mercredi, mai 29, 2013

Jour 84


Pas moyen que je reparte à zéro. Pas moyen que je lui raconte mes parents, le manque d’affection, le fossé entre ce que nous sommes et ce que nous devons paraître, les miroirs dans lesquels nous ne nous voyons pas, comme des revenants. Les troubles alimentaires, les frasques du père, l’intransigeance d’une mère venue de nulle part parfaitement calquée sur sa nouvelle position. Au secours ! Avant de dire le premier mot, je pleure déjà.
Je me sens face à Christian Grey (#FiftyShadesOf Grey). Il est beau, mince, chic et tellement froid. Impassible, zéro expression. Il me couche sur son divan dans sa « playroom ». Il me tourne autour, me cherche, je le fuis et le cherche quand il ne dit plus rien et quand il m’appelle, c’est « Mademoiselle R. »
Je suis remontée à mes premiers émois, Tom Cruise, Top Gun, Maverick… et jusqu’à la scientologie et le divorce avec Katie Holmes. C’est à l’image de tout ce que j’ai vécu. A un moment, on ne comprend plus les choix de l’être aimé. On le compare à l’image idéalisée qu’on s’est faite de lui/elle… et on est déçu et on va même jusqu’ au dégoût.
Il n’écrit rien, pas de bloc note, pas de stylo. Me regarde sans cesse droit dans les yeux. Je ne peux pas soutenir son regard. Son ordinateur m’observe, peut être filme-t-il ?  En a –t-il le droit ? 

