléphone, à je ne sais quelle heure au cours duquel je ne comprends pas tout, mais je reconnais la voix de ma mère que mon père a je ne sais quoi à la clinique de la Marsa. Et me demande d’accourir au plus vite..

Je regarde D. je me regarde en ce petit matin, je regarde ma vie, une fois de plus... une mine anti-personnelle vient encore d’exploser sur le petit sentier de mon quotidien. Je balbutie « Papa est à la clinique, ... je dois y aller »

Et je sors. Je ne lui laisse même pas le temps de réaliser, je ne prends pas mon portable, je saute dans une voiture, et je n’ai même pas vu que j’étais défigurée par la crise de la veille.

Read More