lundi, septembre 06, 2010

Jour 5

C’est Ramadhan... ce mois bien que saint, me sape le moral. C’est mon mois de purge. Je ne sors pas, je ne vois personne, je travaille et je rentre chez moi pour me recueillir. #Foutaises, ça aurait été le cas, si j’étais une fille équilibrée et bien dans sa peau. Le mois de Ramadhan, je déprime,... ma dépression chronique est au summum.
Il est 18h30, je suis encore au bureau. Pourquoi tu veux que je parte d’ici ? Pas de diner à préparer, pas de mari qui m’attend, pas de responsabilité d’enfants, pas de coloc, pas d’amis qui dînent ensembles selon le rituel et sans alcool (et que j’aurais envie de voir). Ma maison est vide, et j’ai une famille, je ne peux le nier... même si... ou pas.
J’arrive malgré moi, chez mes parents, à l’heure de la rupture du Jeûne. Le dîner passe aussi mal qu’une assiette de soupe brûlante en plein mois d’Aout... accompagné de débilités télévisuelles et de ma famille qui joue la parfaite petite famille tunisienne à l’heure d’un dîner Ramadhanesque. Ma mère sous peine de crise d’hystérie tient à se réunir autour de la table « pour la tradition ». Elle ira juste après montrer ce qu’elle apprit au cours de danse orientale avec ses copines, autour de soirées à budgets faramineux en macarons, bambaloni et sucreries en tous genres, totalement contraires à l’esprit de ce mois saint, pendant que mon père sera en « réunion » avec son assistante. Mes jeunes frères et sœurs rejoindront leurs foreign friends au Blanko utilisant leurs passeports français, pendant que le grand s’applique à Tarawih (prières). Un grand n’importe quoi.
Je rentre chez moi, ce soir je me sens terriblement seule, depuis que D. n’est plus dans ma vie, depuis que je le vois à la télé, depuis que je ne sens plus son odeur, depuis que je ne sens plus ses mains...

Je me mets sur mon canapé devant « Casting ». Fares Belhassen (Alias Tarek) est un de mes ex, ça m’amuse de le voir si « Tounsi » (Tunisien). Une histoire sans lendemain, sans histoire avec un mec sans spécificité particulière.
En voyant cette gamine, faire tourner son monde en bourrique à la « it’s a small world after all », elle me rappelle moi à son âge (16 ans), quand je sortais avec ... Imed, 37 ans, gérant de son entreprise d’audio, prêt à m’épouser... alors que tout ce que je voulais c’était d’avoir un mec qui avait une bagnole et de la barbe.
C’est avec un sourire en coin que je retrouve mes souvenirs. Et soudain, je repense au fait que je suis seule...
Cette solitude me bouffe, je n’arrive plus à respirer, je suis obligée de me relever pour reprendre mon souffle. Je suis aussi essoufflée qu’après 45 min de courses.
Mon narcissisme finira par me tuer, ce qui me fatigue c’est d’endosser chaque matin un rôle. Celui de la commerciale aux dents d’aciers, de la bonne copine toujours prête à écouter les histoires de cœur, les déboires sexuels, et les plan shopping et restos. Une bonne chef d’équipe pour mes collègues, assez sympa pour être appréciée et assez stricte pour être respectée... En frontline, pour tout ce qui est soirée et jet set, je fais convenablement mon travail de PR dans le domaine de la mode. J’ai l’air épanouie et en pleine forme tout le temps. Mais en réalité, je me morfonds de regrets d’avoir abandonné la seule personne qui m’a rendu une once d’humanité, qui me rendait vraiment épanouie, et en forme... Je me cachais, je me détestais, j’avais honte de moi... Mais je pense que c’est ça le bonheur ! C’est ce qui fait qu’une fille « normale » se fiche de son apparence, de son poids, de remplir ses objectifs professionnels, d’avoir des amis pour sortir, d’être invitée aux trips chics, de s’habiller en avant première et d’avoir toujours le dernier mot... Les filles comme moi sont malheureuses.

Vendredi, 23h45/sms@D.: « J’ai autant de mal à respirer qu’à me regarder dans la glace et encore plus à te voir derrière l’écran et seulement derrière l’écran ».

Les minutes sont longues... et il ne me répond pas...

Pour comprendre, comment notre histoire s’est terminée.

2 Avis sur ma vie:

assyl a dit…

Le décor est moderne mais l'intrigue est éternelle:

"Je meurs si je vous perds ; mais je meurs si j'attends." Andromaque de Racine.

Sinon merci bcp pour ton passage et ton commentaire.

7 septembre 2010 à 23:54
Mimi a dit…

Très belle citation :) Merci !!

8 septembre 2010 à 10:06