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jeudi, janvier 10, 2013

Jour 83



Je bosse toujours autant… pour changer. Je suis professionnellement proche de grands hommes d’affaires, depuis que j’ai commencé à bosser à 24 ans en parallèle avec mes études j’ai pris de plus en plus de responsabilités, ma tâche n’a plus de nom, en fonction, en poste, en free lance… je bosse sans arrêt. Ma vie personnelle n’a plus aucune place. De toute façon pour ce qu’elle vaut…
D. et moi, nous marchons sur un fil usé. Lorsqu’il m’avait fait sa demande… je me voyais l’accepter. J’ai néanmoins gâché le moment mythique de l’homme sur son genou… qui me demandait ma main, je trouvais cela tellement cliché que je lui ai demandé de se ressaisir. Oui, c’est vrai, j’ai le chic de tout gâcher. Maman me le dit toujours… Elle par contre, elle aurait vachement aimé.
Juste après ce moment gênant, je l’ai invité à s’asseoir sur la terrasse pour discuter. Il était plein d’émotions et d’amour. C’est son cœur qui me parlait, il avait les larmes aux yeux, de bonheur ? Non, je ne crois pas. Je pense que c’était plutôt de peur et de douleur. Un mélange bizarre d’amour, d’émotions, de peur et de douleur. Il m’aime et me demande en mariage, comme pour déposer les armes après toutes ces souffrances subies, son émotion l’épuise, lui qui a tant attendu ce moment et terrorisé par un éventuel refus, qui ferait de tout ce qu’on a pu partager un « Tout ça ne rime à rien ».
Textuellement, « c’était Myriam… s’il plaît, chérie,…, mon amour, mon cœur… s’il te plaît ne nous met pas de bâtons dans les roues, cette fois-ci. Laisse moi t’épouser et te rendre heureuse, recentrer ce qui cloche entre nous, tout ce que tu reproches au mariage, je t’en épargnerais, je te le promets… Donne-moi une chance et je te fais la promesse que je ne changerais pas. Je t’aime et je ne peux plus vivre comme ça. Je t’aime depuis des années et je souffre depuis tout autant et toi aussi. Capitulons, prenons une trêve, une retraite, essayons autre chose. Notre relation ne fonctionne pas comme ça »
Je l’ai laissé parler. Bizarrement, je n’étais pas transporté par ses paroles. Je lui ai juste dis qu’il avait raison. Il m’a dit « Tu es d’accord ? »… J’ai dit : « oui,… »
Il a eu l’air heureux et soulagé, mais pas plus que cela, moi non plus. Je ne savais si j’avais dit oui, pour l’état critique de notre relation ou pour le mariage. Mais je me voyais mal dans l’état de fatigue où je me trouvais partir sur un débat sans fin.
J’étais tellement déconnecté que j’en entendais presque de la musique d’ascenseur dans ma tête. Je vois plein de monde qui m’aurait secouée à ce moment là en me disant : saute et va vers l’inconnu. Moi ? Vous êtes fous ?
Pensant que j’étais sous le choc de la décision, il a préféré partir, me demandant ce que j’allais faire. J’ai répondu sans réfléchir : « Ma famille, je dois voir ma famille ».
Il a peut être pensé que j’allais leur annoncer la nouvelle. Alors que je voulais juste qu’il parte le plus tôt pour me laisser seule.
Il m'a serrée, senti les cheveux, embrassé le front et il est parti. Je n’ai pas changé de position pendant 10 bonnes minutes, les idées se bousculant dans ma tête. Je ne pense pas avoir réalisé ce qui venait de se passer, mais ce qui est sûr, j’étouffais déjà.
J’ai jeté mon téléphone et suis partie sous la douche… comme d’hab, chaque fois que je me sens mal dans ma peau d'âne. En ressortant, je n’avais qu’une envie, sortir faire la fête et jusqu’au matin. Voilà des mois et des mois que je me suis éloignée de la vie sociale autre que professionnelle.
Je jette un coup d’œil à la pièce en cherchant mon téléphone. J’ai capté mon mac :  « Facebook, … je vais trouver un bon plan ».
En 10 minutes sur la messagerie, j’ai fixé un plan avec mes copines de toujours. Qui, récemment se sont mises à sortir sans moi, n'arrivant pas à me sortir de mon terrier.
Comme d’habitude pour un samedi : un diner et une virée. N’ayant plus l’âge pour les boîtes de nuits, nous passons rejoindre ceux qui sont passés boire un verre aux perpétuelles mêmes adresses.
Je file dépoussiérer la porte de mon dressing à la recherche parfaite tenue du come back.
Lyès m’appelle (#best friend) : « T où ? » « At home ». « Je passe». Je ne l'ai pas vu depuis des semaines.
Le temps que je me sèche les cheveux il était là. On se met sur la terrasse, je prends ma bouteille de vernis à ongles, la même que celle de Michelle Obama :
« Alors qu’est ce que tu racontes ? Tu étais où tout ce temps ? »
« Mimi si tu vas me sermonner… pas la peine de discuter… je te connais t’as une caisse de reproches à me balancer à la gueule… je sais, j’ai disparu. Je vais te raconter. »
« … J’ai rien dit »
« Bon voilà, la fille avec qui tu m’as laissé. Je vais l’épouser… »
Un silence, j’arrête complètement le mouvement du pinceau sur mon ongle.
Je dis rien, puis… « Laquelle ? »
« Ben la petite… la dernière »
« Elle est enceinte ? »
« Non, … »
« Tu l’aimes ? »
« Je ne sais pas… je n’ai pas changé , je ne crois toujours pas à la compatibilité amour/mariage »
« Ben alors… »
« J’en ai marre de traîner… sans rien, aucune attache. Il faut que je donne un sens à ma vie, que je perpétue l’espèce. Je veux avoir des gosses et elle, elle est pas mal. »
« Après ça, je me sens complètement convaincue et d’accord avec toi. » j’éclate de rire et je reprends : « Tu n’es pas sérieux ? »
« Si, j’en ai parlé avec ma mère. On devrait aller chez eux dans quelques semaines pour demander sa main »
« Alors là, si la reine mère est décidé autant dire que je n’ai pas droit au chapitre ?! Tu as bien réfléchi ? »
« Et après ? Le mariage est un coup de poker, c'est ce que tu as toujours dit. On verra bien. »
Ebahie, devant ce mec que je ne connais plus. Qui a disparu des semaines et qui revient pour m’annoncer ses fiançailles.
« Tout le bonheur du monde alors. »
« Parlons d'autre chose, toi ? ça va ? » Il était triste que je ne partage pas son "bonheur" mais il me connait bien, il ne pouvait pas s'attendre à plus. Du moins ce soir. Il fallait que je digère. Ma possessivité est maladive avec lui, je n'y peux rien.
« Oui, ça va, comme d’hab. » Du coup, je n’avais plus rien à lui dire… Lui, aussi, je voulais qu’il parte.
« Raconte-moi… tes folies. »
« Sage comme une image… rien, aucune folie. Boulot, boulot, boulot.  Ce soir j’ai décidé de ressortir, j’étouffe là. » J'avais ce sourire hypocrite qui disait, tu peux partir, je dois me préparer.
« Qu’est ce qu’on fait ? »
« Toi t’es maqué ! Moi je sors qu’avec des célibataires et des filles :p Je vois les filles ce soir. »
« Tu veux la voir quand ? »
« Qui, ta copine ? Quand tu veux… t’es chez toi ici » C'était tellement froid, qu'il souffle et baisse les yeux. Je le sens contrarié, déçu, blessé... Il fait un temps de silence et puis
« Je ne veux pas te perdre… je suis triste. Mais tu es trop manipulatrice, sois tu es d’accord avec ce que je vis, sois je dois le supprimer pour te rendre heureuse et fière de moi. Mimi, tu m’as fatiguée. Je suis fatigué de traîner comme toi. Je veux me caser. Je m’en fous d’avec qui. Je suis pas obsédé par qui est à la hauteur et qui ne l’est pas. Je veux trouver quelqu’un le soir quand j’ai la tête dans le cul. Une taille à enlacer quand je dors. Une femme, MA femme. Je ne sais pas si tu me comprends. Même si je sais que d’office, elles ne seront pas assez bien pour toi. Celle là au moins, elle est jeune et gentille, elle ne te veut aucun mal. C’est moi qui dicte les règles. Et t’es ma twin, je te lâcherais jamais. J’ai essayé, je suis malade d’être loin de toi. Mais ce regard glacial que tu me lances, figé comme un cadavre et vide de sens, c’est une torture. Accepte ce que je te dis, travaille sur toi-même arrête d’être aussi dure avec nous, on n’en peux plus de la barrière que tu nous mets. »
Je l’arrête par un éclat de rire (pour retenir l'éclat de larmes et ce "nous" qui m'a blessée) : « Ok c’est bon, t’es pas en monologue dans confessions intimes. Je dois sortir et encore une fois tout le bonheur. Je suis sincère. Je t’aime, tu es ma moitié… mon quart maintenant mais tu fais toujours partie de moi. »
« Tu vois… tu commences… » Je souris, les yeux au sol, je suis blessée, je ne peux plus soutenir son regard.
Je saute dans ses bras, j’ai envie de pleurer… le cœur qui bat et toute l’émotion que je n’avais pas ressentie juste avant avec D. C’était trop pour une seule journée.  Je le serre et je ne veux plus le lâcher.
Et il s’en va. Je reste là et puis, je ne peux pas rester sans bouger. Je grimpe dans ma voiture, je ne sais pas où je vais. Je pleure et roule sur la route de Gammarth près des hôtels en regardant les arbres défiler des deux côtés de la route. Je n'ai plus peur de rien.

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dimanche, août 26, 2012

Jour 82



Mercredi au réveil, 40° de fièvre, je suis complètement anéantie par la douleur. La grippe estivale qui se transforme en bronchite, une vraie torture. Suite à une sortie en bateau, un tee shirt mouillé, la clim dans la voiture sur le chemin du retour, le soir même, j’avais chaud et froid en même temps. Ça fait déjà deux jours et mon état empire. Peut être parce que le premier et le deuxième jour, je me suis quand même levée pour aller travailler, j’avais des engagements. Je n’ai pas pris de médicaments également, je suis le genre qui aime laisser mon système immunitaire agir et dire « Je ne suis pas douillette », je devrais plutôt dire que je suis Masochiste, ça sonne plus juste.

« Allo, Maman ? Tu es où ?... ah, ok, tu peux me ramener un truc à boire pour une rhinite et de la toux ? J’ai un peu de fièvre aussi…Nan, je ne peux pas sortir, impossible. J’ai mal partout… Je n’ai pas de voix à cause de la toux… Ok merci. »
Je raccroche parce qu’elle débute son cours de yoga à l’espace Zmorda… et qu’elle passera après. C’est exaspérant de se dire qu’une autre mère aurait volé au secours de son enfant, en entendant sa voix enroué et l’engourdissement dans sa voix. Ma mère est du domaine médical mais n’a jamais exercé, elle ne s’inquiète jamais tant qu’il n’y a pas de saignements. Je vais devoir attendre qu’elle s’étire avec son prof avant de venir m’apporter les médicaments.
Je me rendors, brûlante.
J’ai rêvé…l’ambiance du délire typique engendré par la fièvre, un cauchemar.
Je suis devant la maison de mes parents, la nuit. Je ne sais pas ce que je fais là, je vois mon jeune frère à  mes côtés, nous nous apprêtons à monter dans la voiture. Je suis fatiguée, démotivée et je ne comprends que plus tard, que nous sommes invités à une soirée à laquelle je n’ai pas envie d’aller. Trop de bruit dans la voiture, mon frère et sa copine parlent trop fort, la trance music a eu raison de mes nerfs et je ne reconnais pas l’environnement angoissant dans lequel nous évoluons. Nous arrivons devant une maison, l’architecture m’a vaguement fait penser aux maisons de Carthage. Il fait si sombre aucun éclairage à l’entrée de la maison. J’entre en suivant mon frère, la musique est plus lente, les gens évoluent au ralenti, il y a un monde fou, ils sont entassés, dansent, boivent, rigolent, s’embrassent. J’entends mon cœur battre en cherchant un visage familier dont la présence m’aurait réconfortée et aurait pu m’éclairer sur la présence ici. Une personne inconnue vient me voir, c’est un jeune homme, à peu près de mon âge. Il me fait la bise et me dit : « Tu cherches D. ? », je ne réponds pas car je ne comprends pas pourquoi il m’a posé la question et s’il s’agit du D. auquel je pense ?
Il me pointe une porte au fond d’un couloir et me dit : «  la dernière fois que je l’ai vu, il était dans la pièce à droite au fond. »
Avant d’aller à la pièce indiquée, alors que je suis toujours scotchée à la porte d’entrée, je réalise que mon frère n’est plus près de moi. Il a du se mélanger à la foule et en un coup d’œil rapide, je ne l’ai pas trouvé. Cherchant UNE seule personne qui pouvait m’expliquer ce que je faisais là, je me dirige vers la localisation présumée de D., un D., mon ex D. ?
J’avance dans le couloir sombre, la première pièce que je croise doit être les toilettes puisqu’il y a des personnes qui attendent devant la porte et qui ont l’air de s’impatienter. J’avance vers la pièce, je touche la poignée, la porte étant entrouverte, j’arrive à voir à l’intérieur. D., c’est bien le mien, une chambre à coucher, un lit et une lampe de chevet allumée, elle réchauffe la pièce par son éclairage jaune. D. est couché, un verre à la main et il sourit. Une fille est couchée sur lui, sa poitrine sur son torse et ses jambes entre les siennes. La symbiose parfaite. Ils parlent et se sourient. Ils ont l’air de bien s’amuser. Je ne peux rester une seconde de plus devant cette porte. Je retourne en bousculant tous ceux qui étaient sur mon chemin. Je reprends ma place près de la porte d’entrée. Je ne sens rien, j’ai juste peur, je ne comprends rien à ce que je vis. Je suis à la fois très lucide et complètement perdue. Je transpire pourtant j’ai froid. Je reste là de longues minutes attendant de trouver refuge, réponse à mes interrogations, mon frère, un moyen de partir de là. Plus tard, D. ouvre la porte de la pièce, et la lumière jaune s’étend dans le couloir sombre, éclairant légèrement les visages de ceux qui faisaient la queue aux toilettes, la fille sort en souriant. Une fille au carré déstructuré encadrant un charmant visage, mince et bien faite, en rien vulgaire, simplement vêtue d’un bandeau noir sur une mini jupe rouge et des sandales compensées noires. Aucune sophistication, beaucoup de simplicité, elle me plait. Elle a un beau sourire. Il sort après elle, il sourit également, il arrive au centre de la pièce et se met à serrer les mains, faire la bise à certains. J’ai comme l’impression qu’il est très impliqué. Serait-il l’hôte ? Je n’ai pas eu l’impression que la relation qu’il a avec cette fille est physique, à aucun moment, je n’ai pensé qu’ils auraient eu une relation sexuelle dans la pièce, j’ai plutôt senti qu’ils étaient bien ensemble. Je pense que ce constat est pire qu’une relation purement physique.
Je suis réveillée en sursaut, en sueur… on sonne à la porte.
Je suis toute retournée, j’ai une amertume dans la bouche, je me sens très mal, au bord des larmes, pourtant je sais que ce n’est qu’un rêve… mais ça avait l’air si réaliste. Mon angoisse était réelle tout au long. Je trouve à peine la force d’aller ouvrir, j’ai la chair de poule, c’est peut être la fièvre, le délire, le cauchemar…
Ma mère,…, elle n’est pas venue elle-même, elle a envoyé les médocs avec le chauffeur. Je les récupère, il me dit « Ta mère t’a dit de l’appeler ». Je le remercie, lui claque la porte au nez, et retourne m’abattre sur mon lit.
Sur mon lit à me retourner dans tous les sens, pensant à ma mère, qui n’a pas trouvé 5 min entre le yoga et le drainage lymphatique ou whatever… pour venir voir sa fille malade. Et D., que même en rêve, je ne supporte pas de voir heureux avec une autre. Je le veux à moi, sans être heureuse avec lui, sans le laisser être heureux, construire et concrétiser parce que je ne crois toujours pas au bonheur durable. Je pense qu’il est éphémère et que la routine est assassine. Il pense que la vie est une succession de cycles heureux et moins heureux et que la routine fait la vie lorsqu’on est avec quelqu’un qu’on aime. Comment réconcilier le sceptique avec l’optimiste et sceller leur accord ? Comment permettre à chacun de vivre selon ses règles alors que les règles de l’un causent des dommages collatéraux à l’autre ?
J’ai le corps qui tremble à cause de la fièvre… Je refuse catégoriquement de rappeler ma mère, qui ne prend même pas la peine de le faire elle-même. J’en veux à mon frère de m’avoir traînée et laissée face à mes pires angoisses, pourtant délirante de fièvre, je sais parfaitement que ce n’était qu’un rêve. Il faut que je me soigne, je vais prendre aléatoirement les médocs qu’elle m’a envoyée, selon mon jugement qui, on le sait tous, ne m’a jamais menée bien loin. Peut être que c’est mieux ainsi… peut être que cette prise me mènera…On sait jamais.
Je tends le bras, la bouteille au pied de mon lit est vide. Tant pis… Je ferme mes yeux. Je veux D., il est mien.

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mercredi, août 08, 2012

Jour 81

Il est parti très tôt ce matin, il devait être 4h30 du matin. Il m'a semblé voir sa silhouette s'esquisser en travers de la porte. Je n'en suis pas sûre. Est ce qu'il était vraiment là? Où est ce que je l'ai sorti de ma tête... de ma vie... au point de ne plus le voir?  et a contrario, est ce que je l'aime tellement et qu'il me manque tellement que je le vois partout, même quand je ne veux pas le voir, même quand il n'est pas là?


 Va-t-il cette fois ci et comme à chaque fois me pardonner? Peut être que cette fois ci, je ne veux pas qu'il me pardonne... que je pousse à bout pour qu'il prenne les devants... renverse l'équilibre malsain qui nous animent depuis ces mois... ces années?! ça fait des années que je joue au chat et à la souris avec lui, mine de rien...Et qu'il me laisse faire. Quoi encore cette fois ci?

Pourquoi je l'ai laissé le dire à ses parents pour me rétracter?... Pourquoi ne suis-je pas capable de le laisser savourer les bons moments? Les moments importants de sa vie? Est ce que je ne l'aime pas pour lui faire autant de mal?

Pourtant on se voyait régulièrement depuis quelques temps, tout était calme... à vrai dire, j'étais calme. Je commençais même à apprécier ce que je vivais. Quand il m'en a parlé, j'ai presque agis comme tout le monde, je n'étais pas paniquée, je n'étais pas surprise... Ce jour là ça m'a semblé être dans l'ordre des choses. On s'aime...

...Il m'a demandée en mariage.




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samedi, juin 02, 2012

Jour 80

Disparue...et revenue comme d'habitude avec toute la negativite du monde... Bizarrement, revenue un samedi à 7h du mat'... insomnie...peux pas dormir.

 Mes parents déclarent forfait, l'âge se fait ressentir, on sent vraiment qu'ils ne sont plus ce qu ils étaient, évaporée la force des pur sang sauvages. Après son avc, mon père est devenu une espèce de loque incapable de se gérer elle même. Toute cette force, toute cette assurance... réduite à néant?

Quant à ma mère, sa revanche a été de courte durée... Elle voit elle aussi ses capacités diminuer. Je ne veux pas finir vieille... C est ce que je me dis, chaque fois que je les croise.

Je regarde les parents de D. C est à peu près la même chose, sauf qu ils sont amoureux et coulants, il n y a que ca qui soit pire que mes parents, qui sont de vrais Raymond et Huguette (@scènes de ménage, m6).
Et dans tout ça, je suis seule? ... Du moins la seule fille de mon entourage qui ne cours pas derrière le mariage pour le mariage.

Je ne veux pas de robe à cerceaux, diadème, bagues, diamants et autres artifices et sacrifices à faire pour accéder a une routine assassine.
Savez-vous ce qu est le mariage, ceux qui courent pour se marier?

Une fois le mariage passé, on décoiffe la coiffure à 400 dt, on démaquille le maquillage de 7ajja Lobna, avec le même démaquillant qu'on utilisera pour essuyer le mascara qui a coulé après une journée éprouvante à bosser pour les 4 sous qu on reversera intégralement à la STEG.

Oui, les factures d'électricité sont faramineuses puisque depuis qu'on s'est mariés. Normal, on allume deux fois plus de pièces, celle où il est .... Et celle où je le fuis.

Ou alors on démaquillera le mascara qui a coulé a cause d'une dispute qui a éclaté d'une futilité parce qu'on était dans la même pièce!
On rend la robe qu'on a loué pour des centaines voir milliers de dinars, et si on l'a achetée, elle retourne dans sa housse au fond d'un placard jusqu'à ce que Magriff veuille bien la revendre.

Les nostalgiques, la garderont, l'essaieront de temps en temps jusqu'à ce qu'elle s'arrête au bourrelet des cuisses.
Je ne vous dégoûte pas du mariage, vous en garderez une compensation, des souvenirs. Les photos, photoshopées par un photographe qui a demandé un bras pour sa touche artistique, créée par Adobe pour compléter le travail de la maquilleuse.

Le mariage c est comme ça, tu te regardes vieillir en te comparant au cliché faussé d'un soir.
Mariez-vous! Surtout avec le premier venu! Faites comme les copines!

Je dis ça, je dis ça... Mais j'ai peur de finir seule, je préfère finir accompagnée, même mal. On vous rabâche toujours qu il vaut mieux être seule que... Je vous laisse finir. Mais, je vous le dis, partager sa vie, c est certainement mieux que de finir bouffée par les chats, rats, vers...sans que personne ne s'en rende compte jusqu'à ce que la puanteur n'interpelle les passants.

Mariez-vous donc. Et moi, je vais sûrement le faire aussi...

Oui, je me fais à l'idée, de ne pas finir seule. La routine m'aura.... Elle me tuera, elle aura ma peau cette salope. Mais qu'y puis je? Je ne veux pas que la seule personne dont je ne me rappellerais pas lorsque, j'aurais la maladie d' Alzheimer ce soit ma gueule (quoi ma gueule?) dans le miroir.

Je préfère regarder un mec et lui dire "t'es qui toi?" ce que j aurais eu envie de lui dire depuis le 1er jour où j'aurais découvert le pot aux roses, la grande  arnaque qu'est le couple!

J'aurais enfin l’honnêteté de le dire, grâce à mes neurones qui partent en vrille. Je me vengerais... A travers cette défaillance de mon cerveau.

...

Je n'ai pas fini à propos du mariage, j'en ai gros sur le coeur, je reviendrais...



Envoyé de mon iPad

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mardi, avril 17, 2012

Jour 79


Les personnes qui me connaissent ne trouveront rien de bizarre à ce que je m'apprête à raconter.  Effectivement, j'ai reçu des commentaires de lecteurs qui me disaient qu'ils appréciaient le "personnage adouci". En réalité, je comprends mieux certaines choses, peut être, mais ce n'était qu'une trêve.

Après avoir rencontré les parents de D., j'ai passé une ou deux semaines à me poser des questions. Quelle est la différence entre ses parents et les miens? Quelle est la différence entre lui et ses frères et soeurs, et moi et les miens?

Bien entendu, cette étude comparative m'a poussée dans les bras de mes pires démons.  J'ai arrêté d'aller chez mes parents. Et je n'ai plus vu D. non plus.

J'ai voulu croire que j'étais enfin en bonne voie. Avec un homme que j'apprécie, qui est équilibré et heureux. Mais je suis une fille envieuse et jalouse. Je suis jalouse de lui et de sa vie. Au lieu de l'aimer plus fort et de partager son bonheur, j'ai eu des envies de destruction sur son bonheur. Partir pour qu'il souffre, le quitter pour qu'il morfle, rompre pour qu'il déteste la vie comme moi.

Flashback: J'ai côtoyé les parents pendant quelques jours, jusqu'à ce qu'ils me proposent de leur expliquer ce qui se passe entre nous.
A partir du 3eme entretien avec les parents, ce que je leur racontais de moi n'était que superficiel et "politiquement correct". Le père, pas né de la dernière pluie, voyait que je cachais des choses.... mais il respectait.
La maman essayait de m'avoir à l'affectif. "Ma fille", "ma chérie", ... elle me torturait chaque fois qu'un de ces mots sortait de sa bouche. Et je voyais le sourire suffisant de D., heureux en pensant m'avoir amadouée, guérie et rendue heureuse en coupant les ponts avec mes vieilles manies.

Le quatrième entretien, encore chez eux, avec tous leurs enfants, a été bref. Je l'ai écourté... je n'avais pas envie de faire de la figuration dans une famille d'emprunt que je ne connaissais pas et avec qui je ne peux pas être "moi" car je courais le risque d'être rejetée si je montrais mon vrai visage.

Si ma famille n'a pas hésité à me laisser partir, pourquoi pas eux? pourquoi pas lui sous leur influence à eux? J'ai l'air perturbé et je le suis.

J'avais prétendu avoir fait une insomnie la nuit précédente et de n'avoir que très peu dormi, pour pouvoir rentrer. Les effusions, les "ma chérie", les "ravis de t'avoir parmi nous", "tu es chez toi ici" m'avaient dégoutée.
Encore une fois, me voila encore une fois, en train de plomber une réunion familiale, celle d'une famille qui n'est même pas la mienne... en partant.

J'avais envie de dire "Pardon Maman, mais finalement ce n'est pas de ta faute... c'est juste moi."
Mais je n'y croyais pas. On ne naît pas en détestant le mot "famille", et d'ailleurs pourquoi ce mot là et pas un autre? Tiens si, il y a bien "relation" que je déteste aussi.

D. m'a accompagnée à la maison, il a proposé de monter, je ne l'en ai pas empêché. Nous sommes restés tous les deux dans mon canapé, l'un dans les bras de l'autre, dans le noir et en silence.
Il me caressait les cheveux et moi j'entendais mon coeur battre dans mes oreilles, ma tension artérielle était élevée, je le sentais. J'étais bien dans le noir, je ne voulais pas le voir, j'avais juste pas envie d'être seule. ça aurait pu être n'importe qui.
Je l'envie, l'ENVIE, le pêché capital...
Il a de la chance et je suis une mauvaise fille.

J'avais passé une sale nuit, je ne l'ai plus rappelé pendant des jours. J'avais besoin de solitude.

La vie me fait peiner en ce moment. Je suis chez moi, dans mon pays et je me sens comme une étrangère. Je ne reconnais plus les gens, mais en les croisant dans la rue, je sens un malaise commun. Moi, qui craignait les gens, les inconnus j'ai toujours souris à tout le monde (comme faisait ma grand mère, paix à son âme, elle me disait que le prophète (saaws) était toujours aimable, souriait et saluait tout le monde et que ce que je faisais témoignait d'une grande bonté.  Depuis elle, je garde cette habitude).

 Tunis a changé, la Tunisie aussi. Elle est occupée. Qui sont ces gens dans les rues? J'ai un grand respect pour les divergences d'opinions, bien que fermée comme je le suis, je ne veux débattre de sujets aussi épineux que la religion ou la politique, ce qui n'exclut pas des principes fermes. Je suis musulmane, croyante et pratiquante. Je suis consciente de ne pas pratiquer à 100%, mais je considère que ceci est le Djihad personnel, lutter contre ses démons. Celui qui commence avec soi même, celui qui nous pousse à s'améliorer. Par ailleurs, si ma famille m'a inculqué des valeurs d'islam, c'est bien respecter, tolérer, écouter, conseiller.

Politiquement, je pense qu'il y a des rouages, qui nous dépassent et de très loin. Maintenant, je pense qu'il y a un impératif majeur, que n'importe quel état, devrait assurer au citoyen, il s'agit de se sentir en sécurité dans son propre pays. Tunis est fragile, le citoyen tunisien est fragile, dépassé, indécis, apeuré et démotivé, le flic tunisien est désarmé.

Bref, je n'ai rien contre aucun précepte, il me semble impératif que chaque tunisien, se sente en sécurité dans son bled et qu'il ait la liberté de pratiquer sa religion en respectant celle d'autrui. (celle=pratique surtout, mais religion aussi).

Tout ceci me démotive profondément, moi qui souhaiterait créer une entreprise, qui ne trouve pas de réponse, pas d'investisseur, pas de conseiller, pas de courage pour me jeter à l'eau. N'est ce pas un impératif de pouvoir travailler, pour son bien être et celui de son pays?

Je suis dans la tournante de la dépression... mon pays, je ne veux pas te quitter. Ma vie, je voudrais reprendre sans peur.

Braquage sur braquage, même en plein jour, dans des croisements et feux fréquentés. Peut-on en vouloir à celui qui marche à côté de ne pas nous défendre, il a peur pour sa vie et ne saurait qui appeler à l'aide.

Ne plus sortir? Ne plus travailler? Ne plus vivre? Ne plus penser à l'avenir?

Depuis ces quelques jours, je n'ai plus le courage de venir ici pour me confier. Je suis sûre que chaque personne qui me lit souffre également d'un mal similaire. Il y a la vie et il y a la mort. La première est un couloir, qui mène indéniablement à l'autre. Nous y allons, c'est à sens unique. Mais pour vivre conformément à ses principes pour affronter la mort, il faut d'abord pouvoir vivre.

En espérant que Dieu, le même pour tous, puisse tous nous guider vers le droit chemin, vers un point d'entente, vers l'amour de notre patrie et de notre prochain... laissons lui une Tunisie habitable !


En dix jours, un mois, je ne sais plus... On se perd.










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Coming back soon!



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